Qu’est-ce qu’un cours en ligne ?

Dans ce billet nous allons définir les termes que nous allons employer tout au long de cette veille et commencer à distinguer les différentes catégories de cours en ligne que l’on peut rencontrer.

Définitions

D’abord, rappelons qu’une définition n’est jamais unique et que nous avons du faire des choix pour nous rapprocher de notre thématique : la création d’un cours en ligne.

Commençons donc par essayer de définir la formation en ligne (ou e-learning).

Selon Tony Bates, spécialiste anglais en e-learning, cela correspond à

“Toute activité réalisée au moyen d’un ordinateur ou d’Internet qui soutient l’enseignement et l’apprentissage – aussi bien sur le campus qu’à distance.” (1)

La commission européenne le définit comme

“l’apprentissage assisté par les technologies de l’information”. (2)

Enfin, ce n’est pas seulement une pratique mais aussi

“l’ensemble des solutions et moyens permettant l’apprentissage par des moyens électroniques”

comme nous avons pu le lire sur Wikipedia. (3)

Si l’on résume ces différentes propositions, nous pouvons définir l’e-learning comme

“L’ensemble des activités et des moyens innovants mis en oeuvre dans le but d’apprendre ou d’enseigner.”

Mais cette définition bien générale et finalement assez fumeuse ne nous informe pas sur ce qu’est vraiment un cours en ligne. Il ne suffit effectivement pas de mettre une ressource sur un Intranet pour déclarer que l’on dispense un cours en ligne.

Le rapport d’un groupe de travail sur l’apprentissage en ligne de l’université d’Ottawa (4) distingue deux formats de cours s’appuyant sur l’e-learning :

  • Le cours entièrement en ligne, dont le contenu est diffusé à l’ensemble des étudiants qui peuvent le suivre de manière autonome et asynchrone. Des entretiens synchrones restant souvent nécessaires (restitution orale, entretien, etc.).

  • Le cours hybride qui consiste à intégrer à un cours en présentiel, des activités exploitant les TICE (ressources en ligne, vote interactif) et des activités asynchrones pour créer un environnement d’apprentissage plus stimulant et dynamique.

Nous avons là deux approches différentes que nous devrons veiller à distinguer, notre prochain billet sera donc consacré aux cours 100% en ligne et le suivant aux cours hybrides.

Brève analyse critique de la formation en ligne

Maintenant que nous nous sommes mis d’accord sur le terme de cours en ligne, il s’agit d’en proposer une brève analyse critique. Nous pourrons alors mettre en avant les points critiques de l’élaboration et la gestion d’un tel moyen d’apprentissage.

Les cours en ligne sont en premier lieu des cours et donc font interagir d’une part un apprenant et d’autre part un enseignant. Nous allons donc nous pencher sur chacun de ces deux points de vue.

Point de vue de l’apprenant

Pour l’apprenant, il apparaît évident qu’un tel cours lui donne plus de liberté. Il choisit à quel moment et à quelle fréquence il prend le cours. Il s’auto-implique. Il est donc volontaire et plus motivé, le cours lui sera plus bénéfique.
Toutefois, il est envisageable que sa motivation flanche. L’apprenant peut se perdre dans le contenu proposé. Sans réel contrôle ou évaluation, il peut perdre son intérêt en se questionnant de l’utilité de son entreprise.
Il faut préciser tout de même qu’une communauté autour du cours suivi peut se créer. Ainsi, les échanges sont favorisés, du contenu est produit et partagé. Et, ils se posent alors toute la problématique de vie virtuelle et la bonne adéquation des échanges et des productions au cours.

Point de vue de l’enseignant

Pour l’enseignant, le grand défi réside dans la construction du cours. En effet, cette dernière requiert une connaissance d’outils informatiques pour d’une part, communiquer, informer, transmettre les supports et d’autre part, élaborer ces supports. Ensuite, bien que le cours puisse toujours s’adapter aux apprenants, évoluer, une fois qu’il est réalisé, le précepteur n’a besoin de réaliser son enseignement qu’une seule fois. Il gagne donc du temps. Nous pensons notamment au cas où les salles sont trop petites pour accueillir tous les élèves et qu’en conséquence, le même cours se déroule au moins deux fois. Enfin, une telle forme d’enseignement offre aussi plus de liberté dans sa conception avec la possibilité de multiplier les types de support. L’intégralité du cerveau de l’enseignant comme de l’apprenant est alors suscité.
Toutefois, avec ce type de cours, se pose les problématiques de suivi et d’évaluation. Comment évaluer les apprenants ? Comment s’assurer qu’ils aient suivi le(s) cour(s) ? Comment l’enseignant obtient-il des retours de la part des apprenants ? Ce dernier peut en effet avoir besoin de voir ses élèves pour leur transmettre son savoir.

Facteurs clés de succès

A partir de ces deux points de vue, les différents facteurs clés qui ressortent sont les suivants :

  • Faciliter l’échange entre apprenants d’une part, et entre enseignant et apprenant d’autre part
  • Supporter plusieurs types de contenu
  • Offrir des moyens de suivi des élèves
  • Facilité d’utilisation tant en navigation qu’en conception

Nous utiliserons donc ces critères pour comparer les différentes plate-forme de conception d’un cours en ligne qui existent de nos jours dans nos prochains billets.

Sources

1 : http://www.tonybates.ca/2008/07/07/what-is-e-learning/ consulté le 17 octobre 2013

2 : http://ec.europa.eu/education/archive/elearning/doc/mid_term_report_fr.pdf consulté le 17 octobre 2013

3 : http://fr.wikipedia.org/wiki/E-learning consulté le 24 octobre 2013

4 : http://www.uottawa.ca/vr-etudes-academic/fr/documents/rapport-groupe-travail-sur-apprentissage-en-ligne.pdf consulté le 24 octobre 2013

5 : http://www.formavox.com/elearning-avantages-inconvenients-top-5-flop-5 consulté le 24 octobre 2013

Licence Creative Commons

Projet de veille technologique 2013 – Les outils de création d’un cours en ligne de http://veille-techno.blogs.ec-nantes.fr/ est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution – Pas d’Utilisation Commerciale – Pas de Modification 3.0 non transposé par Florent Godard et François Neber.

Les mainframes dans le détail

Dans notre précédent article, nous vous avions fourni un bref aperçu de ce qu’était un mainframe. Il est cependant nécessaire de rentrer dans le détail pour mieux pouvoir appréhender les problématiques propres aux mainframes.

Un mainframe, qu’est-ce que c’est?

On définit un mainframe plus par rapport aux tâches qu’il est amené à réaliser et aux performances que l’on attend de lui, et non aux types de matériels qu’il embarque. On attend d’une telle machine plusieurs caractéristiques critiques:

  • Conception interne redondante permettant une forte fiabilité
  • Nombreux périphériques d’entrée-sortie
  • Rétrocompatibilité stricte avec les anciens logiciels
  • Accomplissement d’un taux élevé d’utilisation afin de supporter un débit important
  • Haute disponibilité:  peu de tolérance à l’immobilisation

Un assez bon résumé des caractéristiques principales d’un mainframe est contenu dans l’acronyme RAS (Fiabilité, Disponibilité, Maintenabilité), utilisé par IBM pour parler de ses produits dès 1970. Celles-ci sont fondamentales pour les applications qui sont faites des mainframes, qui impliquent plusieurs milliers d’utilisateurs simultanés tentant d’effectuer des opérations importantes.

Suite à cette définition, on pourrait se dire: “Un mainframe, c’est juste un type de super calculateur de plus, comme un ordinateur mais en bien plus puissant !”. En fait, c’est un peu plus compliqué que ça, et c’est ce que nous allons vous montrer maintenant.

Différence entre un super calculateur et un mainframe

La distinction entre les superordinateurs et mainframe n’est pas simple, mais on peut considérer que les supercalculateurs sont axés sur les problèmes limités par la vitesse de calcul alors que les mainframes sont dédiés à des problèmes limités par la fiabilité et la disponibilité.

Les mainframes sont utilisés pour effectuer des transactions [1], activités nécessitant peu de puissance tandis que les supercalculateurs sont utilisés pour effectuer des tâches (calculs) nécessitant des traitements de données très volumineux.

Les supercalculateurs sont à la pointe de la technologie disposant de grandes capacités de calculs (quantité et rapidité).

On caractérise les capacités des mainframes en évaluant le nombre d’instructions par seconde (MIPS) qu’ils sont capable de traiter. Les supero

rdinateurs sont eux, évalués en fonction du nombre d’opérations en virgule flottante effectuées par seconde (FLOPS).

En termes de capacité de calcul, les superordinateurs sont optimisés pour les calculs complexes qui ont lieu la plupart du temps dans la mémoire, tandis que les mainframes sont optimisés pour des calculs simples impliquant de grandes quantités de données externes accessibles à partir de bases de données.

Les superordinateurs exploitent souvent le parallélisme massif, avec des milliers de processeurs, alors que les mainframes ont un seul ou un petit nombre de processeurs (quelques dizaines au plus).

En raison du parallélisme invisible pour le programmeur, les supercalculateurs sont très compliqués à programmer; pour les mainframes, le parallélisme est limité (le cas échéant) et est normalement caché du programmeur.

Enfin les superordinateurs sont généralement utilisés dans le domaine de la recherche, de l’ingénierie ou de l’armée, tandis que les mainframes sont mis en place dans les entreprises et les administrations.

Comparaison des performances entre mainframe et super calculateur

[1] Dans le monde des affaires, une transaction correspond à un échange commercial de marchandises, de services ou d’argent. Le Transaction Processing Performance Council définit une transaction comme la mise à jour d’un système de base données dans le but de gérer des stocks, des services ou des comptes bancaires. Les transactions font alors appel à un certain nombre d’opérations telles que la lecture ou l’écriture de données sur disque, le transfert de donnée sur le réseau ou à un sous-système et l’utilisation des ressources système.(retour au texte)

Ce projet de veille est réalisé par Bastien Marichal et Antoine Véron, élèves à l’École Centrale de Nantes, sous la supervision de M. Jean-Yves Martin, enseignant à l’ECN.

__________

Licence Creative CommonsCette œuvre est mise à disposition selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution – Pas d’Utilisation Commerciale – Pas de Modification 3.0 non transposé.