CAD Mobile – Synthèse et plan du rapport final

Synthèse

Tout au cours de nos articles précédents, nous vous avons parlé de la CAD (Computer-aided design) sur plateformes mobiles.

Pour commencer, nous avons défini les limites de notre étude, qui n’aura porté que sur les plateformes véritablement mobiles, à savoir les smartphones et les tablettes, plutôt que sur les ordinateurs dits portable. Puis nous avons parlé des technologies impliquées dans la conception assistée par ordinateur, en insistant sur les formats qui sont le nerf de la guerre des développeurs de tels logiciels.

Puis, pour s’intéresser plus particulièrement aux avantages et inconvénients de ces technologies, nous avons souligné celles qui prenaient tout leur sens dans un contexte mobile : principalement à l’usage de l’architecte ou de l’urbaniste. Dans ce cadre, nous avons vu que les éléments de réalité augmentée, de scan 3D et de mesures sont, entre autres, les plus intéressantes améliorations du travail de l’architecte dans sa tâche de conception. Les éléments de conception simplifiée et de simulation rapide, cumulés aux possibilités de collaboration, de consultation et de commentaires de modèles déjà existants complètent sa panoplie de concepteur sur plateforme mobile.

Si les capacités de calcul limitées des tablettes, principal frein technique à la mise au point de logiciels de conception pleinement fonctionnel, sont amenées à s’améliorer significativement, nous pouvons mettre en doute la pertinente de la CAD transposée aux plateformes mobiles telle que nous la concevons aujourd’hui. Sans nul doute que les multiples interfaces à mille lieux du clavier et de la souris de l’ordinateur fixe sauront donner aux développeurs des idées toujours plus innovantes pour concevoir et aider à la conception de façon plus simple et plus adéquate.

Plan du rapport final

Le rapport final de notre étude, qui reprendra les grandes lignes des publications faites tout au long de l’année sur ce blog, sera organisé selon le plan suivant :

  1. Introduction
    1.             Grands principes de la CAD et utilisations historiques
    2.             Cadre d’étude
  2. La CAD sur plateforme mobile
    1.             Présentation
    2.             Usages
    3.             Avantages et inconvénients
  3. Les à-côtés de la CAD sur plateforme mobile
    1.             Présentation
    2.             Usages et utilités
    3.             Avantages et inconvénients
  4. Evolutions à venir
  5. Conclusion

Auteurs : Thomas CREVOISIER et Aurélien HAMARD–PADIS

Encadrante : Myriam SERVIERES

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Ce(tte) œuvre est mise à disposition selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution – Partage dans les Mêmes Conditions 3.0 France.

CAD Mobile – Evolutions à venir

Bonjour tout le monde ! Comme d’habitude, si vous êtes tombés ici par hasard, ou si vous souhaitez vous rafraîchir la mémoire sur un de nos précédents articles, nous vous invitons à visiter nos articles d’introduction, d’historique et cadre d’étude, de présentation des technologies mises en œuvres, des types d’usages et des avantages et inconvénients de la CAD sur mobile article 1 et article 2.

Nous arrivons déjà à notre dernier article avant la synthèse et la présentation du plan du rapport final ! Aujourd’hui, il s’agit d’aborder les évolutions intéressantes à venir. En gros, pour les plus pessimistes, on va faire de la divination et pour les plus optimistes, on va se contenter d’essayer de surfer sur la vague !

D’ailleurs, adoptons une démarche du plus au moins probable : tout d’abord, nous allons nous accrocher à nos quasi-certitudes sur l’avenir des tablettes, puis nous irons explorer les évolutions de la façon de travailler des concepteurs avant de spéculer légèrement sur les évolutions des supports mobiles.

 

Evolutions matérielles des tablettes

Puisque la capacité de calcul limitée des tablettes est un des points noirs de la démocratisation des outils de CAD sur plateforme mobile, il semble probable qu’un marché s’ouvre si cette situation se débloque au point que les tablettes soient en mesure de faire du rendu 3D.

Or le marché du PC s’effondre petit à petit face à celui des tablettes, comme l’avait prophétisé Steve Jobs en son temps. Et à mesure que les tablettes grignotent des parts de marché sur les appareils numériques, les intérêts et les ressources des constructeurs se concentrent sur elles, ce qui pousse à croire qu’elles finiront par bénéficier des mêmes puissances de calculs que nos appareils fixes actuels sous peu (pour l’instant les rendus graphiques des tablettes ont malgré tout 7 ans de retard sur les PC). D’ici 2015, les tablettes devraient consommer plus de RAM que les PC fixes !

Secure Cloud Computing

 

La sécurité sur le Cloud : cauchemar infondé ou angoisse justifiée ?

Source : Flickr, FutUndBeidl.

Pour pallier ce problème de calcul et fluidifier les usages des appareils mobiles le Cloud Computing paraît être une solution intéressante. Nous vous avons déjà présenté ses intérêts, parce qu’il semble que ce soit véritablement l’option du futur… Quand on ne se place pas du côté des concepteurs. En effet, ceux-ci sont très dubitatifs quant à l’usage du Cloud. Principalement à cause des problèmes de sécurité que, plus par peur irraisonnée que par expérience, ils redoutent. Autant dire que les fichiers CAD sont la plupart du temps très sensibles et l’objet de toutes les convoitises, puisqu’ils modélisent en détail un produit et permettraient à des concurrents mal intentionnés de sortir sur le marché le travail de plusieurs années de conception avant même le concepteur originel… Pourtant quelle différence entre un Cloud sécurisé par les soins du client (les services de Cloud Computing proposent souvent à leur client de venir sécuriser lui-même ses données) et l’envoi par mail d’un fichier sensible ? S’il est vrai que le Cloud Computing peut simplifier la collaboration et l’accès aux fichiers, en revanche la puissance de calcul n’est pas forcément très profitable en l’état, le temps d’envoi, de calcul par le Cloud et de réception n’étant pas si loin de celui de rendu sur machine fixe. Ce qui conduit les plus pessimistes à imaginer que les outils CAD seront le dernier type de logiciel à passer sur le Cloud.

 

Evolution des habitudes de travail… Une question d’interface

Quand bien même les tablettes seraient à même de calculer tous les rendus possibles, seraient-elles véritablement utilisées pour la conception à proprement parler (on parle ici d’utiliser les tablettes avec Catia ou Solidworks tout comme on ferait sur poste fixe…) ? Rien n’est moins sûr : les interfaces tactiles actuelles restent moins précises et leur utilisation plus lente que celle (très tenace) du clavier et de la souris. D’autant que les concepteurs ont souvent des années d’expériences avec leurs logiciels et, s’ils préfèreraient des interfaces avec reconnaissance de gestes a priori, avoir deux façons différentes de travailler avec un même logiciel (sur fixe et mobile) semble un peu bâtard comme solution.

Sans compter les problèmes inhérents à l’interface tactile, à savoir que les doigts gênent l’appréciation de l’image tout simplement parce qu’ils se trouvent souvent entre l’utilisateur et l’écran ! Certaines interfaces espèrent réussir à contrer ce problème avec l’introduction des écrans transparents (en utilisant les Oled par exemple) qui permettent la manipulation d’objets derrière l’écran.

 

Evolution des supports mobiles

Si l’on s’éloigne un peu des sentiers battus de notre strict cadre d’études qui s’attachait surtout aux tablettes et smartphones, nous pourrions imaginer ce que donnerait la CAD sur les plateformes mobiles de demain… Pourrait-on concevoir sur montre connectée ou sur Google Glass ? Peut-être pas au sens propre, mais les applications déjà destinées aux mesures et relevés dont nous vous avons parlé pourraient facilement s’adapter et trouver leur place sur une iWatch ! De même que la captation d’ambiance ou le scan d’objets 3D auraient tout intérêt à exister sur les lunettes connectées. Sans doute que ces objets connectés seraient d’ailleurs, une fois au point, plus à même de répondre aux besoins des concepteurs que les plateformes mobiles actuelles…

Des Google Glasses

Source : Flickr

Sources

Auteurs : Thomas CREVOISIER et Aurélien HAMARD–PADIS

Encadrante : Myriam SERVIERES

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CAD Mobile – Episode 4 : Les différents types d’usage

Vous ne savez pas si vous avez lu tous les épisodes précédents ? Assurons-en nous : Back to the tardis !

Episode pilote : Introduction

Episode 1 : Histoire et cadre d’étude

Episode 2 : Les technologies de CAD

Episode 3 : Avantages et inconvénients

Vous avez rattrapé votre retard ? Dans l’épisode qui va suivre, nous allons parler des différents usages que l’on peut faire de la CAD sur plateformes mobiles.

La CAD, ça a été d’abord un type d’application développé pour des ordinateurs fixes dont les caractéristiques techniques n’ont cessé de s’améliorer. Pourquoi alors s’évertuer à développer des applications pour plateformes mobiles ? Ce n’est pas pour le défi de trouver une manière de faire tourner des applications gourmandes en ressources physiques : il y a des réels besoins. Ces besoins, tous relatifs à la conception, ne sont pas tous identiques. C’est d’ailleurs pour cette raison que vous avez pu constater qu’il existe un nombre de plus en plus important d’applications mobiles étiquetées CAD. Elles sont généralement dédiées à un besoin spécifique.

Si nous vous en avons déjà rapidement parlé lors du précédent article pour insister sur les atouts de la plateforme mobile en matière de conception, attardons-nous aujourd’hui un peu plus en détail et de façon un peu plus exhaustive sur ces différents usages, qu’ils soient actuels ou prospectifs.

Dessiner à main levée avec les avantages et sans les inconvénients

Comme nous l’avons déjà signalé, le niveau zéro de la conception, c’est le dessin. Grâce à l’introduction des plateformes mobiles, les concepteurs gagnent du temps sur les allers-retours entre le bureau d’études et le terrain, la forêt amazonienne souffre moins du nombre de papiers entreposés et le dessinateur n’a plus besoin de se promener avec une table pour pouvoir annoter ou croquer certains éléments.

On gagne du temps, on améliore le suivi du projet, on est “écolo” : pas mal, non ?

Mesures et relevés

Le besoin principal satisfait par les plateformes mobiles sur le terrain, c’est évidemment la confrontation entre la théorie et la pratique, c’est-à-dire entre la conception et la réalisation. Outre le stade assez basique de la correction des plans directement sur tablette à partir des relevés sur place, une fonctionnalité intéressante commence à voir le jour… Il s’agit de la reconstruction 3D ! La première application mobile de reconstruction 3D a été mise au point par l’Ecole Polytechnique de Zurich, avec un principe assez simple : combinant la vidéo et les différents capteurs inertiels d’une tablette ou d’un téléphone (gyroscopes et accéléromètres), on peut désormais “scanner” en 3D les objets qui nous tombent sous la main ! Pratique pour consulter a posteriori une pièce-clef d’un objet en production ou un bâtiment en construction. Seul bémol : avant d’être, on peut l’imaginer, couplée avec une reconnaissance de forme, cette application ne permet d’appréhender que la partie externe de l’iceberg !

Mises à part les mesures de dimensions (Télémètre permet par exemple de mesurer des distances à partir d’un smartphone), les relevés de données sur site peuvent prendre d’autres formes, telles que la luminosité, les sons etc.

Visualisation sur sites

A contrario de la mesure et des relevés qui s’intéressent à un objet existant, la visualisation sur sites a pour objectif affiché de donner au concepteur l’image de sa réalisation virtuelle dans un paysage réel. Cette fonctionnalité-là reste encore sujette à caution dans le cadre du développement de la réalité virtuelle, le seul développeur en faisant la publicité étant 3DOn Architecture dont même la vidéo promotionnelle nous laisse perplexes quant à l’utilité folle d’un tel outil…

Vidéo 3DOn Architecture

Vidéo promotionnelle de 3DOn Architecture – Source : YouTube

Travail en équipe

Permettre à un concepteur d’utiliser un smartphone ou une tablette tactile (d’autant plus si c’est son outil personnel, ce qu’on appelle le BYOD : Bring Your Own Device) pour annoter, consulter, partager, créer les modèles et les enrichir améliore grandement le fonctionnement en équipe. En effet, la mise en place d’un parc de plateformes mobiles impose souvent un système de synchronisation entre poste fixe et mobile, allant de pair avec un système de partage plus rapide et sophistiqué. Les questions sur les plans peuvent être envoyées directement depuis le terrain vers le bureau d’étude, documents à l’appui.

Le Cloud Computing pour la collaboration… – Source : Flickr

Simulation

Un peu en marge des fonctionnalités majoritaires pour la conception sur plateforme mobile figure la simulation qui, pour des questions de capacités de calcul, se limite à des éléments assez simples.

On peut citer d’abord un premier usage de la simulation : celle de lumière sur un modèle qui peut être extrêmement utile sur le terrain pour obtenir une vision instantanée des ombres sans attendre la fin d’une construction ou l’heure adéquate de la journée…

Ensuite les calculs d’ingénieur mécanique ne sont pas oubliés, même si les applications proposant ce genre de possibilités restent assez discrètes, outre AutoDesk Force Effect permettant des calculs simples de structures telles qu’un pont, une poutre etc…

Dans l’industrie…

Si un certain nombre des usages ici peuvent être appliqués à la fois dans le milieu de la construction et dans le milieu de l’industrie, il est vrai que la conception de produits en usine crée des besoins moindres en termes de portabilité et la sédentarité de la chaîne de production confine les plateformes mobiles à des outils de suivi de la qualité ou à des télécommandes améliorées des différentes fonctionnalités des machines plutôt que de s’apparenter à de véritables outils d’aide à la conception… Peut-être que les évolution à venir conduiront à un changement des habitudes jusque dans l’industrie ?

Sources

 

Auteurs : Thomas CREVOISIER et Aurélien HAMARD–PADIS

Encadrante : Myriam SERVIERES

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Avantages et inconvénients

Pour les papillonneurs qui ne suivent pas très assidûment les articles, n’hésitez pas si vous ne comprenez pas certains concepts à retourner voir notre introduction au sujet, la présentation du cadre d’étude et des technologies employés dans la conception assistée par ordinateur ! Ce bref rappel étant fait, aujourd’hui nous allons discuter des avantages et des inconvénients des différents outils de CAD sur plateforme mobile.

 

Au temps où le poste fixe était roi…

 

Source : Wikimedia.org

Si on parle de logiciels de CAD sur plateforme mobile, c’est qu’il y a indéniablement des besoins à satisfaire pour un concepteur qui ne peuvent pas être totalement réalisés sur poste fixe.

En effet, les avantages que cherchent à cultiver les développeurs de tels logiciels sont relativement nombreux, notamment dans le cas d’un architecte : celui-ci est amené à se déplacer sur le terrain.

 

Sur le terrain, avant l’apparition de tels logiciels, un architecte devait passer par des étapes qui finiront peut-être par disparaître : les dessins et croquis. Ils ont pour objectif à la fois, pour les dessins techniques (dans le cas d’un architecte d’intérieur par exemple), de modéliser les dimensions d’un espace et, pour les croquis, de donner à l’architecte une mémoire visuelle des ambiances, des éléments d’un espace auquel il lui faut intégrer son œuvre.

 

Les avantages et inconvénients du mobile

 

Grâce aux logiciels de CAD, cette étape sur le terrain peut être simplifiée pour s’affranchir de problèmes techniques : la localisation via GPS peut aider à la prise de dessins et les outils de mesure et relevé sont assistés d’outils performants pour la modélisation d’un espace déjà bâti. C’est le cas par exemple d’un logiciel comme Orthograph Architect 3D qui permet de concevoir et d’éditer à l’aide de véritables mesures sur le terrain des espaces intérieurs dont le dimensionnement s’affiche en 2D, puis de les habiter avec des éléments de décor sous une vue 3D.

Réalité augmentée – Source : Wikimedia.org

L’usage de la réalité augmentée (3D Architecture développe ce genre de fonction) peut permettre également énormément de choses sur le terrain, puisqu’on imagine aisément les atouts de la visualisation sur site pour un architecte ou un urbanisme ! Celui-ci peut afficher de nombreuses informations issues de bases de données renseignées (on vous renvoie vers les groupes de projet et d’application qui ont travaillé sur ces sujets !) sur le décor, et y incruster leurs créations. Avec le développement de ces technologies, le gain de temps sur les modifications à apporter au cours des travaux de constructions ou en amont, en phase de conception pourrait vite devenir très intéressant, dès lors qu’on n’a presque la visualisation réelle du produit fini (tel que modélisé, en tout cas) dans son décor à venir !

Evidemment, le principal inconvénient de ces modes de visualisation est pour l’instant la difficulté technique de la représentation de la réalité augmentée qui n’est encore qu’à ses balbutiements. La prise en main de ses outils et leur utilité étant souvent amoindrie par la taille d’un écran, fut-il de tablette.

 

Outre l’enrichissement de la réalité et la simplification de la conception 2D sur site, d’autres avantages des outils mobiles peuvent résider dans la création de croquis assez rapides. Certains développeurs de logiciels CAD ont su tirer profit des capacités de calcul réduites des plateformes mobiles pour simplifier au maximum la conception 3D et proposer des logiciels qui permettent de modéliser plutôt rapidement les objets qui s’offrent à nous.

Par exemple AutoDesk FormIt et iTracerHD proposent une bibliothèque de formes prédéfinies pour concevoir directement en 3D : la créativité du concepteur est limité par les formes proposées et les quelques fonctionnalités autorisées (l’extrusion par exemple) mais ce sont de bons outils pour saisir et enregistrer rapidement la disposition des éléments d’un bâtiment, par exemple. D’autres outils comme Orthograph Architect 3D vont vers une simplification de la manipulation en développant des algorithmes de vectorisation d’un tracé au doigt directement sur l’écran : l’objectif encore une fois étant de permettre la conception de modèles informatiques réutilisables et re-modifiables à merci tout en restant le plus près possible de la flexibilité du dessin papier.

Dans tous les cas, ces logiciels cherchent un juste milieu entre le recopiage de l’interface-type utilisée pour les outils de CAD sur poste fixe et l’exploitation des possibilités offertes par les écrans tactiles, à savoir la reconnaissance des gestes pour la navigation et le dessin.

 

Pour l’instant, il existe peu de logiciels reconnus et performants pour concevoir directement en 3D des objets  avec une palette de fonctionnalités similaires aux logiciels sur poste fixe : les logiciels de conception en 2D (pour le dessin de plans d’intérieur notamment) sont beaucoup plus courants sur le marché et, quand ils proposent une conception 3D, celle-ci est vite limité à l’extrapolation d’un dessin 2D, ce qui est le BA-ba de la conception sur poste fixe (par extrusion ou révolution par exemple). Les utilisations du calcul dans le Cloud sont encore trop récentes pour pouvoir avoir des retours construits sur le sujet, bien qu’il puisse s’agir d’une piste d’extension des possibilités offertes sur mobile.

Interface d’AutoDesk FormIt – Source : http://4.bp.blogspot.com

Outre la simple modélisation de la géométrie et des caractéristiques visuelles des objets réels, certains outils commencent à apparaître pour effectuer des calculs de mécanique statique tels que AutoDesk ForceEffect qui permet à des ingénieurs sur le terrain d’aller mesurer et simuler des comportements d’ouvrages tels que des ponts, par exemple.

 

Une question de conduite du changement ?

 

Malheureusement, il n’y a pas que le temps de calcul, comme on aurait pu le penser, qui pose problème à la démocratisation des outils CAD sur plateforme mobile. En effet, quand bien même une tablette serait capable de concevoir des objets 3D aussi bien qu’un poste fixe, les avantages à en retirer seraient bien moindres que ceux qui existent actuellement. C’est bien évidemment à cause de la réticence au changement des concepteurs que l’hégémonie des tablettes ne verra sans doute pas le jour : de nombreux architectes considèrent encore le papier et le crayon comme des outils incontournables du croquis et une large majorité estime que les écrans sont trop petits pour permettre une véritable conception sur plateforme mobile (premier inconvénient cité devant le mauvais fonctionnement avec des documents volumineux).

Les concepteurs de logiciels CAD auraient-ils déjà tiré profit de tous les avantages de la plateforme mobile et son utilisation (encore peu répandue, 25% des architectes ayant déjà mené un projet avec un outil informatique mobile) aussi large que le permettent les inconvénients intrinsèquement liés au support (taille de l’écran, vitesse de calcul…) serait-elle uniquement une question de conduite du changement ?… L’avenir nous le dira sans doute !

Sources

 

Auteurs : Thomas CREVOISIER et Aurélien HAMARD–PADIS

Encadrante : Myriam SERVIERES

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Les technologies de CAD

Si vous avez bien suivi notre dernier article, qui lui-même suivait une petite introduction au sujet, nous allons vous parler aujourd’hui des technologies derrière la Conception Assistée par Ordinateur, et particulièrement, puisque c’est notre thème, ce que ça signifie en termes d’applications sur plateformes mobiles.

Figure imposée

Vous le savez sans doute, ou si vous ne le savez pas ou que vous l’avez oublié, on vous le rappelle, la CAD à proprement parler se passe généralement en deux temps :

Le dessin : La conception d’un système matériel (bâtiment, machine, objet etc…) en elle-même, où l’utilisateur définit, par le biais d’une interface à cet effet, toutes les informations utiles à la construction de la deuxième étape.
Le rendu : Une fois l’utilisateur satisfait de ce qu’il a « dessiné », le logiciel CAD calcule un rendu du dessin qui permet la visualisation partielle (dans le cas d’une image) ou complète (dans le cas d’un modèle 3D, bien que celui-ci puisse occulter les zones internes cachées) du système, avec souvent des éléments trop complexes à afficher en temps réel à l’écran, pendant le dessin.

Un bon exemple valant mieux qu’une mauvaise théorie, supposons que vous souhaitiez concevoir un avion fixe (qui a dit que la CAD était réaliste ?) dans un coucher de soleil. Vous allez d’abord construire sa structure et vous spécifierez ensuite les propriétés intrinsèques des matières utilisées telles que la réflexion, l’absorbance, la luminance propre… qui permettront à votre avion d’étinceler de mille feux au soleil : vous admettrez que ces éléments très coûteux en calculs ne sont pas d’une grande utilité lors de la phase de dessin.

Le modèle 3D avec son interface de conception et son rendu – Image issue de www.edilportale.com

Quelques mots sur les formats…

Derrière ce fonctionnement apparemment simple se cache un véritable champ de bataille des formats, sur lequel se déchirent les développeurs de logiciels CAD tandis que les utilisateurs s’arrachent les cheveux sur les problèmes de compatibilité. En effet, même si le format de dessins 3D DWG est très répandu depuis son utilisation par AutoDesk en 1982 et les conflits sanglants qui s’en sont suivis (La bibliothèque de lecture/écriture du format DWG, propriété d’AutoDesk, ayant honteusement subi une rétro-ingénierie de la part de l’Open Design Alliance affligée de ne pas pouvoir concevoir des logiciels CAD proposant l’usage du format DWG si populaire et presque incontournable), d’autres formats ont vu le jour. Mais c’est surtout du côté des formats d’exports que le nombre de possibilités est pharamineux !

Si nous vous racontons tout cela, ce n’est pas uniquement pour la petite histoire, mais parce que c’est bien le nerf de la guerre des développeurs de logiciels CAD ! En effet, c’est ce principe incontournable-là qui constitue à la fois un atout et une barrière pour l’arrivée des outils CAD sur le marché mobile.

La quadrature du mobile ?

Pour résoudre les problèmes posés par l’utilisation de plateformes mobiles, moins performantes en termes de capacités de calcul, il y a deux grandes stratégies possibles.

La spécialisation dans l’à côté

Profiter de ce découpage de la conception assistée par ordinateur en phase de conception et en phase de rendu pour s’affranchir de la partie la plus vorace en ressources, et ne garder que la consultation du rendu final. Pour cela, il y a les plus flemmards qui se contentent d’afficher les fichiers exportés depuis un logiciel de CAD sur poste fixe, en proposant souvent des possibilités d’annotation (par exemple eDrawings ou AutoCAD 360), et d’autres plus ambitieux et plus malin qui basent leurs applications sur une technologie très en vogue… Le cloud computing ! Grâce à lui, réalise tous les calculs lourds sur un serveur (impensables à réaliser sur une plateforme mobile aux vues des configurations matérielles). Les coûts en temps sont donc nettement améliorés, puisque l’utilisateur envoie sa requête de rendu au cloud, qui le prévient une fois que ce dernier est effectué et lui permet de consulter le rendu final. On remarquera que le cloud computing, s’il est optimisé pour, bien organisé et fonctionnel, permet également un travail en groupe plus simple. Parmi les applications nomades proposant l’utilisation du cloud, on peut citer AutoDesk 360, AutoCAD WS, VectorWorks Nomad.

La réduction des capacités de l’application

L’autre stratégie est évidemment de revoir ses exigences à la baisse et de proposer une conception sur plateforme mobile moins fournie que sur plateforme fixe, notamment les rendus 2D sont suffisamment rapides pour être effectués sur tablette.
Par exemple, autoDesk ForceEffect est un outil développé pour aider les ingénieurs dans le dimensionnement de structure. Les structures en question sont modélisées en 2D. L’application permet à l’utilisateur de créer complétement une structure 2D par combinaison d’éléments de base et d’en tirer le comportement mécanique pour une situation donnée (renseignements de forces ou moments connus). Ce n’est pas un outil de CAD aussi complet que peuvent l’être ceux qui utilisent le cloud computing, mais la réduction des besoins matériels de l’application permet néanmoins de l’utiliser de manière autonome. D’autres applications encore cherchent à réduire le temps de calcul en restreignant l’utilisateur dans ses possibilités de création de formes 3D, comme AutoDesk FormIt qui propose un catalogue de formes prédéfinies facilement assemblables.

Sources

Auteurs : Thomas CREVOISIER et Aurélien HAMARD—PADIS
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CAD sur plateformes mobiles : Histoire et cadre d’étude

Comme nous vous l’avions proposé dans notre dernier article, nous allons vous parler aujourd’hui un peu plus avant des outils CAD (Computer-Aided Design) sur mobile. Mais avant de passer en revue les technologies mises en œuvre, les types d’usages possibles ainsi que leurs avantages et inconvénients, il faut que nous précisions notre cadre de travail.

Un soupçon d’histoire…

Si nous en sommes à parler de l’usage des outils CAD sur les plateformes mobiles actuellement, on se doute bien que les choses n’ont pas toujours été d’une telle évidence.

Basé sur les fondements de la géométrie euclidienne développée 2300 ans avant son apparition, le premier logiciel de CAD (de son petit nom Sketchpad, littéralement « carnet de croquis ») a été mis au point par Ivan Sutherland durant sa thèse au MIT au début des années 60. L’utilisateur interagissait déjà directement avec l’écran de l’ordinateur au moyen d’un stylet.

Durant les années 70, l’essor de l’informatique et le potentiel démontré de ces outils (moins d’erreurs de dessin, rapidité, précision…) ont poussé les entreprises de tous les secteurs d’activités concernés (ingénierie, particulièrement automobile et aéronautique) à développer de tels logiciels. Et, jusqu’à nos jours, la conception assistée par ordinateur n’a cessé de s’unifier en terme de normes, de s’accélérer en terme de temps de rendu et de se densifier en termes de possibilités (du simple dessin côté au modèle dynamique interactif complexe).

Il est donc désormais permis de se demander si les plateformes mobiles ont leur place dans le processus de conception d’un produit, et dans quelles circonstances elles sont le plus pertinentes aujourd’hui que les ordinateurs servent à la conception dans des domaines aussi divers que la mécanique, l’électronique, l’architecture et la construction, l’ameublement, la confection, l’orthopédie, la prothèse…

Cadre de travail

Pour étudier les outils CAD sur appareils mobiles, il peut être utile de savoir ce qu’on entend par appareils mobiles. Afin de ne pas dénaturer notre problématique, nous allons considérer que les seules plateformes mobiles dignes d’intérêt sont les smartphones et les tablettes (aussi bien grand public que conçues spécialement à cet effet).

Les ordinateurs « portables » dédiés à la conception sont d’office exclus de notre étude, puisqu’il est difficile de considérer une machine de guerre de 3,5 kg comme autre chose qu’un ordinateur fixe relativement léger. D’ailleurs, ces types d’ordinateurs sont surtout utilisés par des professionnels qui ont besoin de faire de la CAD en déplacement longue durée (dans un train, dans une gare…) et le fait d’utiliser ces outils sur cette plateforme n’apporte donc pas grand chose.

Liste des outils intéressants

Avant de rentrer dans les détails (dans un futur article) des technologies mises en œuvres par nos chers logiciels, nous allons commencer par faire un petit tour d’horizon du marché, avec les grandes tendances de logiciels qui se développent actuellement sur tablette et smartphones.

Les logiciels de visualisation de modèles conçus sur poste fixe

Ces logiciels sont véritablement des outils CAD pour plateformes mobiles dans le sens où ils permettent la portabilité des modèles 3D déjà existants, sans pour autant être à proprement parler des outils de conception. Ils possèdent des fonctionnalités généralement mineures de modification ou d’annotation sur les modèles en vue de modifications ultérieures sur poste fixe possédant une véritable puissance de calcul.

Les logiciels de conception sur mobile

Ces logiciels permettent de concevoir des modèles plus ou moins simples de produits directement sur plateforme mobiles. Ils utilisent les capacités de calculs toujours en amélioration des tablettes, ou vont même jusqu’à essayer d’exploiter les possibilités du cloud.

Les logiciels d’assistance à conception

Ces logiciels sont des extensions mobiles de leur grand frère sur poste fixe, et permettent au concepteur de travailler beaucoup plus vite à l’aide de sa tablette.

 

Si AutoDesk semble de loin le plus avancé dans le développement d’applications mobiles concernant la conception assistée par ordinateur, puisque c’est un domaine qui demande de mobiliser beaucoup de ressources pour mettre au point un logiciel performant, et donc est plutôt à la portée d’entreprises très développées dans ce domaine, il existe également quelques autres logiciels qui viennent concurrencer ou compléter les fonctions offertes par les logiciels d’AutoDesk (AutoCAD 360 et AutoDesk Formit, entre autres) : OrthoGraph Architect 3D CAD, 3D on Architecture, FrameDesign 2D, iTracer HD, Share you Design, CadStar Touch, Vectorworks Nomad, eDrawings, FelixCAD etc.

Sources

Auteurs : Thomas CREVOISIER et Aurélien HAMARD–PADIS

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Les outils CAD d’aide à la conception sur appareils mobiles – Introduction

Introduction

L’essor et la démocratisation des plateformes mobiles (smartphones, tablets) poussent à considérer et explorer de nouvelles manières de travailler. S’appuyant sur la mobilité ainsi que les possibilités techniques permises par cette catégorie d’appareils, on peut légitimement penser que les outils de construction assistée par ordinateur seront ou ont déjà été amenés à évoluer.

 

Problématique

Cependant, les capacités techniques de ces plateformes sont nettement inférieures à celles d’ordinateurs fixes. Pourrait-on alors considérer la possibilité de travailler avec des logiciels tels qu’AutoDesk, AutoCad, qui nécessitent beaucoup de ressource, sur de telles plateformes ? Serait-il alors plus avantageux de travailler de cette manière ?

 

Plan d’attaque du sujet

De façon assez méthodique, nous allons donc passer par une phase de liste d’outils pour bien definir les plateformes mobiles qui nous intéressent ici ainsi que les types de logiciels sur lesquels portera notre veille technologique, puis nous nous attarderons sur les technologies mises en oeuvre, avant de passer en revue tous les types d’usages possible des outils CAD sur mobile, puis d’en présenter les avantages et inconvénients (à la fois en termes logiciels et matériels) avant de conclure en ouvrant sur les evolutions à suivre

 

Rencontre avec l’encadrante

Notre rencontre avec Myriam Servières nous a permis de comprendre que le sujet que nous allons traiter est inspiré par un mémoire de mastère qui travaillait sur l’utilité de la conception sur appareil mobile, et que nous allions donc chercher à mettre en perspective les outils CAD dans des contextes plus vastes et tenter de savoir si le terme de conception sur appareil mobile a un sens. Nous avons également au cours de cette réunion pu définir un plan d’attaque.

Auteurs : Thomas CREVOISIER et Aurélien HAMARD–PADIS

Encadrante : Myriam SERVIERES

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