CAD Mobile – Episode 4 : Les différents types d’usage

Vous ne savez pas si vous avez lu tous les épisodes précédents ? Assurons-en nous : Back to the tardis !

Episode pilote : Introduction

Episode 1 : Histoire et cadre d’étude

Episode 2 : Les technologies de CAD

Episode 3 : Avantages et inconvénients

Vous avez rattrapé votre retard ? Dans l’épisode qui va suivre, nous allons parler des différents usages que l’on peut faire de la CAD sur plateformes mobiles.

La CAD, ça a été d’abord un type d’application développé pour des ordinateurs fixes dont les caractéristiques techniques n’ont cessé de s’améliorer. Pourquoi alors s’évertuer à développer des applications pour plateformes mobiles ? Ce n’est pas pour le défi de trouver une manière de faire tourner des applications gourmandes en ressources physiques : il y a des réels besoins. Ces besoins, tous relatifs à la conception, ne sont pas tous identiques. C’est d’ailleurs pour cette raison que vous avez pu constater qu’il existe un nombre de plus en plus important d’applications mobiles étiquetées CAD. Elles sont généralement dédiées à un besoin spécifique.

Si nous vous en avons déjà rapidement parlé lors du précédent article pour insister sur les atouts de la plateforme mobile en matière de conception, attardons-nous aujourd’hui un peu plus en détail et de façon un peu plus exhaustive sur ces différents usages, qu’ils soient actuels ou prospectifs.

Dessiner à main levée avec les avantages et sans les inconvénients

Comme nous l’avons déjà signalé, le niveau zéro de la conception, c’est le dessin. Grâce à l’introduction des plateformes mobiles, les concepteurs gagnent du temps sur les allers-retours entre le bureau d’études et le terrain, la forêt amazonienne souffre moins du nombre de papiers entreposés et le dessinateur n’a plus besoin de se promener avec une table pour pouvoir annoter ou croquer certains éléments.

On gagne du temps, on améliore le suivi du projet, on est “écolo” : pas mal, non ?

Mesures et relevés

Le besoin principal satisfait par les plateformes mobiles sur le terrain, c’est évidemment la confrontation entre la théorie et la pratique, c’est-à-dire entre la conception et la réalisation. Outre le stade assez basique de la correction des plans directement sur tablette à partir des relevés sur place, une fonctionnalité intéressante commence à voir le jour… Il s’agit de la reconstruction 3D ! La première application mobile de reconstruction 3D a été mise au point par l’Ecole Polytechnique de Zurich, avec un principe assez simple : combinant la vidéo et les différents capteurs inertiels d’une tablette ou d’un téléphone (gyroscopes et accéléromètres), on peut désormais “scanner” en 3D les objets qui nous tombent sous la main ! Pratique pour consulter a posteriori une pièce-clef d’un objet en production ou un bâtiment en construction. Seul bémol : avant d’être, on peut l’imaginer, couplée avec une reconnaissance de forme, cette application ne permet d’appréhender que la partie externe de l’iceberg !

Mises à part les mesures de dimensions (Télémètre permet par exemple de mesurer des distances à partir d’un smartphone), les relevés de données sur site peuvent prendre d’autres formes, telles que la luminosité, les sons etc.

Visualisation sur sites

A contrario de la mesure et des relevés qui s’intéressent à un objet existant, la visualisation sur sites a pour objectif affiché de donner au concepteur l’image de sa réalisation virtuelle dans un paysage réel. Cette fonctionnalité-là reste encore sujette à caution dans le cadre du développement de la réalité virtuelle, le seul développeur en faisant la publicité étant 3DOn Architecture dont même la vidéo promotionnelle nous laisse perplexes quant à l’utilité folle d’un tel outil…

Vidéo 3DOn Architecture

Vidéo promotionnelle de 3DOn Architecture – Source : YouTube

Travail en équipe

Permettre à un concepteur d’utiliser un smartphone ou une tablette tactile (d’autant plus si c’est son outil personnel, ce qu’on appelle le BYOD : Bring Your Own Device) pour annoter, consulter, partager, créer les modèles et les enrichir améliore grandement le fonctionnement en équipe. En effet, la mise en place d’un parc de plateformes mobiles impose souvent un système de synchronisation entre poste fixe et mobile, allant de pair avec un système de partage plus rapide et sophistiqué. Les questions sur les plans peuvent être envoyées directement depuis le terrain vers le bureau d’étude, documents à l’appui.

Le Cloud Computing pour la collaboration… – Source : Flickr

Simulation

Un peu en marge des fonctionnalités majoritaires pour la conception sur plateforme mobile figure la simulation qui, pour des questions de capacités de calcul, se limite à des éléments assez simples.

On peut citer d’abord un premier usage de la simulation : celle de lumière sur un modèle qui peut être extrêmement utile sur le terrain pour obtenir une vision instantanée des ombres sans attendre la fin d’une construction ou l’heure adéquate de la journée…

Ensuite les calculs d’ingénieur mécanique ne sont pas oubliés, même si les applications proposant ce genre de possibilités restent assez discrètes, outre AutoDesk Force Effect permettant des calculs simples de structures telles qu’un pont, une poutre etc…

Dans l’industrie…

Si un certain nombre des usages ici peuvent être appliqués à la fois dans le milieu de la construction et dans le milieu de l’industrie, il est vrai que la conception de produits en usine crée des besoins moindres en termes de portabilité et la sédentarité de la chaîne de production confine les plateformes mobiles à des outils de suivi de la qualité ou à des télécommandes améliorées des différentes fonctionnalités des machines plutôt que de s’apparenter à de véritables outils d’aide à la conception… Peut-être que les évolution à venir conduiront à un changement des habitudes jusque dans l’industrie ?

Sources

 

Auteurs : Thomas CREVOISIER et Aurélien HAMARD–PADIS

Encadrante : Myriam SERVIERES

Licence Creative Commons
Ce(tte) œuvre est mise à disposition selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution – Partage dans les Mêmes Conditions 3.0 France.

Avantages et inconvénients

Pour les papillonneurs qui ne suivent pas très assidûment les articles, n’hésitez pas si vous ne comprenez pas certains concepts à retourner voir notre introduction au sujet, la présentation du cadre d’étude et des technologies employés dans la conception assistée par ordinateur ! Ce bref rappel étant fait, aujourd’hui nous allons discuter des avantages et des inconvénients des différents outils de CAD sur plateforme mobile.

 

Au temps où le poste fixe était roi…

 

Source : Wikimedia.org

Si on parle de logiciels de CAD sur plateforme mobile, c’est qu’il y a indéniablement des besoins à satisfaire pour un concepteur qui ne peuvent pas être totalement réalisés sur poste fixe.

En effet, les avantages que cherchent à cultiver les développeurs de tels logiciels sont relativement nombreux, notamment dans le cas d’un architecte : celui-ci est amené à se déplacer sur le terrain.

 

Sur le terrain, avant l’apparition de tels logiciels, un architecte devait passer par des étapes qui finiront peut-être par disparaître : les dessins et croquis. Ils ont pour objectif à la fois, pour les dessins techniques (dans le cas d’un architecte d’intérieur par exemple), de modéliser les dimensions d’un espace et, pour les croquis, de donner à l’architecte une mémoire visuelle des ambiances, des éléments d’un espace auquel il lui faut intégrer son œuvre.

 

Les avantages et inconvénients du mobile

 

Grâce aux logiciels de CAD, cette étape sur le terrain peut être simplifiée pour s’affranchir de problèmes techniques : la localisation via GPS peut aider à la prise de dessins et les outils de mesure et relevé sont assistés d’outils performants pour la modélisation d’un espace déjà bâti. C’est le cas par exemple d’un logiciel comme Orthograph Architect 3D qui permet de concevoir et d’éditer à l’aide de véritables mesures sur le terrain des espaces intérieurs dont le dimensionnement s’affiche en 2D, puis de les habiter avec des éléments de décor sous une vue 3D.

Réalité augmentée – Source : Wikimedia.org

L’usage de la réalité augmentée (3D Architecture développe ce genre de fonction) peut permettre également énormément de choses sur le terrain, puisqu’on imagine aisément les atouts de la visualisation sur site pour un architecte ou un urbanisme ! Celui-ci peut afficher de nombreuses informations issues de bases de données renseignées (on vous renvoie vers les groupes de projet et d’application qui ont travaillé sur ces sujets !) sur le décor, et y incruster leurs créations. Avec le développement de ces technologies, le gain de temps sur les modifications à apporter au cours des travaux de constructions ou en amont, en phase de conception pourrait vite devenir très intéressant, dès lors qu’on n’a presque la visualisation réelle du produit fini (tel que modélisé, en tout cas) dans son décor à venir !

Evidemment, le principal inconvénient de ces modes de visualisation est pour l’instant la difficulté technique de la représentation de la réalité augmentée qui n’est encore qu’à ses balbutiements. La prise en main de ses outils et leur utilité étant souvent amoindrie par la taille d’un écran, fut-il de tablette.

 

Outre l’enrichissement de la réalité et la simplification de la conception 2D sur site, d’autres avantages des outils mobiles peuvent résider dans la création de croquis assez rapides. Certains développeurs de logiciels CAD ont su tirer profit des capacités de calcul réduites des plateformes mobiles pour simplifier au maximum la conception 3D et proposer des logiciels qui permettent de modéliser plutôt rapidement les objets qui s’offrent à nous.

Par exemple AutoDesk FormIt et iTracerHD proposent une bibliothèque de formes prédéfinies pour concevoir directement en 3D : la créativité du concepteur est limité par les formes proposées et les quelques fonctionnalités autorisées (l’extrusion par exemple) mais ce sont de bons outils pour saisir et enregistrer rapidement la disposition des éléments d’un bâtiment, par exemple. D’autres outils comme Orthograph Architect 3D vont vers une simplification de la manipulation en développant des algorithmes de vectorisation d’un tracé au doigt directement sur l’écran : l’objectif encore une fois étant de permettre la conception de modèles informatiques réutilisables et re-modifiables à merci tout en restant le plus près possible de la flexibilité du dessin papier.

Dans tous les cas, ces logiciels cherchent un juste milieu entre le recopiage de l’interface-type utilisée pour les outils de CAD sur poste fixe et l’exploitation des possibilités offertes par les écrans tactiles, à savoir la reconnaissance des gestes pour la navigation et le dessin.

 

Pour l’instant, il existe peu de logiciels reconnus et performants pour concevoir directement en 3D des objets  avec une palette de fonctionnalités similaires aux logiciels sur poste fixe : les logiciels de conception en 2D (pour le dessin de plans d’intérieur notamment) sont beaucoup plus courants sur le marché et, quand ils proposent une conception 3D, celle-ci est vite limité à l’extrapolation d’un dessin 2D, ce qui est le BA-ba de la conception sur poste fixe (par extrusion ou révolution par exemple). Les utilisations du calcul dans le Cloud sont encore trop récentes pour pouvoir avoir des retours construits sur le sujet, bien qu’il puisse s’agir d’une piste d’extension des possibilités offertes sur mobile.

Interface d’AutoDesk FormIt – Source : http://4.bp.blogspot.com

Outre la simple modélisation de la géométrie et des caractéristiques visuelles des objets réels, certains outils commencent à apparaître pour effectuer des calculs de mécanique statique tels que AutoDesk ForceEffect qui permet à des ingénieurs sur le terrain d’aller mesurer et simuler des comportements d’ouvrages tels que des ponts, par exemple.

 

Une question de conduite du changement ?

 

Malheureusement, il n’y a pas que le temps de calcul, comme on aurait pu le penser, qui pose problème à la démocratisation des outils CAD sur plateforme mobile. En effet, quand bien même une tablette serait capable de concevoir des objets 3D aussi bien qu’un poste fixe, les avantages à en retirer seraient bien moindres que ceux qui existent actuellement. C’est bien évidemment à cause de la réticence au changement des concepteurs que l’hégémonie des tablettes ne verra sans doute pas le jour : de nombreux architectes considèrent encore le papier et le crayon comme des outils incontournables du croquis et une large majorité estime que les écrans sont trop petits pour permettre une véritable conception sur plateforme mobile (premier inconvénient cité devant le mauvais fonctionnement avec des documents volumineux).

Les concepteurs de logiciels CAD auraient-ils déjà tiré profit de tous les avantages de la plateforme mobile et son utilisation (encore peu répandue, 25% des architectes ayant déjà mené un projet avec un outil informatique mobile) aussi large que le permettent les inconvénients intrinsèquement liés au support (taille de l’écran, vitesse de calcul…) serait-elle uniquement une question de conduite du changement ?… L’avenir nous le dira sans doute !

Sources

 

Auteurs : Thomas CREVOISIER et Aurélien HAMARD–PADIS

Encadrante : Myriam SERVIERES

Licence Creative Commons
Ce(tte) œuvre est mise à disposition selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution – Partage dans les Mêmes Conditions 3.0 France.

La résilience des données du cloud

Après avoir parlé de la resilience en général et de celle du réseau en particulier, nous allons aujourd’hui nous interesser à ce qui se trouve à une des extrémités du réseau, les systèmes de stockage des données, et plus particulièrement le cloud.

En rapide extension, le système de stockage à distance propose de nombreux atouts pour les entreprises, et même à un niveau moindre pour les particuliers. En effet, les principaux acteurs du secteurs mettent en avant certains éléments que nous allons tenter de décrypter, en essayant de montrer également les lacunes d’une technologie qui n’a pas encore atteint sa maturité.

Tout d’abord, le taux de disponibilité, il s’agit, bien souvent, du temps durant lequel le service est disponible sur une année. Il faut bien savoir que la non-disponibilité des services informatiques peut avoir un coût économique important, de l’ordre de 440 000 euros par heure. La plupart du temps, le taux de disponibilité est exprimé en pourcentage et affiche des résultats impressionants, on peut par exemple citer la messagerie Gmail de google, qui affiche sur les années 2010, 2011 et 2012 un taux de disponibiltié de 99,983%, ce qui signifie que sur ces 3 ans, le système de messagerie a été indisponible environ 21h. On peut donc penser que le cloud permet donc d’avoir un systèpe opérationnel en permanence, il faut néanmoins se souvenir de la panne durant 3 jours du service de messagerie Blackberry qui avait empéché tous les utilisateurs de consulter leur mails et leurs messages, on peut également citer en Août 2011 un éclair près de Dublin qui avait mis hors d’état de marche et pendant plus de 24H deux des datacenters d’Amazon et de Windows Azure. Comme on peut le voir les catastrophes naturelles ont un impact sur les systèmes de stockages et là aussi, les offres assurent aux clients une sécurité réelle, mais pas parfaite.

Le second avantage du cloud est donc la duplication et la répartition des ressources dans des lieux géographiques différents, idéalement des lieux très éloignés. Les différents fournisseurs assurent aussi leurs clients de la sécurité dans les installations, et il est vrai que la plupart sont soumis à une surveillance draconienne ( accés filtrés, portes blindés, capteurs de présence, etc.. ) et possédent une redondance tant au niveau du matériel que des infrastructures d’alimentation et de refroidissement. On a donc à l’esprit un espéce de bunker dans lequel serait entreposés des serveurs inviolables, malheureusement des pertes de données sont également possibles, notamment lors d’application de patchs de sécurité, chaque bug de programmation se propage alors à travers tout le système et c’est de cette façon qu’Amazon en 2011 et Firtserver en 2012, ont perdu des données correspondant pour l’un et pour l’autre à des milliers de clients.

Le troisième grand avantage du cloud est son accessibilité permanente qui elle est un véritable atout en terme de résilience pour l’utilisateur, si vous perdez votre téléphone, vous n’avez qu’a en acheter un nouveau et le connecter au cloud pour récupérer toutes vos informations.

On voit donc que cette technologie n’est pas parfaite, que les rares accidents ont très rapidement des conséquences importantes étant donné le nombre de clients impactés, mais qu’heureusement, la technlogie évolue dans le bon sens, en essayant par exemple de décentraliser les datacenter, d’améliorer les processus de continuité et de mieux intégrer le facteur humain.

Sources :
Wikipedia.org
Opavie.com
Vifib.com

Cloud : Synthèse et plan du rapport final

Nous avons développé au cours des six articles précédemment publiés trois grands axes sur le thème du Cloud :

  • Une présentation de celui-ci sous ses différentes facettes
  • Une analyse de la façon dont il est adopté par les particuliers et les entreprises
  • Une étude de ses évolutions prochaines.

Nous avons ainsi vu que le terme Cloud est un mot-valise qui peut désigner en fait plusieurs types de services comportant chacun leurs lots de différences (SaaS, PaaS, IaaS). En présentant le Cloud, nous avons essayé d’analyser également les conséquences que cette nouvelle “technologie” pouvait avoir sur le business internet (grande souplesse, multiples avantages pour les startup). Les technologies mises en oeuvre par les services Cloud ont été également brièvement abordées dans le deuxième article.

Le deuxième axe de cette étude a été l’occasion de faire un point sur l’utilisation du Cloud à l’heure actuelle dans les entreprises et par les particuliers. Nous avons notamment essayé de mettre en avant un certain nombre de services faisant usage du Cloud comme Google Document ou encore Dropbox. Enfin, pour conclure cet axe d’étude, il nous a semblé important de traiter des limites du Cloud en soulignant notamment certains aspects négatifs propres à celui-ci et qui fait encore hésiter un certain nombre d’acteurs à sauter.

Pour conclure, nous avons tenté de d’apporter des éléments de réponse quant aux évolutions à court terme du marché du Cloud. Il nous est apparu que ce marché peut être qualifié de marché à “haut potentiel”, en témoigne à la fois le positionnement récent de certaines grandes sociétés françaises sur ce secteur mais aussi les chiffres en terme d’emploi avancés par les analystes/experts du secteur.

Le plan du rapport final sera le suivant :

1-Présentation rapide des différentes facettes et aspects du Cloud.

A. Les différentes facettes et aspects du Cloud

B. Les technologies derrière le Cloud

2- L’utilisation du Cloud

A. Le Cloud, déjà omniprésent au quotidien pour la plupart d’entre nous

B. Cloud et PME, une solution gagnante?

3- Limites et avenir du Cloud

A. Le Cloud, quelques points noirs

B. Le bel avenir du Cloud

Quelles perspectives pour le Cloud?

Pour ce dernier article sur le cloud computing, nous allons nous intéresser à son avenir. Comme nous l’avons déjà vu au travers des précédents articles, le cloud computing possède de nombreux avantages mais aussi quelques défauts. Les principaux avantages sont une externalisation des connaissances/coûts (on n’a pas besoin d’avoir les compétences techniques pour utiliser le cloud), l’utilisation à la demande. Paradoxalement, la sécurité est un avantage et un risque du cloud computing. En effet, la sécurité est déportée vers les fournisseurs de cloud qui ont de solides connaissances en matière de sécurité, mais les données deviennent en même temps plus exposées puisque stockées en externe, dans de gigantesques data-centers.
Cependant, il existe aussi des solutions dites de clouds privés qui pallient à ce risque puisque les données sont stockées sur du matériel possédé par l’entreprise.

Marché actuel

Le cloud computing représente actuellement un marché d’environ 50 milliards d’euros au niveau mondial, contre 20 milliards en 2008. Ce montant peut être considéré comme faible si on le compare par exemple aux dépenses globales des services IT des entreprises qui s’élèvent à plus de 600 milliards d’euros (soit 8%).
Cependant, 33% des augmentations de dépenses l’année prochaine seront liées au cloud computing selon les prévisions. Le marché du Cloud est donc évidemment toujours en développement et en forte croissance.

L’infographie représentée ci-dessous résume assez bien l’importance qu’a pris le marché du cloud computing, et son évolution probable dans les années à venir:

On peut noter (tout en bas du document présenté) que l’utilisation des services par les internautes est intéressante. On constate que même si un pourcentage non négligeable de personnes utilisent des services de cloud computing, comme les e-mail ou le stockage de données, ce pourcentage peut encore fortement augmenté. Le cloud computing a donc encore de belles perspectives d’évolutions en se basant uniquement sur les offres actuelles.

Evolution

Plusieurs entreprises développent des concepts intéressants autour du Cloud, notamment la compagnie SpotCloud, qui se propose d’acheter et de revendre des capacités de services cloud: toute entreprise qui dispose de serveurs sous-utilisés peut donc revendre ses capacités au prix qu’elle désire via SpotCloud et ainsi s’improviser fournisseur de service de capacité de service Cloud. L’entreprise allemande Zimory (filiale de Deutsche Telekom) propose un service similaire et se pose en leader européen dans ce domaine.

L’année 2012 sera également l’occasion d’observer l’arrivée d’acteurs français importants dans le secteur du Cloud avec d’une part la volonté du gouvernement français de se doter d’un offre de cloud souveraine (pour des problématiques d’indépendance) initiée via le projet baptisé Andromède (regroupant Orange et Thalès). Et d’autre part, le consortium Dassault/SFR crée pour contrer directement le projet Andromède. L’issue de ces deux projets est pour l’instant assez incertaine, les ambitions du gouvernement quant à la poursuite du projet Andromède demeurent floues .

Note: Le groupe Atos s’est également lancé récemment dans le secteur du Cloud en partenariat avec VMware et EMC. (Plusieurs produits devraient être proposés: cloud privé, IaaS, SaaS…)

Conclusion

D’un point de vue général, le Cloud est promis a un bel avenir: son marché a encore un potentiel de développement fort avec notamment les PME, dont bon nombre reste encore à convertir à la mentalité Cloud. Le secteur a d’ailleurs généré des emplois en conséquence ces dernières années et devrait continuer sur cette lancée, certaines sources/expert estiment d’ailleurs à ce sujet que le secteur pourrait créer jusqu’à 500000 nouveaux emplois en France d’ici 2015.

[1] http://blogtriana.wordpress.com/2011/05/03/les-derniers-chiffres-du-cloud-computing/
[2] http://www.blog-nouvelles-technologies.fr/archives/1185/infographie-les-statistiques-du-cloud-computing/

Les limites du Cloud

Comme nous avons pu le voir à travers tous les articles précédents, le cloud computing possède de nombreux avantages, ce qui explique son succès. Cependant, il existe aussi des inconvénients qui ne peuvent être négligés. Nous allons détailler les deux principaux : la sécurité des données et les risques liés à l’externalisation des services et stockage.

Sécurité et aspect juridique du cloud

Lorsqu’une entreprise envisage de recourir aux services d’un fournisseur de solution Cloud, il est important que celle-ci analyse soigneusement les implications que cela peut avoir sur son activité. Il faut notamment que l’entreprise évalue l’efficacité des systèmes de sécurisation des données mis en place par le prestataire.

C’est à l’entreprise de définir les fonctions qu’elle souhaite continuer à contrôler en matière de sécurité. Il est ainsi légitime de se demander par exemple à qui l’on confie la gestion du mécanisme d’authentification gérant l’accès à des données présentes dans le nuage ou à des applications. L’entreprise peut très bien choisir de garder celui-ci sous son contrôle tout comme de déléguer sa gestion au prestataire de service en nuage.

Le fait que le stockage des données soit délocalisé en dehors de l’entreprise peut aussi susciter un certain nombre d’interrogations quant à la sécurité/confidentialité des données là où elles sont stockées. Cependant, on peut penser que des données stockées chez un prestataire sont plus sécurisées que dans l’entreprise même et ce pour plusieurs raisons:

- Le prestataire est censé disposer de toutes les compétences afin d’assurer l’intégrité/sécurité des données (le Cloud est son coeur de métier). Le personnel du prestataire est également censé être correctement formé aux toutes dernières technologies ce qui n’est pas toujours le cas dans les entreprises. L’entreprise se met ainsi à l’abri d’une perte de données accidentelle due à une erreur de manipulation en interne (dans le cas où elle n’a pas recourt à une offre Cloud).

- Dans le Cloud, la centralisation du stockage des données réduit aussi la probabilité d’occurrence de perte ou de vol de données puisque les données sont moins éparpillées entre différents périphériques.

Toutefois les problèmes de confidentialité des données peuvent demeurer. L’entreprise doit se renseigner sur le fonctionnement et la manière d’opérer (en interne) du prestataire afin par exemple de déterminer si ce dernier a le droit ou non de visualiser et d’accéder aux données de l’entreprise.

Enfin, le Cloud, comme toute nouvelle technologie, implique un certain nombre de nouveaux problèmes juridiques:

Voici un exemple tiré du livre blanc de Microsoft sur la sécurité dans le cloud qui illustre bien ces nouvelles problématiques juridiques:

Imaginons, par exemple, qu’un pirate informatique s’attaque au prestataire de services A et qu’il vole les données de l’entreprise X. Imaginons également que le serveur attaqué contienne les données des entreprises Y et Z.

Qui doit enquêter sur ce crime ? Est-ce le prestataire de services A ? Ne va-t-il pas tenter de limiter sa responsabilité vis-à-vis de l’entreprise X ? Est-ce l’entreprise X ? Et dans ce cas, a-t-elle le droit de consulter les autres données présentes sur le serveur, y compris les journaux qui indiquent l’accès aux données des entreprises Y et Z ?

Il convient donc pour les entreprises désireuses de prendre le tournant du Cloud de veiller à tirer ces questions au clair avant de souscrire un contrat pour parer à toutes mauvaises surprises.

Externalisation

En dehors des problèmes de sécurité dont nous venons juste de parler, l’utilisation de solutions de cloud computing implique (pour du cloud public) de faire confiance à une autre entreprise et de devenir en quelque sorte dépendant de ses services. Les problèmes évoqués ne sont pas propres au cloud computing mais à l’externalisation en général, comme la sous-traitance par exemple. Cependant, la garantie d’accès aux services et à ses fonctionnalité est critique et vital pour une entreprise, notamment lorsque cela concerne ses données.

Le risque le plus évident concerne le stockage des données et le risque de pertes. L’un des meilleurs exemple est le retentissant blocage de Mega Upload la semaine dernière par le FBI. En effet, même si une partie non négligeable de données étaient télechargées de manière illégale, une autre partie des données était tout à fait légitime. De très nombreux utilisateurs ont en effet perdu l’accès à tous leur documents d’un coup sans avertissement préalable, dont certains pour le travail.

Image unique apparaissant désormais à la place du site Megaupload.com

MegaUpload n’est malheureusement pas un cas isolé quant à la perte sans préavis de données légales. Un autre exemple est étudié plus en détail par un autre groupe sous le tag GOOGL et porte principalement sur Google qui propose de très nombreux services. La perte des données n’est pas seulement liée à la fermeture de site ou de compte. Selon une étude [1], 65 % des entreprises subissent fréquement des pertes de données dans le cloud, ce qui correspond à une augmentation de 140 % par rapport à l’année dernière.

Une autre limite du cloud computing est l’accès à internet. En effet, le principe même du cloud computing suppose que l’utilisateur possède une connexion internet pour accéder aux données/services. Ce n’est généralement plus un problème, mais cela augmente d’autant plus la vulnérabilité face à une panne de réseau. Un autre risque est situé côté fournisseur de services. Un exemple est la coupure de 40 minutes des services de Salesforce [3].

De même qu’en cas de coupure de courant, les ressources critiques possèdent généralement des générateurs de secours, les entreprises doivent donc mettre en place des solutions pour prévenir ce genre de risques, telles que des sauvegardes ou des services de secours.

Les nuages ne sont donc pas tout roses. Les risques de sécurité ou de perte de données / d’accès aux services ne sont pas à négliger. Cependant, même si les risques de sécurité sont bien réels, les fournisseurs d’offres cloud computing ont tout intérêt à porter toute leur attention à leur prévention et en font une de leurs priorité. Les risques de pertes de données quant à elles sont difficilement protégeables, à moins de faire des sauvegardes régulières.

Pour s’assurer de plus de protection, la plupart des grosses entreprises utilisent des clouds privés (généralement du matériel possédé par l’entreprise présent dans des clouds publics).

Le graphique suivant montre les limites du cloud computing perçues par les entreprises :

http://www.journaldunet.com/solutions/systemes-reseaux/cloud-computing-et-virtualisation/inquietudes-autour-du-cloud.shtml

Sources :

[1] http://www.journaldunet.com/solutions/securite/perte-de-donnee-et-cloud-computing-1011.shtml

[2] http://www.nytimes.com/2009/07/20/opinion/20zittrain.html?pagewanted=1&_r=1

[3] http://pro.01net.com/editorial/400041/quarante-minutes-de-panne-generale-chez-salesforce-un-leader-du-cloud-computing/

[4] Le point de vue de Microsoft sur le Cloud:
http://www.microsoft.com/fr-fr/security/resources/securite-cloud-computing.aspx

Le Cloud, une réponse adaptée aux besoins des PME ?

Nous nous sommes intéressés dans la partie précédente aux solutions de type Cloud proposées aux particuliers telles que Google Apps ou Dropbox. Nous avons notamment constaté que ces services sont en plein essort car ils confèrent de nombreux avantages aux utilisateurs (travail collaboratif, simplicité d’utilisation, rapidité…).

Cette nouvelle partie sera pour nous l’occasion de montrer que les services Cloud peuvent aussi être bien adaptés aux besoins des PME.

Externalisation des services/systèmes

Le premier avantage que confère le recours à une solution Cloud pour une PME est bien-sûr la possibilité d’externaliser la gestion des supports de ces services/systèmes ce qui permet aux PME de pouvoir d’avantage se concentrer sur leur coeur de compétence en se défaussant de toutes les problématiques liées aux infrastructures informatiques (maintenance, mise à jour, achat de licence…).

A titre d’exemple, une PME peut choisir de souscrire à une offre Cloud aussi bien pour son système de comptabilité/logistique/facturation que pour héberger son site web, ou encore stocker ses données.


Amazon fait parti des leaders sur le marché des offres Cloud destinées au entreprises

Réduction des coûts

Les géants du Cloud sont parvenus avec leurs infrastructures regroupant parfois jusqu’à des dizaines de milliers de serveurs dans un seul centre à faire des économies d’échelle drastiques et ainsi à créer un modèle économique viable pour le Cloud. Les coûts des services Cloud (qui dépendent de beaucoup de facteurs tels que le temps d’utilisation, le nombre de machine virtuelle, le type de serveur etc…) sont donc tout à fait corrects si bien que les PME qui ont recours au Cloud peuvent elles-mêmes réduire leur coûts (d’où un gain en compétitivité).

Par ailleurs, le Cloud a aussi l’avantage de permettre aux jeunes PME d’éviter d’avoir à effectuer un investissement lourd dans des infrastructures informatiques dès leur création (ce qui constitue bien souvent un frein majeur à leur développement).

La réduction des coûts est donc particulièrement intéressante pour les PME qui disposent en général de moyens financiers et humains moins importants et peuvent donc difficilement se permettre d’acheter du matériel performant ainsi que la maintenance qui va avec.


Mise à l’échelle

Utiliser le Cloud pour une PME, c’est avant tout utiliser des services type SaaS, PaaS, IaaS fournis par un prestataire et payer une facture proportionnelle à l’utilisation qu’elle en fait (concept “you pay as you go”). La PME ne paye donc que ce qu’elle consomme et l’offre Cloud s’ajuste sans cesse à ses besoins. Elle n’a donc pas besoin d’investir dans du matériel assez lourd pour un besoin spontané, ni à gérer la maintenance.


Sécurité

De même que pour les particuliers, la sécurité est au coeur des préoccupations des PME lorsque l’on parle de Cloud Computing. Les données ne sont plus stockées à l’intérieur de l’entreprise, mais autre part, “dans le nuage” (d’où un problème de confidentialité des données). Cependant, cette dissociation du support de stockage effectif des données et du support d’utilisation des données apporte une sécurité supplémentaire. En effet, puisque celles-ci ne sont plus sur un support physique propre à un employé tel qu’un ordinateur portable ou une clé usb, la perte ou le vol d’un de ces éléments n’est donc plus censé être un problème. C’est le prestataire de service Cloud qui prend en charge tout l’aspect sécurité de l’infrastructure.


Le cloud privé rassure plus les entreprises quant à sa sécurité, mais la mise en oeuvre de cette solution coûte plus chére et fait perdre en scalabilité (mise à l’échelle) par rapport au cloud traditionnel.

La solution de Cloud privé semble donc plus adaptée aux grandes entreprises. En effet, les données restent en possession de l’entreprise, ce qui est critique pour des données sensibles. Cependant, l’entreprise doit alors investir dans du matériel et de la maintenance. Pour plus d’informations sur le cloud privé, vous pouvez lire notre précédent article sur l’aspect technique du cloud computing.

Les grandes entreprises ont effet bien compris tout l’intérêt du cloud computing. De récentes études (voir sources) montrent en effet que 80 % des grandes entreprises (+ 1000 employés) utilisent à ce jour une solution de cloud computing avec une moyenne de 6 services par entreprises. Les PME, malgré tous les avantages qu’elles peuvent en retirer, sont assez réticentes à l’idée de confier la gestion de leurs données à des entreprises tierces. Cependant, le nombre de PME qui envisage la mise en oeuvre de type de solutions est en constante augmentation.


Sources:

http://www.marketing-professionnel.fr/tribune-libre/cloud-computing-pme.html

http://lecercle.lesechos.fr/entreprises-marches/high-tech-medias/informatiques/221141348/cloud-computing-nuages-plus-reels-jamai

http://fr.locita.com/actualite/80-des-grandes-entreprises-utilisent-le-cloud-computing/
http://www.indexel.net/actualites/cloud-computing-les-reticences-des-entreprises-francaises-3099.html
http://www.marketing-professionnel.fr/tribune-libre/cloud-computing-outil-competitivite-entreprises.html

“Google m’a tuer” : Les services gratuits dans le monde du travail

Jusqu’à maintenant nous nous sommes intéressés aux déboires de Thomas Monopoly, et à l’utilisation des services gratuits pour un usage personnel. Mais qu’en est-il de leurs utilisations dans un cadre professionnel. Quels pourraient être leurs avantages ? Leurs inconvénients ? Et surtout a-t-on le droit de les utilisés pour un tel usage ?

 

Le coût de la gratuité

Le premier aspect qui vient à l’esprit est l’avantage financier qu’une société peut tirer de ces pratiques, puisque les services en question sont à priori gratuits. Mais il ne faut pas oublier que les fournisseurs de ces services cherchent généralement à réaliser un profit. Ainsi ils revendent des informations sur leurs clients à d’autres sociétés, ce qui peut être problématique pour ces entreprises qui voit leur données répandues. De plus la publicité devient omniprésente dans bon nombre de services web. Skype utilise quant à lui les ordinateurs de ses utilisateurs pour obtenir toute la bande passante qui lui est nécessaire, et ces derniers n’ont ainsi pas de connaissances de la part du débit qui est réellement allouée pour son utilisation. L’absence de contrat définissant clairement le service proposé rend rapidement l’utilisateur esclave d’une autre entreprise (le fournisseur du service) qui peut décider de changer des fonctionnalités à tout moment. Le client risque alors de devoir payer pour obtenir les fonctionnalités supplémentaires nécessaires à son fonctionnement, ou alors changer de service gratuit.
La deuxième solution semble la plus économique, mais il ne faut pas négliger le coût d’un transfert de données. Ce coût peut même devenir exorbitant si l’entreprise a acquis une taille importante. Il est donc du devoir d’une direction de se poser la question de ces coûts de transfert avant d’opter pour un service dont les fonctionnalités et les performances ne sont pas assurées.

 

Droits d’utilisation

Bon nombre des services gratuits ne peuvent être utilisés pour un usage professionnel. Gmail par exemple précise dans ses conditions d’utilisations : « Le Service est mis à votre disposition pour un usage exclusivement personnel. ». Beaucoup de fournisseurs de services gratuits gagnent en effet de l’argent à vendant ce type d’application à des entreprises.

 

Utilisation d’adresses de messagerie gratuites et d’hébergements gratuits

Les entreprises n’utilisent généralement pas d’adresse mail gratuite, tout simplement parce qu’une adresse mail personnalisée permet d’améliorer la visibilité de l’entreprise.
Il en est de même pour les hébergements gratuits, qui imposent d’utiliser un nom de domaine prédéfini (en .wordpress ou en .free par exemple), ce qui nuit à la crédibilité et au sérieux de l’entreprise. Reste toujours la possibilité d’acheter un nom de domaine tout en gardant la partie hébergement gratuite.L’autre raison pour laquelle les entreprises évitent d’utiliser une messagerie gratuite ou un hébergement gratuit est l’absence de contrat permettant d’engager juridiquement le fournisseur du service. En effet, rien n’oblige un fournisseur de service gratuit à assurer le bon fonctionnement de ce service, et des problèmes de disponibilité, de rapidité voire de sécurité peuvent alors apparaître.

 

Gestion des données

La gestion des données est à définir clairement lors de l’utilisation d’un service externe. De nombreux services n’assurent pas un strict respect de la confidentialité, et il peut s’avérer problématique que le fournisseur ait libre accès aux données d’un utilisateur.
Les problèmes de sécurisation des données sont aussi à considérer, puisque dans le cas d’un service gratuit il n’y a aucune obligation de résultat de la part de l’éditeur de l’application internet.

 

On pourrait donc conclure par ces recommandations du Fonctionnaire de Sécurité de Défense du CNRS qui synthétise parfaitement les enjeux de l’utilisation des services gratuits pour une utilisation professionnelle :

L’utilisation  à  des  fins  professionnelles  des  nombreux  services  gratuits  disponibles  sur Internet  (messagerie  électronique,  hébergement  de  sites  web,  stockage  de  données,…) suscite de manière générale de sérieuses réserves.
En  toute  rigueur,  l’externalisation  d’un  service  n’est  concevable  que  dans  le  cadre  d’un contrat  où  juridiquement  toutes  les  implications  auront  bien  été  étudiées  et  où techniquement  toutes  les  mesures  destinées  à  assurer  la  disponibilité,  l’intégrité  et  la confidentialité  des  informations  auront  été  correctement  mises  en  œuvre.  Il  est  bien évident  que  l’on  ne  peut  attendre  de  telles  garanties  d’un  fournisseur  de  service  gratuit. Les risques sont accrus lorsque ce fournisseur est situé à l’étranger.

Sources :
https://aresu.dsi.cnrs.fr/IMG/pdf/Recommandations_sur_les_services_gratuits.pdf
http://philippe.scoffoni.net/reversibilite-ou-sortie-dun-service-de-cloud-computing-quelles-bonnes-pratiques/
http://wiki.april.org/w/Note_sur_le_cloud

Le Cloud, déjà à la portée de tous

Le Cloud Computing s’est imposé naturellement auprès du grand public par ses offres simples et innovantes : pouvoir accéder à ses informations où que l’on soit, à condition de disposer d’une connexion internet la plupart du temps sans se soucier du stockage des données. Les offres ainsi proposées sont principalement du type SaaS puisqu’elles ne nécessitent aucunes connaissances particulières à part l’utilisation d’internet.

Le Cloud Computing, tout le monde l’utilise en fait déjà, et depuis plusieurs années, sans le savoir. En effet, si l’on se réfère à la définition simplifiée rappelée précédemment, les webmails sont tout simplement des offres cloud computing pour stocker des mails. Que ceux-ci soient stockés à Paris ou New York, cela n’intéresse pas l’utilisateur, qui veut simplement pouvoir y accéder n’importe où depuis internet.

Au-delà du stockage de mails, d’autres offres sont apparues par la suite. Bien entendu nous ne pouvons pas toutes les étudier, nous ne nous occuperons donc que des services les plus connus et utilisés dans leurs catégories. Nous distinguerons les offres de stockages générales telles que DropBox ou SkyDrive des éditeurs en lignes telles que Google Docs ou Office Online. Nous nous intéresserons aussi à Chrome OS qui pousse encore plus loin le principe de Cloud Computing en offrant une plateforme entièrement dématérialisée passant entièrement par internet.

Stocker ses données en lignes : le succès de DropBox

logo de Dropbox

Logo de Dropbox

Dropbox est un service de stockage et de partage de fichier en ligne, crée en 2007, qui reprend les grands principes du Cloud. Les raisons du succès de ce service sont, entre autres, sa grande facilité d’utilisation (pas de connaissances préalable nécessaires), le fait qu’il propose un client multiplateforme (Mac, Windows, Mobile, Web) et bien-sûr la mise à disposition d’une version gratuite du service (96% des utilisateurs de Dropbbox utilise le service dans sa version gratuite). Au fil de son développement Dropbox a enrichi ses fonctionnalités : historique des versions via l’interface web (30 jours pour la version gratuite), récupération des fichiers supprimés, ainsi que d’autres fonctionnalités réservées à la version payante du service.

Il faut également savoir que pour le stockage des données, Dropbox s’appuie sur  le service Amazon S3. D’autre part, bien que très apprécié de ces utilisateurs, le service mis à disposition par Dropbox a aussi subi un certain nombre de critiques notamment concernant la sécurité et la confidentialité des données stockées ainsi que les termes d’utilisation du service. Le service ne s’est d’ailleurs pas montré infaillible puisqu’en Juin 2011, il a été possible d’accéder à tous les comptes utilisateur Dropbox sans mot de passe pendant une durée de 4 heures avant que le problème soit résolu.  A l’heure actuelle, on estime que Dropbox représente pas moins de 10% des parts de marché des clients de stockage en ligne malgré une concurrence forte et toujours en développement sur ce même créneau (SkyDrive, Ubuntu One, Cloud Me, Box.net, Files AnyWhere…).

Documents collaboratifs

Logo de Google Apps

Logo de Google Apps

Avec l’interconnexion croissante des machines entre elles grâce aux développements des offres d’accès aux réseaux de données s’est développé un nouvel aspect du Cloud qu’est le travail collaboratif en ligne. Ce type de service permet, en plus de stocker une ressource dans le nuage, de l’éditer en ligne et le cas-échéant à plusieurs utlisateurs. Une interface d’édition est donc en général inclus avec ce service Cloud, on peut donc parler de SaaS (Software as a Service) puisqu’on met à disposition de l’utilisateur un ensemble de fonctionnalités finales auquel on rajoute la dimension collaborative.

Google Documents est très certainement l’exemple le plus connu et le plus utilisé en la matière (cet article a été rédigé en utilisant ce service) mais on peut également citer à titre  d’exemple Prezi (logiciel de présentation en ligne), Microsoft Office 365 qui entend concurrencer les Google Apps en proposant l’utilisation online de sa suite logiciel, XWiki (logiciel de collaboration destiné aux entreprises) ou encore OrionHub (Cloud collaboratif pour le développement Web)…

Il y a fort à parier que bon nombre d’acteurs de l’édition logicielle orienteront leur activité vers le SaaS collaboratif dans un futur proche car il s’agit d’un modèle économique qui satisfait bien les besoins des entreprises consommatrices de tels services. Les avantages pour elles sont multiples:

  • Flexibilté

  • Réduction de coûts

  • Gain de temps

Pour les utilisateurs particuliers qui sont amenés à travailler en groupe (étudiants, chercheurs…), il s’agit d’une évolution positive dans la mesure où le Cloud collaboratif permet pour eux aussi d’accélérer drastiquement le partage de contenu sans avoir à se soucier des problématiques quotidienne de l’informatique.

Chrome OS, le futur déjà à portée de main ?

Google nous propose d’aller encore plus loin avec son nouvel OS, Chrome OS. Celui-ci envoie l’utilisateur surfer dans les nuages en proposant comme unique interface un navigateur et tous les avantages du cloud computing : simplicité, rapidité et sécurité.

Pour le premier point, la simplicité, il n’y a plus d’applications à télécharger, plus de maintenance du système à gérer, tout passe par internet. Par exemple, vous téléchargez un document texte, Chrome Os le détecte et ouvre automatiquement l’application web associée, que ce soit Google Docs ou Office Online pour le lire. L’utilisateur n’est limité que par ce qu’offre internet, et donc a accès à des possiblités infinies.

La rapidité est aussi un atout majeur de Chrome OS. En effet, sa simplicité lui permet de ne lancer que l’essentiel, à savoir un navigateur et une connexion internet. Il en résulte qu’en moins de 10 secondes, le ChromeBook est allumé et prêt à être utilisé.

Capture d’écran de Chrome OS, tirée de Wikipedia

Enfin la sécurité est aussi un des points mis en avant par Google. En effet, votre ordinateur n’est plus qu’un terminal. Vos données ne sont plus stockées dessus. Votre ordinateur a cramé ? Il s’est fait volé ? Tout est dans le Cloud, vous n’avez rien perdu et vos données ne peuvent être récupérées par le biais de votre ordinateur. La sécurité intrinsèque au cloud computing sera traitée dans un autre article, mais proposer une offre Cloud Computing suppose que l’entreprise met tout en son poouvoir pour protéger aux mieux les données utilisateur. Un autre point à noter est que chaque onglet est indépendant des autres. Ainsi, le fait qu’un onglet plante ne fait pas planter le navigateur, ce qui équivaudrait à faire planter l’ordinateur.

Chrome OS ne sera par contre disponible que préinstallé sur des notebook (appelés ChromeBooks) dont le hardware aura été validé par Google pour optimiser au mieux l’utilisation. Il est donc regrettable de ne pouvoir installer cet OS sur n’importe quelle machine mais cela apporte une sécurité supplémentaire au niveau de la qualité.

Chrome OS est-il cependant le futur de nos ordinateurs ? Celui des NoteBook certainement, mais des ordinateurs, même portables certainement pas. En effet, le gros inconvénient est la puissance. Il n’est ainsi pas prévu pour jouer au dernier Battlefield ou pour faire du montage vidéo. Au début conçu uniquement pour être utilisé en mode connecté, Chrome OS permettra aussi une utilisation hors-ligne avec un gestionnaire de fichiers. Pour plus d’informations sur Chrome OS, vous pouvez consulter les articles présents dans les sources. Il existe aussi d’autres OS basés sur le Cloud Computing comme Jolicloud qui lui peut s’installer sur n’importe quel oridnateur, mais Chrome OS, soutenu par Google en est évidemment la référence.

En conclusion, on peut dire en tant qu’utilisateur particulier que le cloud computing a révolutionné notre façon de travailler et de partager sur internet. Il n’en est pourtant qu’à ses débuts, comme le montre Chrome OS qui vient à peine de sortir, où le lancement récent de Office Online.

Sources :

Le Cloud : l’aspect technique

Dans ce deuxième article de veille technologique sur le cloud computing, nous allons vous présenter ses aspects techniques. Pour cela, nous vous présenterons les différents types d’offres composants le cloud computing, puis nous étudierons plus en détail la virtualisation. Nous verrons ensuite quelles sont les infrastructures utilisées et nous finirons en expliquant les différences entre le cloud computing et le grid computing.

Les différents types d’offre

Le Cloud se décompose en  trois types d’offres différentes:

  • Le Iaas : Infrastructure as a service

  • Paas : Platform as a service

  • Saas : Software as a service

Le Cloud de type Iaas, consiste en la mise à disposition de ressources matérielles (à la fois stockage et puissance de calcul). L’Iaas représente environ 50% du marché du Cloud à l’heure actuelle. Les entreprises sont de plus en plus consommatrices de service de type Iaas notamment en leur qualité de fournisseur d’espace de stockage et sauvegarde à distance. On peut citer l’offre http://aws.amazon.com/fr/ec2/.

Le Cloud de type Paas, en plus de fournir les services de l’IaaS, comprend la mise à disposition d’une plateforme d’exécution pour les logiciels. Les plateformes de type LAMP (Linux, Apache, MySQL, PHP) sont les plus utilisées à l’heure actuelle. La facturation des services fournis par le Paas est fonction de l’utilisation qui en est faite (exemple: temps de CPU consommé, stockage consommé, bande passante consommé). Le PaaS est très utilisé dans le marché mobile et le web social. Un autre exemple de Paas est le S3  (Simple Storage Service) d’Amazon.

Le Cloud de type SaaS consiste à mettre à disposition une application à destination de l’utilisateur final. L’utilisateur ne peut agir dans ce cas là que sur l’application (la plupart des services en ligne de Google tels que par exemple Google Docs, Documents, Agenda ou encore Gmail). Les services liés au SaaS sont aujourd’hui pour la plupart orientés Web puisque la seule constante coté utilisateur est le navigateur.

source: Nicolas Hennion, introduction aux technologies cloud

La virtualisation

Le principal concept technologique sur lequel repose le Cloud Computing est la virtualisation. Elle consiste à créer une entité virtuelle (par opposition à véritable) d’un système informatique qui peut par exemple être une plateforme hardware, un système d’exploitation, un appareil de stockage ou une ressource réseau. Dans le cas du Cloud computing, la virtualisation est utilisée pour faire fonctionner un ou plusieurs systèmes d’exploitation, sur un serveur au lieu d’en installer un seul par machine.

L’avantage de la virtualisation est qu’un serveur qui opère plusieurs systèmes d’exploitation virtuelle dans un système Cloud peut-être utilisé pour exécuter plusieurs applications qui, en temps normal, ne sont pas faites pour cohabiter. Il en découle donc des économies à plusieurs niveaux: moins de serveurs implique moins de maintenance, moins d’unités à refroidir, moins de courant consommé, moins de surface de bureau utilisée, moins de surveillance, moins de support.

D’autre part, la virtualisation apporte beaucoup de flexibilité puisqu’une fois qu’une machine virtuelle est créée, on peut la déployer facilement sur une autre machine physique. On peut alors si on dispose d’un parc de machines physiques tendre vers une utilisation optimale des ressources en répartissant les machines virtuelles en fonction des charges. Ces facteurs permettent également de réduire les coûts.

En dernier lieu, la virtualisation permet d’allouer dynamiquement la puissance de calcul en fonction des besoins des applications d’où la grande “scalabilité” (mise à l’échelle) du Cloud.

Technologie employée pour les serveurs: Virtualisation XEN, KVM(permettant de s’adapter à la demande dynamiquement).

Technologies employées liées au stockage: SAN, NAS

Les différentes architectures de Cloud

En fonction des besoins, et principalement de la sensibilité des données, le cloud peut prendre plusieurs formes. On parle ainsi de cloud privé, public et hybride.

On parle de cloud privé lorsqu’une entreprise possède ses propres serveurs, lesquels sont utilisés avec les technologies du cloud pour permettre leur utilisation à la demande. Le cloud public quant à lui est celui principalement utilisé : les serveurs sont possédés par des entreprises les mettant à disposition des utilisateurs qui n’ont pas à se soucier de cet aspect. Le cloud hybride est un mélange des deux : une entreprise peut par exemple utiliser un service de cloud public qui utilisera des données stockées dans son cloud privé.

Cependant, peut-on vraiment parler de cloud pour le cloud privé ? En effet, un des principes du cloud computing est que l’utilisateur s’affranchit du côté physique, que cela soit pour l’infrastructure, la plate-forme ou l’application en elle-même. Le cloud computing peut être vu comme le réseau électrique : on s’y branche pour recevoir de l’électricité mais on ne s’intéresse pas à la façon dont elle est produite ni cheminée. On paye simplement à la consommation. Le cloud privé pourrait plutôt être vu comme un cloud public à seul destination de l’entreprise. Tout comme la possession de son propre réseau électrique est concevable pour des questions d’indépendance énergétique, la possession de son propre cloud est au final tout à fait plausible.

source : http://www.datacenterknowledge.com/archives/2009/11/04/inside-a-cloud-computing-data-center/

Les clouds reposent principalement sur l’utilisation de datacenters. Les datacenters sont des lieux où sont stockés de très nombreuses ressources physiques, le plus souvent des serveurs, comme présenté sur la photo ci-dessus. Ces lieux sont très protégés et tout y est surveillés de la poussière présente à la température. Ils doivent aussi posséder une excellente connexion réseau interne comme externe pour optimiser le service rendu. Ces data-centers posent cependant des problèmes écologiques puisque environ la moitié de la puissance électrique utilisée sert en réalité à refroidir les salles de stockage.

Proche du cloud : le grid computing

Le cloud computing est parfois considéré comme une évolution du grid computing, auquel on ajoute la notion de service à la demande. Il ne faut cependant pas confondre les deux. Nous allons donc vous présenter rapidement le grid computing et expliquer en quoi il diffère du cloud computing.

Le grid computing est basé, comme le cloud computing, sur un ensemble de ressources informatiques (matérielles et logicielles) qui peuvent être séparés géographiquement et qui forment un réseau. Ces ressources, qui peuvent être des serveurs, des ordinateurs personnels ou encore des clusters, vont être utilisées ensemble pour ne former qu’une seule entité. Le grid computing reprend aussi les notions d’optimisation des ressources.

La différence avec le cloud computing vient en réalité de son utilisation. Le grid computing est utilisé pour réaliser une seule grosse tâche, réparties sur les différentes ressources qu’elle possède, alors que le cloud computing utilise ses ressources pour réaliser de nombreuses petites tâches.

Le grid computing est donc surtout utilisé en recherche. Un exemple connus est le programme SETI@home dont le but est d’utiliser la puissance inutilisée des ordinateurs personnels des personnes volontaires pour un projet de recherche de vie extra-terrestre.

Nous avons donc vu dans cet article l’aspect technique du cloud computing. Dans les prochains articles, nous nous intéresserons plus à son utilisation.

Sources :

http://www.eco-info.org/spip.php?article132

http://bilancarbone.blog.lemonde.fr/2010/03/30/les-serveurs-informatiques-tres-tres-gourmands-en-energie/

http://www.haute-disponibilite.net/2008/07/15/difference-entre-grid-et-cloud-computing/

http://www.enterprisestorageforum.com/outsourcing/features/article.php/3859956/Grid-Computing-and-the-Future-of-Cloud-Computing.htm

http://blog.eukhost.com/webhosting/cloud-computing-vs-grid-computing/

http://blog.rightscale.com/2008/07/07/cloud-computing-vs-grid-computing/

Et Wikipedia.