Quelles sont les différents types de plates-formes de MOOC et comment choisir celle qui nous convient ?

Le développement des MOOC, initié par les différents facteurs évoqués lors de notre précédent article, est à la fois soutenu et alimenté par les nombreuses possibilités techniques offertes à tous ceux qui souhaitent diffuser leur cours en ligne. Effectivement, l’aspect communautaire lié au MOOC a poussé au lancement de nombreux outils de création, de mise en ligne et de gestion des MOOC, tous plus ou moins destinés à faciliter le partage des cours. Des outils simples et performants étant ce qu’il y a de plus efficace pour aider un enseignant à se lancer. Il existe donc non seulement des plates-formes lancées développées par de grandes universités qui se chargent de les maintenir et de fournir le contenu, mais on peut également trouver des outils open source que l’on peut employer uniquement pour la publication sans forcément avoir l’âme d’un développeur. Aussi, le choix d’un utilisateur pour tel ou tel outil se fera non seulement en fonction de ses connaissances, mais aussi de ses objectifs car selon le type de contenu, un outil sera plus ou moins adapté. Nous allons tenter dans cet article de saisir les différences entre ces outils et de dresser des critères permettent d’évaluer les performances des plates-formes en fonction de leur orientation.

Si nous voulons définir les différentes technologies utilisées pour mettre en place les MOOC, il faut commencer par redéfinir la différence entre xMOOC et cMOOC. Cette différence est assez simple le cMOOC est un MOOC collaboratif dans le sens selon lequel le contenu lui même est généré par les utilisateurs. Dans le cas d’un xMOOC le contenu est principalement mis en ligne par les professeurs. Évidement dans le cas d’un cMOOC la plate-forme se doit bien plus user-friendly pour permettre l’édition par des utilisateurs qui ne sont pas forcement familiers avec la programmation. IL ne faut surtout pas dans ce cas que l’informatique soit un obstacle à la mise en place de contenu sur le MOOC.

Il est impossible de réaliser une étude des MOOC sans aborder le point des plates-formes MOOC. Dans cette partie nous réaliserons un comparatif des différentes plates-formes et des technologies utilisées dans le cadre de la mise en place d’un MOOC.

EDX est une plate-forme de MOOC incontournable. C’est également l’une des première plate-forme de MOOC créée, lancée en mai 2012 par université américaine de Harvard et le Massachusetts Institute of Technology. EDX résulte de l’expérience de ces deux établissements qui offraient déjà du contenu pédagogique en ligne. Le but d’EDX est évidement d’aller plus loin que le simple cours en ligne et de proposer également des présentations vidéos, des quiz, des labos en ligne, et bien sûr des échanges étudiants-étudiant et étudiant-équipe pédagogique. EDX a une véritable fonction de centralisation des connaissances car le but d’Harvard et du MIT est également que d’autres universités se joignent à eux pour faire vivre cette plate-forme. Pour favoriser l’accessibilité et permettre l’amélioration continue de la plate-forme, EDX est publiée en tant que logiciel open-source. Cette technologie a un double but, premièrement naturellement la diffusion de façon multi-aprenante de connaissances sur le web mais également d’observer la façon dont les élèves apprennent et comment les technologies peuvent constituer un outil d’enseignement efficace.
EDX

Google course builder est un incontournable du MOOC. Google, le géant du web, a décidé en juillet dernier de se lancer dans la création d’une plate-forme MOOC. Google course builder est donc un projet open-source de Google, il se gère donc dans l’environnement de développement d’application Google App. Il s’agit d’un projet qui se veut en amélioration constante par les utilisateurs eux même avec le code géré sur Google Code même. Cette plate-forme demande donc plus de connaissances que EDX. Google préconise des connaissance en HTML et en CSS ainsi qu’en Python. Cependant cette solution est bien documenté et permet à un utilisateur d’utiliser ce système sans pour autant être un expert en programmation, à condition de ne pas être effrayé par utilisation de la ligne de commande. Course builder demande également un minimum de connaissance en fonctionnement d’un serveur. La grande différence entre EDX et Google course builder est finalement le contenu puisque que la plate-forme de google est là pour la mise en place d’un MOOC mais ne regroupe pas le contenu de ces différents MOOC au même endroit.
Google course builder

Class2go est la plate-forme de MOOC créée par l’université de Stanford elle correspond à un système de gestion de contenu, sa spécificité est de proposer une gestion des projets de groupes.
Class 2 Go

Cousera correspond à une base de données de cours en ligne gratuits, sur inscription avec un contenu extrêmement riche. Créée en avril 2012, Cousera compte aujourd’hui une quinzaine d’universités partenaires et propose plus de 200 cours. Coursera propose même un système de tutorat avec des professeurs qui peuvent même délivrer des attestations de réussite aux étudiants du MOOC.
Coursera

Udacity est une plate-forme de MOOC créée par Sebastian Thrun, professeur à Stanford, en avril 2012. Udacity n’en n’est qu’à ses début et propose un contenu assez limité. La particularité de cette plate-forme est de ne pas être liée à une université.
Udacity

La fondation wikipedia a également lancé sa propre plate-forme qui fonctionne selon le même principe que la fameuse encyclopédie collaborative. Sur ce site, tous les utilisateurs sont libres de publier des cours dans différents domaines, classés par “Universités” (selon le domaine d’étude). Comme pour wikipedia, le contenu se diversifie, s’enrichit et s’affine à mesure que les utilisateurs le consultent et le corrigent, un système de classement permet de définir si un cours et prêt à être suivi par un néophyte ou s’il nécessite soit des connaissances de base, soit une relecture et un enrichissement préalable (on parle alors d’ébauche). Ce système fait de la wikiversité une plate-forme d’apprentissage entièrement gérée par les utilisateurs pour les utilisateurs qu’il s’agisse de professeurs ou étudiants, la disctinction n’étant pas nécessaire.
Wikiversité

On constate donc un florissement des outils de création et gestion de MOOC sur internet, tous plus ou moins adaptés à tel ou tel type de cours. Avant de faire son choix pour telle ou telle plate-forme, il est donc nécessaire de se questionner sur ses objectifs et capacités lors du lancement d’un MOOC. On pourra soit profiter la plate-forme de son université si l’on est étudiant ou professeur ; dans ce cas on trouvera sans doute un outil plus adapté au partage auprès de ses étudiants/camarades. En revanche, si l’on souhaite partager un cours en “free-lance” on s’orientera vers des outils plutôt libres et ouverts au sein desquels on trouvera une communauté pour nous appuyer soit dans le développement de l’outil en lui même, soit sur le contenu. La wikiversité sera adapté si l’on souhaite travailler uniquement sur le contenu tandis que Google course builder sera plus orienté pour les utilisateurs intéressés par la personnalisation de sa plate-forme au prix d’un peu de travail de développement. Bien sûr le choix peut également être orienté par d’autres paramètres ou tout simplement s’appuyer sur une appréciation plus abstraite d’une plate-forme, l’important étant d’être suffisamment à l’aise pour ne pas perdre en contenu ce que l’on dépense en création.

Dans un prochain article, nous nous concentrerons sur une autre plate-forme spécifique : ITYPA, première plate-forme francophone de MOOC qui se développe rapidement sur internet

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