Présentation des cours en ligne “Udacity” et “Coursera”

Dans cet avant dernier article sur les cours en ligne, ou MOOC, dans le domaine de l’informatique, nous allons poursuivre la présentation des grands types de services proposés sur le net avec les sites d’Udacity et Coursera.

Pour rappel, nous vous invitons à voir notre article précédent pour avoir une idée de ce à quoi ressemblent les MOOC non académiques.

Udacity

Présentation générale

Site web

Udacity est un site éducatif privé, fondé en février 2012 par Sebastian Thrun, David Stavens et Mike Sokolsky, anciens enseignants à l’université de Stanford, à la suite de leurs cours sur la création d’un moteur de recherche et la programmation d’une voiture robotisée.

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Logo du site web Udacity

Cette organisation offre gratuitement des cours en ligne, dont la grande majorité est orientée sur l’informatique. Actuellement, 22 cours sont disponibles (ou très prochainement pour quelques-uns) et ils sont triés par ordre de difficulté croissante.

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Listes des cours proposés par Udacity

Il est à noter que tous les cours dans le domaine de l’informatique proposés par Udacity sont en langage Python, un cours d’introduction à ce langage étant bien évidemment offert sur le site.

Bien que le suivi des cours soit gratuit, il est obligatoire d’ouvrir un compte pour pouvoir s’inscrire à un cours. Cela permet un suivi des travaux réalisés par chacun, la prise en compte de ses résultats et l’attribution des certificats de réussite une fois le cours validé. Actuellement, plus de 400 000 personnes se sont inscrites et suivent des cours sur Udacity.

Depuis sa création, le fonctionnement des cours a connu un certain nombre d’évolutions : à l’origine, chaque cours présentait des dates fixées à l’avance (impossibilité de suivre un cours ayant déjà débuté) et était rouverts chaque semestre. Mais depuis août 2012, l’inscription à chaque cours est dorénavant libre et tout le monde peut débuter un cours quand il le souhaite.

Un exemple : La création de programmes informatiques

Tous les cours possédant la même structure, nous allons nous intéresser au cours sur la création de programmes informatiques pour la présenter.

Avant de s’inscrire à un cours, il est bien sûr possible d’en avoir un aperçu détaillé : sa page principale offre une brève vidéo d’introduction menée par l’enseignant de la matière et présentant les principaux objectifs du cours.

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Page d’accueil du cours de programmation

On remarque déjà une notion de communauté autour du cours avec le bandeau en haut pointant vers le forum de discussion, la page wiki du cours, les annonces, etc.

Chaque cours détaille les prérequis nécessaires à son bon suivi ainsi que ses objectifs.

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Les pré-requis et objectifs du cours

On peut également avoir un aperçu des différents thèmes abordés grâce au sommaire du cours. Ces informations permettent également de donner une idée du temps requis (ou nécessaire) pour suivre le cours puisque chaque chapitre est construit pour nécessiter une semaine de travail.

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Les chapitres du cours

Mais, comme nous l’avons dit précédemment, chaque cours est maintenant en accès libre. De fait, il n’y a aucune contrainte de temps pour mener à bien chaque chapitre et donc un cours entier.

Chaque cours est donc décomposé en chapitres, eux-mêmes subdivisés en sous parties.

Chaque sous partie du cours est présentée sous la forme d’un brève vidéo (embed Youtube) ainsi qu’un bref QCM (les réponses étant données une fois le questionnaire rempli).

Il est possible de sauter une sous partie, de revenir à une vue précédemment, etc.

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Exemple d’exercice

A la fin de chaque chapitre, une personne équivalente à un chargé de TD (appelé TA ou Teaching Assistant en anglais) aborde un thème nouveau par des exercices pratiques mettant en application les connaissances acquises lors des cours suivis. Le format est le même et prend la forme de courtes vidéos suivies de QCM.

A la suite de cela, des exercices sont proposés. Ils consistent cette fois en de véritables travaux ressemblant à des TA ou devoirs à préparer chez soi. Il consiste en l’écriture (généralement par correction et complétion d’un code préexistant) d’un programme répondant aux questions posées.

Tout se fait à travers le navigateur web, y compris la compilation. Ainsi il n’est pas nécessaire à l’étudiant d’avoir installé le langage de programmation et un IDE.

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Exemple de TD

La correction est effectuée en temps réel par le compilateur développé par Udacity. A son lancement, de nombreux bugs et autres failles dans son code entraînait de nombreux retours de code faux (impossibilité de compiler) mais à présent, il semble qu’il soit devenu bien plus performant et “juste”.

Néanmoins, des problèmes persistent et l’équipe d’Udacity encourage les utilisateurs à indiquer ce qui leur semble être un problème en postant leur solution sur le forum et le message proposé par le compilateur.

Des corrections à ces exercices sont bien sûr proposées, encore une fois au travers d’une courte vidéo.

Un aspect très intéressant du cours est sa grande possibilité d’interaction : en plus du forum et wiki dédié à chaque cours, à la fin de chaque chapitre, l’enseignant et le chargé de TD réalisent une vidéo dans laquelle ils répondent aux questions les plus récurrentes posées sur le forum.

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Séance de questions / réponses

Dès l’inscription à un cours, il est possible de passer l’examen final (il est bien évidemment recommandé d’attendre d’avoir suivi tous les cours). Il consiste en une série d’exercices de programmation, tout comme pour les exercices proposés à chaque fin de chapitre. C’est donc le compilateur qui offre une correction et donne la note (comme pour les exercices, si l’utilisateur considère que le compilateur présente un problème, il est invité à en faire part sur le forum et son programme sera renoté par un enseignant).

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Format de l’examen

A l’issue de l’examen, un certificat de réussite (avec 4 mentions possibles) est proposé à l’utilisateur.

Depuis août 2012, un partenariat avec Pearson VUE, une société spécialisée dans les examens électroniques, aussi bien dans l’éducation que l’emploi et le gouvernement (le permis de conduire anglais par exemple), existe afin d’offrir aux utilisateurs qui le souhaitent un diplôme officiel pour le suivi d’un cours sur Udacity. Cela implique d’être inscrit à un cours du site, d’y avoir passé l’examen (gratuit) ainsi que de passer un examen (d’environ 2h) dans un centre agréé par Pearson VUE (il en existe de nombreux en France, dont à Nantes et Paris). Chaque examen coûte 90$.

Pour le moment, seul le cours d’introduction à la programmation en Python propose une telle offre.

Bilan

Udacity est donc un MOOC privé totalement gratuit proposant des cours principalement orientés vers l’informatique. Le contenu y est de qualité et la communauté suffisamment importante pour qu’une interaction existe entre les utilisateurs mais aussi avec les enseignants.

Le principal défaut consistait dans les limites du correcteur automatique (un compilateur) des exercices et examens, mais il semble qu’à l’heure actuelle, de très grands progrès aient été faits.

L’énorme attrait d’Udacity est que chaque cours, en plus d’avoir pour objectif d’apprendre de nouvelles choses (un langage de programmation, du développement web, le fonctionnement d’une intelligence artificielle…), propose à l’utilisateur de construire quelque chose de fonctionnel : le cours d’introduction à la programmation en Python vise à créer son propre moteur de recherche ; le cours sur le développement web, sa propre plateforme de blog ; celui sur les langages de programmation, un navigateur web, etc.

Bien évidemment, ces programmes ne pourront en rien concurrencer les moteurs de recherches que l’on utilise quotidiennement, ou notre navigateur web favori, mais il apporte un attrait particulier qui manque peut-être aux autres cours en ligne massivement multi apprenant. C’est ainsi qu’Udacity s’assure de l’assiduité de ses utilisateurs et il semble bien que cela fonctionne, comme en témoigne les articles présents en fin d’article, dans la partie webographie. !

Coursera

Présentation générale

Site web

Coursera est une entreprise à but lucratif, crée par des enseignants en informatique de l’université de Stanford, qui propose aux universités une plate-forme sur laquelle elles peuvent proposer gratuitement leur cours sous la forme d’un MOOC. Actuellement, 33 universités, principalement américaines (Stanford, Princeton, Colombia…), proposent des cours sur ce site. Néanmoins, d’autres pays sont peu à peu représentés (Australie, Canada, Royaume-Uni…) et notamment la Suisse avec l’EPFL qui propose des cours en français.

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Aperçu de certaines universités partenaires

214 cours sont déjà disponibles sur Coursera, dans des domaines très variés, allant de l’informatique à la médecine en passant par l’économie et les sciences humaines. Dans le domaine de l’informatique, on trouve évidemment des cours de programmations mais également des cours sur l’intelligence artificielle, les systèmes et les réseaux et la sécurité.

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Exemple de cours disponibles en informatique

Fonctionnement général des cours

Les différents cours étant fournis par les universités partenaires, le fonctionnement peut varier légèrement de l’un à l’autre mais, la plate-forme étant commune, l’interface utilisateur et le principe général des cours restent commun aux différents cours. Malheureusement, certaines universités ne tirent pas encore profit de toutes les possibilités offertes par la plate-forme.

Avant de s’inscrire, les utilisateurs peuvent consulter une fiche récapitulative du cours avec une vidéo de présentation, une FAQ, les prérequis, la charge de travail qu’il représente et il peut parfois même commencer à consulter les vidéos du cours.

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Page de présentation d’un cours

Une fois inscrit, l’étudiant a accès à une page principale qui récapitule les informations importante sur les cours ainsi que les annonces des formateurs. Ensuite, la majorité des cours est divisés en semaines ou en sessions. Chaque session est composée de cours sous forme de vidéos (plus ou moins longues selon l’université) accompagné généralement des diapositives ou des notes de cours. On peut suivre sa progression grâce à une icône indiquant les cours déjà visionnés.

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Page présentant les vidéos disponibles dans un cours ainsi que l’avancement

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Vidéo d’un cours (avec sous-titres)

Chaque semaine de cours comporte également un questionnaire permettant de vérifier les connaissances acquises. Ils sont généralement composés de QCM et/ou de courtes questions et participe à la note finale.

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Exemple de questionnaire

Un travail plus complexe est également à réaliser chaque semaine, proche d’un travail de TD. Cela peut être par exemple un exercice de programmation. Dans ce cas là, il y a souvent une correction automatique du code (il faut donc que celui-ci compile).

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Page de présentation des exercices

Il est important de noter que pour certains cours, un récapitulatif hebdomadaire est envoyé par courriel. Il liste le travail effectué, les prochaines échéances et la progression sur l’ensemble du cours. Cela est important pour rappeler aux étudiants les travaux à effectuer et pour qu’ils restent motivés.

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Exemple de courriel récapitulatif

Interactions entre les utilisateurs

Un des points importants de Coursera, et qui en fait un vrai MOOC, est la grande importance accordée aux interactions entre les différentes utilisateurs, étudiants et enseignants. Il y a notamment un forum (parfois même un wiki) pour chaque cours, sur lequel les utilisateurs peuvent monter des groupes de travail, poser leurs questions sur les travaux qu’ils doivent réaliser ou encore demander des précisions sur le cours. Les enseignants suivent généralement ces forums et peuvent donc répondre aux éventuelles questions si d’autres étudiants ne l’on pas déjà fait. Cela permet de créer une véritable entraide et évite aux étudiants de rester bloquer sur un point qu’ils ont mal compris.

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Page principale de forum d’un des cours

Les étudiants peuvent également aider les autres et participer à l’amélioration du cours en traduisant les sous-titres des vidéos dans leur langue pour permettre une plus grande accessibilité de ces cours.

A la fin de la plupart des cours, l’étudiant est incité à remplir un sondage pour permettre aux professeurs d’améliorer leurs cours par la suite.

Un système de notation par les pairs

Un autre point, particulièrement intéressant et spécifique à Coursera, est le système de notation par les pairs. Il a été mis en place pour contourner un problème qui se pose assez rapidement dans les MOOC de haut niveau : pouvoir proposer aux étudiants une correction de leurs travaux pour qu’ils puissent prendre en compte leurs erreurs pour progresser. En effet, la plupart des travaux ne peuvent être évalués automatiquement, notamment dans les domaines de l’économie, de la littérature… De plus, se limiter à des QCM serait contre-productif car les étudiants ont besoin de pratiquer par eux-mêmes. Cela est notamment le cas pour les exercices de programmation qui restent indispensables et ne peuvent être remplacés uniquement par des QCM. Bien sûr, dans ce domaine, on peut imaginer une correction automatique du code par un compilateur (ce qui est d’ailleurs le cas sur certains cours) mais cette correction ne prendrait pas en compte certains points important comme la lisibilité du code, son efficacité…

Par contourner ce problème, chaque membre du cours note les travaux de plusieurs autres étudiants. Cela permet aux élèves de recevoir des commentaires sur leur code de la part de personnes réelles (et pas seulement d’un compilateur) mais également de découvrir d’autres façon de coder et d’apprendre à comprendre un programme écrit par une autre personne. A ce titre, cela fait partie intégrante de la formation. Il faut bien remarquer que plusieurs élèves corrigent le même travail : cela apporte une redondance et donc une meilleure qualité de correction. Cet outil de correction est souvent associé à une correction automatique pour les travaux de programmation et ils comptent tous les deux à des pourcentages différents dans la note finale.

Certificats

Certains cours (selon les universités) offrent aux élèves ayant fini le cours avec succès un certificat prouvant leur implication et leur succès dans ce cours en ligne. Dans la note finale entrent en compte les questionnaires, les TD ainsi qu’un examen final. Cependant, pour pouvoir bénéficier de ce certificat, il faut suivre le cours avec assiduité et rendre les travaux chaque semaine (sinon ils ne seront pas inclus dans la note finale). Cela signifie que bien qu’un élève puisse suivre un cours après sa fin (tout le matériel pédagogique est toujours disponible), il ne pourra pas bénéficier du certificat. Cela encourage les utilisateurs à suivre le cours en direct et est donc bénéfique pour les interactions entre les étudiants.

Bilan

Coursera est une très bonne plate-forme qui offre de nombreux cours de haut niveau dans une interface unifié, très claire, réactive et utilisant les dernières technologies (HTML5 pour les vidéos notamment).

Cette plate-forme mise beaucoup sur les interactions entre les différents étudiants et les professeurs et propose notamment un système innovant de notation par les pairs, qui permet d’avoir une correction personnalisée des travaux qui ne se prêtent pas à une correction automatique, sans passer par l’équipe pédagogique qui ne peut pas corriger tant de travaux.

Conclusion

Coursera et Udacity sont deux exemples de plates-formes proposant de nombreux cours en ligne créées par des entreprises privées, mais qui ont malgré tout un lien étroit avec des universités. Ils ont l’avantage (particulièrement pour Coursera) de proposer de nombreux cours en ligne dans une interface agréable et unifié. On remarque par ailleurs que les fonctionnalités offertes par ces deux sites sont assez proches.

Cependant, il faut garder à l’esprit que ce sont des sites à but lucratifs. Bien qu’ils soient pour l’instant financés grâce à des levées de fonds, à l’avenir ils devront être rentables. Pour cela, Coursera réfléchie à plusieurs options comme par exemple rendre les certifications payantes, vendre des informations à des éventuels employeurs, faire payer les universités en échange d’une utilisation du site par leurs étudiants…

Webographie

Licence Creative Commons

Licence Creative Commons
Cette œuvre est mise à disposition selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution – Partage dans les Mêmes Conditions 3.0 non transposé.

Auteurs : Jonathan Cozzo et Patrick Rannou

Quelles sont les différents types de plates-formes de MOOC et comment choisir celle qui nous convient ?

Le développement des MOOC, initié par les différents facteurs évoqués lors de notre précédent article, est à la fois soutenu et alimenté par les nombreuses possibilités techniques offertes à tous ceux qui souhaitent diffuser leur cours en ligne. Effectivement, l’aspect communautaire lié au MOOC a poussé au lancement de nombreux outils de création, de mise en ligne et de gestion des MOOC, tous plus ou moins destinés à faciliter le partage des cours. Des outils simples et performants étant ce qu’il y a de plus efficace pour aider un enseignant à se lancer. Il existe donc non seulement des plates-formes lancées développées par de grandes universités qui se chargent de les maintenir et de fournir le contenu, mais on peut également trouver des outils open source que l’on peut employer uniquement pour la publication sans forcément avoir l’âme d’un développeur. Aussi, le choix d’un utilisateur pour tel ou tel outil se fera non seulement en fonction de ses connaissances, mais aussi de ses objectifs car selon le type de contenu, un outil sera plus ou moins adapté. Nous allons tenter dans cet article de saisir les différences entre ces outils et de dresser des critères permettent d’évaluer les performances des plates-formes en fonction de leur orientation.

Si nous voulons définir les différentes technologies utilisées pour mettre en place les MOOC, il faut commencer par redéfinir la différence entre xMOOC et cMOOC. Cette différence est assez simple le cMOOC est un MOOC collaboratif dans le sens selon lequel le contenu lui même est généré par les utilisateurs. Dans le cas d’un xMOOC le contenu est principalement mis en ligne par les professeurs. Évidement dans le cas d’un cMOOC la plate-forme se doit bien plus user-friendly pour permettre l’édition par des utilisateurs qui ne sont pas forcement familiers avec la programmation. IL ne faut surtout pas dans ce cas que l’informatique soit un obstacle à la mise en place de contenu sur le MOOC.

Il est impossible de réaliser une étude des MOOC sans aborder le point des plates-formes MOOC. Dans cette partie nous réaliserons un comparatif des différentes plates-formes et des technologies utilisées dans le cadre de la mise en place d’un MOOC.

EDX est une plate-forme de MOOC incontournable. C’est également l’une des première plate-forme de MOOC créée, lancée en mai 2012 par université américaine de Harvard et le Massachusetts Institute of Technology. EDX résulte de l’expérience de ces deux établissements qui offraient déjà du contenu pédagogique en ligne. Le but d’EDX est évidement d’aller plus loin que le simple cours en ligne et de proposer également des présentations vidéos, des quiz, des labos en ligne, et bien sûr des échanges étudiants-étudiant et étudiant-équipe pédagogique. EDX a une véritable fonction de centralisation des connaissances car le but d’Harvard et du MIT est également que d’autres universités se joignent à eux pour faire vivre cette plate-forme. Pour favoriser l’accessibilité et permettre l’amélioration continue de la plate-forme, EDX est publiée en tant que logiciel open-source. Cette technologie a un double but, premièrement naturellement la diffusion de façon multi-aprenante de connaissances sur le web mais également d’observer la façon dont les élèves apprennent et comment les technologies peuvent constituer un outil d’enseignement efficace.
EDX

Google course builder est un incontournable du MOOC. Google, le géant du web, a décidé en juillet dernier de se lancer dans la création d’une plate-forme MOOC. Google course builder est donc un projet open-source de Google, il se gère donc dans l’environnement de développement d’application Google App. Il s’agit d’un projet qui se veut en amélioration constante par les utilisateurs eux même avec le code géré sur Google Code même. Cette plate-forme demande donc plus de connaissances que EDX. Google préconise des connaissance en HTML et en CSS ainsi qu’en Python. Cependant cette solution est bien documenté et permet à un utilisateur d’utiliser ce système sans pour autant être un expert en programmation, à condition de ne pas être effrayé par utilisation de la ligne de commande. Course builder demande également un minimum de connaissance en fonctionnement d’un serveur. La grande différence entre EDX et Google course builder est finalement le contenu puisque que la plate-forme de google est là pour la mise en place d’un MOOC mais ne regroupe pas le contenu de ces différents MOOC au même endroit.
Google course builder

Class2go est la plate-forme de MOOC créée par l’université de Stanford elle correspond à un système de gestion de contenu, sa spécificité est de proposer une gestion des projets de groupes.
Class 2 Go

Cousera correspond à une base de données de cours en ligne gratuits, sur inscription avec un contenu extrêmement riche. Créée en avril 2012, Cousera compte aujourd’hui une quinzaine d’universités partenaires et propose plus de 200 cours. Coursera propose même un système de tutorat avec des professeurs qui peuvent même délivrer des attestations de réussite aux étudiants du MOOC.
Coursera

Udacity est une plate-forme de MOOC créée par Sebastian Thrun, professeur à Stanford, en avril 2012. Udacity n’en n’est qu’à ses début et propose un contenu assez limité. La particularité de cette plate-forme est de ne pas être liée à une université.
Udacity

La fondation wikipedia a également lancé sa propre plate-forme qui fonctionne selon le même principe que la fameuse encyclopédie collaborative. Sur ce site, tous les utilisateurs sont libres de publier des cours dans différents domaines, classés par “Universités” (selon le domaine d’étude). Comme pour wikipedia, le contenu se diversifie, s’enrichit et s’affine à mesure que les utilisateurs le consultent et le corrigent, un système de classement permet de définir si un cours et prêt à être suivi par un néophyte ou s’il nécessite soit des connaissances de base, soit une relecture et un enrichissement préalable (on parle alors d’ébauche). Ce système fait de la wikiversité une plate-forme d’apprentissage entièrement gérée par les utilisateurs pour les utilisateurs qu’il s’agisse de professeurs ou étudiants, la disctinction n’étant pas nécessaire.
Wikiversité

On constate donc un florissement des outils de création et gestion de MOOC sur internet, tous plus ou moins adaptés à tel ou tel type de cours. Avant de faire son choix pour telle ou telle plate-forme, il est donc nécessaire de se questionner sur ses objectifs et capacités lors du lancement d’un MOOC. On pourra soit profiter la plate-forme de son université si l’on est étudiant ou professeur ; dans ce cas on trouvera sans doute un outil plus adapté au partage auprès de ses étudiants/camarades. En revanche, si l’on souhaite partager un cours en “free-lance” on s’orientera vers des outils plutôt libres et ouverts au sein desquels on trouvera une communauté pour nous appuyer soit dans le développement de l’outil en lui même, soit sur le contenu. La wikiversité sera adapté si l’on souhaite travailler uniquement sur le contenu tandis que Google course builder sera plus orienté pour les utilisateurs intéressés par la personnalisation de sa plate-forme au prix d’un peu de travail de développement. Bien sûr le choix peut également être orienté par d’autres paramètres ou tout simplement s’appuyer sur une appréciation plus abstraite d’une plate-forme, l’important étant d’être suffisamment à l’aise pour ne pas perdre en contenu ce que l’on dépense en création.

Dans un prochain article, nous nous concentrerons sur une autre plate-forme spécifique : ITYPA, première plate-forme francophone de MOOC qui se développe rapidement sur internet

Historique des cours massivement multi-apprenants

Pourquoi des cours en ligne dans le domaine de l’informatique ?

L’informatique est un outil utilisé quotidiennement par chacun, à des niveaux différents. L’émergence des ordinateurs est relativement récente et, de fait, aucun véritable cursus scolaire intégrant l’enseignement de ces machines et de leur fonctionnement n’existe dans l’enseignement primaire. L’apprentissage se fait donc majoritairement suivant l’intérêt personnel de chacun : un parent, des livres, ou plus souvent des sites internet.

On constate donc une hétérogénéité grandissante parmi les étudiants concernant leurs connaissances en informatique, et notamment en langage de programmation. Il devient donc peu à peu nécessaire d’offrir aux étudiants dans le secondaire la possibilité de renforcer (ou simplement prolonger) leurs connaissances, voire de combler des lacunes par rapport à d’autres étudiants qui auraient investi un temps personnel non négligeable de formation dans ce domaine. Pour se faire, il semble intéressant de leur proposer une série de cours en ligne, présentant une structure et une évolution claires et progressives, plutôt que de les laisser seuls dans la nature et se débrouiller par eux-mêmes !

C’est à long terme, la volonté de l’École Centrale de Nantes qui souhaiterait proposer des cours en ligne de remise à niveau en informatique, disponibles lors du premier semestre d’étude, avant le début des cours d’algorithmique et programmation du second semestre.

Afin de mettre en place ces cours en ligne, il est nécessaire de bien définir les besoins afin de cibler au mieux le contenu, d’étudier les services en ligne déjà existant afin d’en étudier leurs fonctionnements et déduire ceux qui obtiennent de bons résultats auprès des étudiants et, à l’opposer, les choses à éviter.

Vidéo : What is a MOOC?

Historique des cours en ligne

La genèse

Bien que le concept de cours massivement multi-apprenant ait été émis dès les années 60, il fallut attendre 2007 pour que le premier cours en ligne de ce genre ait lieu ; c’était à « Utah State University », sur « l’enseignement par la connectivité ». Le cours fut suivi par 50 personnes dans 8 pays.

L’idée même d’un besoin de connexion entre personnes pour amener à la découverte et à l’apprentissage est au cœur du principe des cours en ligne massivement multi-apprenant.

L’expression “Court en Ligne Massivement Multi-Apprenant

C’est en 2008 que le terme « MOOC » (Massive Open Online Course), ou Cours en ligne Massivement Multi-Apprenant, fut introduit lors d’un cours sur le « Connectivisme », par George Siemens (enseignant-chercheur à l’université d’Athabasca, au Canada) et Stephen Downes (chercheur au Conseil National de Recherches, au Canada également).

La théorie du connectivisme a pour bases les apports des nouvelles technologies et étudie les conséquences de la technologie sur les comportements humains ainsi que sur les méthodes d’apprentissage. Selon cette théorie, « l’apprentissage et la connaissance résident dans la diversité des opinions [et sont des] processus reliant des nœuds de spécialisés ou des sources d’information ».

L’émergence des MOOC

C’est en février 2011 qu’une avancée majeure dans le domaine des cours en ligne massivement multi-apprenant a pris place : plus de 160 000 personnes du monde entier se sont inscrites à un cours en ligne gratuit sur le domaine de l’intelligence artificielle, proposé par Sebastian Thrun, enseignant-chercheur à l’université de Stanford, et Peter Norvig.

La démocratisation et la multiplication des MOOC

Face au succès de ce cours, le MIT (Massachusetts Institute of Technology) lança en décembre 2011, le projet MITx, à but non lucratif, afin d’offrir gratuitement les cours du niveau universitaire à tous. Ce projet s’inscrit dans la lignée de l’initiative du MIT OpenCourseWare, lancé dès 2002, donnant librement l’accès à des cours, exercices, examens, travaux pratiques et même vidéos de cours, sur internet.

Étant donnée la nature des cursus proposés au MIT, majoritairement orientés sur des domaines scientifiques, mais également du fait que la possibilité de donner et de suivre des cours en ligne est permise par l’évolution des nouvelles technologies, les contenus des premiers cours relevaient exclusivement du domaine de l’informatique.

Le concept de cours en ligne massivement multi-apprenant fut poursuivi par Sebastian Thrun qui créa, en avril 2012, l’organisation Udacity, dont l’objectif est la démocratisation de l’éducation en proposant des cours en ligne payants. Depuis juin 2012, 4 cours ne traitant pas de l’informatique sont disponibles : un cours de mathématiques, un de statistiques, un de physique et le dernier concernant l’entreprenariat.

Très peu de temps après le lancement d’Udacity, deux autres enseignants-chercheurs de l’université de Stanford lancèrent Coursera, proposant gratuitement des cours de plusieurs universités partenaires. A son lancement, Coursera proposait entre autres, des cours de sociologie et de finance. Aujourd’hui, c’est plus d’un million et demi d’étudiants dans près de 200 pays qui sont inscrits sur le site de Coursera et suivent au moins un cours. Au cours de l’été 2012, l’École Polytechnique Fédérale de Lausanne (Suisse) a rejoint Coursera et a proposé le premier cours en français sur cette plateforme : « Introduction à la Programmation Objet », dont la date de début n’a pas encore été annoncée.

Devant la demande croissante de cours en ligne, Harvard rejoignit le MIT et proposèrent conjointement le service edX, proposant les cours de ces deux universités gratuitement sur internet. Depuis, deux autres universités les ont rejoint : Berkeley et l’Université du Texas. Outre un cours de chimie proposé par le MIT et un second sur les méthodes quantitatives dans la recherche pour la santé publique proposé par Harvard, tous les autres cours concernent les sciences informatiques : programmation, intelligence artificielle, SaaS, circuits et électronique…

Etude du contenu des principaux cours en ligne

On le voit donc, il existe un grand nombre de services de cours en ligne massivement multi-apprenant disponibles sur internet. Dans la suite de notre étude, nous vous présenterons plus en détails les principaux acteurs, leurs fonctionnements ainsi que le contenu des cours en ligne dans le domaine de l’informatique qu’ils proposent.

Sources

Licence Creative Commons

Licence Creative Commons
Cette œuvre est mise à disposition selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution – Partage dans les Mêmes Conditions 3.0 non transposé.

Auteurs : Jonathan Cozzo et Patrick Rannou