Mise en place d’un SIG 3D

La mise en place d’un SIG 3D passe par des étapes communes à une majorité de projets industriels, mais il y a aussi des spécificités à cet outil, notamment au niveau des données géométriques. Nous présentons les points spécifiques à envisager pour mettre en place un SIG 3D.

Etude préalable :

Lors de l’analyse des besoins, il faut notamment déterminer le territoire qui sera modélisé. Le niveau de détail souhaité dans le modèle doit aussi être évalué, ainsi que la précision des données spatiales. Ces données varieront bien entendu selon les traitements que devront subir les données : un SIG 3D modélisant des couches de sédimentation n’aura pas besoin de données aussi précises qu’un SIG reconstituant un bâtiment en détail.

Il est important d’avoir conscience lors de l’étude préalable qu’un SIG 3D ne se résume pas seulement à un logiciel, il s’agit d’un ensemble comportant bien sûr un logiciel de traitement des données, mais également une chaîne d’acquisition des données et les compétences associées à ces activités.

Acquisition des données :

Les données peuvent être récupérées ou acquises. On trouve plusieurs organismes nationaux et internationaux qui produisent et/ou vendent des données (En France : IGN : Institut Géographique National, INSEE : Institut National de la Statistique et des Etudes Economiques, SHOM : Services Hydrographiques et Océaniques de la Marine par exemple). Des cabinets de géomètre, sociétés de services, services de l’Etat et autres prestataires peuvent aussi apporter les données du SIG 3D.

Pour acquérir les données directement, nous avons déjà évoqué plusieurs solutions (images satellites, plan de cadastre, scanner 3D, …). Plus généralement, les données peuvent également s’obtenir à partir de documents existants, de photographies, d’images satellites, de données alphanumériques ou directement sur le terrain.

Il faut prendre en compte le type de données souhaitées, et sa disponibilité sur le marché. Les deux grands types de données sont les vecteurs et les rasters. Le format raster désigne des données sous formes d’images matricielles. Chaque cellule de la grille a une valeur qui correspond à un attribut (toit, forêt, plan d’eau, route…). La représentation vectorielle stocke l’information avec des points, lignes et surfaces. C’est généralement ce format qui est utilisé, car il permet de représenter des formes plus complexes.

Une fois le type de données déterminé, il faut aussi récupérer les données dans le bon format. Il existe de nombreux formats pour les différentes structure de données d’un SIG (SHP, DXF, OSM, OBJ, DAE, Images, FBX, RIB, MI, MAS, COLLADA, KML, …), et il faut s’assurer que ces formats pourront être importés dans le système d’information. Par ailleurs, le système de référence de coordonnées peut varier selon les données, il faut y prendre garde lors de la mise en commun de données issues de sources différentes.

Les données sont l’élément majeur d’un SIG. Leur coût peut beaucoup varier d’un projet à un autre, mais il peut représenter une part importante du coût total du SIG.

Aspects législatifs :

Le SIG repose sur une base de données, qui doit suivre le Code de la Propriété Industrielle. Il faut distinguer les informations contenues, la forme des données et l’architecture de la base.

Si les données ne sont pas libres de droit, elles nécessitent d’obtenir l’accord des propriétaires des droits, et les droits d’auteur s’appliquent. Le fournisseur peut céder les droits d’utilisation des données, mais cela doit faire l’objet d’un écrit précisant la nature des droits cédés, l’étendue des droits, la destination des données, la durée de la concession et la rémunération de l’auteur. De plus, si la base de données comporte des données à caractère personnel, elle doit être déclarée à la CNIL (Commission nationale de l’informatique et des libertés).

En ce qui concerne la protection de la base de données, la structure (l’architecture) est protégée par le droit d’auteur sous condition d’originalité de la base. L’auteur de la base est le titulaire de ces droits. Une protection du contenu de la base s’ajoute aux éventuels droits d’auteur sur les données et droit d’auteur sur l’architecture de la base. Le producteur de la base dispose de ces droits sur le contenu.

Mise en œuvre :

Outre les logiciels cités dans les articles précédents, le SIG peut être développé grâce à un service Web, avec un client, un serveur d’application et une base de données spatiales. Ainsi, la mise en œuvre du système n’est pas toujours dans l’infrastructure de l’entreprise. Généralement, la mise en place d’un SIG nécessite un matériel spécifique pour la gestion d’un grand nombre de données.

Maintenance :

Une fois la base de données mise en place, il faut aussi prendre en compte sa maintenance. En effet, un SIG 3D est amené à changer rapidement au cours du temps, et la maintenance est nécessaire pour garder des données cohérentes. Le SIG 3D nécessite donc un personnel formé permanent, une adaptation à l’organisation des services, et l’élaboration d’un scénario d’évolution. Les entreprises commercialisant des SIG 3D proposent aussi des services de maintenance. Ces problématiques de maintenance concernent d’autant plus les SIG 3D que les différents systèmes de stockage de données ne font pas encore l’unanimité et sont amené à évoluer dans les années à venir.

Sources :

Cahier méthodologique sur la mise en œuvre d’un SIG, IAAT 2003 :
www.iaat.org/telechargement/sig.pdf

“Mettre en place un SIG” :
seig.ensg.ign.fr

Blog francophone consacré à l’actualité des technologies Esri
www.arcorama.fr

Cours de SRETI (Systèmes, Réseaux et Technologies de l’Information) de Morgan Magnin, professeur à l’École Centrale de Nantes

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