Le livre numérique : synthèse

Voici venue l’heure de faire la synthèse de cette veille technologique sur le livre numérique.

Après avoir  parcouru l’historique du livre numérique, des premières œuvres numérisées par le projet Gutenberg dans les années 1970 à la démocratisation des liseuses, tablettes, et éditeurs de livres électroniques, nous nous sommes intéressés aux différents formats de livres numériques. Nous avons constaté que ces formats sont nombreux et posent des problèmes de pérennité et de portabilité aux utilisateurs. Ils sont également parfois restrictifs en raison des dispositifs de protections des droits d’auteurs (DRM) intégrés à ces formats.

Nous avons ensuite étudié les différentes technologies de liseuses et notamment le papier électronique, qui permet une lecture plus confortable et moins gourmande en énergie que sur un écran d’ordinateur. Nous nous sommes également interrogés sur leur avenir, face à la multiplication des tablettes qui ne proposent pas le même confort de lecture  mais qui offrent un panel d’applications bien plus large.

Enfin, nous avons étudié les aspects économiques et juridiques du livre numérique, en présentant les différents acteurs du marché et les circuits de distribution mis en jeu, ainsi que les différents dispositifs juridiques influant sur cette distribution. Nous avons également présenté l’état actuel du marché en France et à l’étranger, et nous avons envisagé les évolutions futures possibles dues aux différents modes d’utilisation du livre numérique.

Nous espérons que ces articles vous ont intéressés, et nous vous quittons en vous présentant le plan de notre rapport :

  1. Historique
  2. Lire un livre numérique : aspects technologiques
    1. Les formats électroniques
    2. Les technologies des liseuses
  3. Acheter un livre numérique : aspects économiques
    1. Principaux acteurs et modes de distribution
    2. Les usages et modes d’utilisation

Licence :
Licence Creative Commons

Auteurs :

Claire Lefeuvre & Félix Lecuyer

Le livre électronique : aspects juridiques et modes d’utilisation

Dans l’article précédent nous avons présenté les aspects économiques du livre électronique à travers l’étude des modes de distribution ainsi qu’une comparaison des ventes en France par rapport aux autres pays européens et aux États-Unis. Nous allons dans cet article nous pencher sur les aspects juridiques et sociaux de ses livres électroniques.

Nous allons dans un premier temps analyser la politique controversée d’Apple en matière de fixation des prix des livres électroniques, puis nous allons étudier les contraintes règlementaires influant sur le prix. Enfin nous allons nous pencher sur l’adoption de ces types de livres dans la société ainsi que les nouveaux comportements sociétaux qu’ils ont engendrés.

1-      Apple maître du prix

Durant l’année 2013 s’est déroulé un procès opposant le département de la justice américain contre Apple et 5 principaux éditeurs : Hachette, HarperCollins, MacMillan, Penguin, Simon & Schuster. Ceux-ci sont en effet accusés d’une entente afin de faire monter les prix de vente des livres numériques et limiter la concurrence en forçant les distributeurs à adopter des méthodes identiques de vente. Une procédure similaire a été menée par la commission européenne contre les mêmes acteurs.

Pour comprendre ce procès, il faut revenir à la période pré-2009. A ce moment-là, Amazon est le grand leader sur le marché des e-books, avec une politique de prix agressive. Le modèle de vente négocié avec les éditeurs permet en effet à Amazon de pratiquer les tarifs qu’il désire. Cependant les principaux éditeurs mis en cause dans le procès considèrent que ces tarifs sont trop bas et nuisent à leur marge. Ils trouvent alors comme allié Apple qui va leur permettre de bouleverser le mode de vente des livres électroniques.

En 2009, au moment de lancer le premier iPad, afin de proposer une offre de produits complète et adaptée à ses appareils, Apple souhaite se positionner sur le marché de la vente des e-books. Afin de se démarquer de la concurrence, la firme va proposer un modèle d’agence : les éditeurs choisissent le prix du livre numérique dans une gamme de prix proposée, et Apple se rémunère à hauteur de 30% du prix de vente. Afin d’asseoir leur modèle, Apple et les éditeurs réussissent à imposer une clause obligeant les autres distributeurs à vendre au même prix en leur interdisant toute remise.

Cette stratégie a permis une nette augmentation des prix : les nouveautés sortaient au prix de 13$, alors qu’Amazon avait l’habitude de pratiquer des prix de l’ordre de 10$. Avec le soutien des éditeurs, et grâce au succès de sa tablette, Apple a ainsi pu se tailler une bonne part de marché dans le secteur.

Cependant l’accord de justice trouvé entre certains éditeurs incriminés et la justice américaine propose un dédommagement aux personnes lésées ainsi que la suspension de la clause empêchant les détaillants de vendre à un prix inférieur à celui pratiqué par Apple. On peut donc espérer une plus forte concurrence et finalement que le prix des e-books soit amené à diminuer à l’avenir, au bénéfice du consommateur.

Cette entente sur le prix du livre électronique pratiquée par ces éditeurs et Apple amène à se demander quelles marges de manœuvre possèdent les différents acteurs dans la fixation du prix de vente. Nous allons dans la prochaine partie nous focaliser principalement sur les contraintes existantes en France.

2-      Contraintes règlementaires sur le prix du livre électronique

Depuis le 1er janvier 1982, afin de protéger la diversité de l’offre et le réseau de distribution, particulièrement dense en France, le livre imprimé est soumis à un prix unique quel que soit le mode de distribution et la période de l’année, avec un rabais autorisé pour le détaillant d’uniquement 5%. Afin de soutenir sa distribution, le livre imprimé est aussi soumis au taux de TVA réduit.

Dans le cas du livre numérique, depuis 2011 une mesure similaire permet à l’éditeur de fixer un prix qui sera le même pour l’ensemble des distributeurs. Cependant la loi permet donc à l’éditeur de faire varier ce prix dès qu’il fait varier un paramètre de l’offre (DRM, téléchargement ou streaming, nombre de copies possibles, etc.).

Depuis janvier 2012 le livre électronique est également soumis au taux de TVA réduit. On peut donc noter que les règles sur les livres électroniques rejoignent progressivement celles existantes pour les livres imprimés, ce qui semble cohérent puisque l’on considère des produits ayant le même contenu. Néanmoins la décision d’appliquer un taux réduit de TVA pour les e-books a été remis en cause par l’union européenne : celle-ci considère que le bénéfice du taux réduit n’est ouvert qu’au livre imprimé sur support physique et que le législateur français, en l’étendant au livre numérique, a créé de “graves distorsions de concurrence”. Ce taux de TVA réduit est donc éventuellement amené à évoluer, selon les accords qui seront trouvés entre le droit français et le droit européen.

En définitive, après application de toutes ces contraintes, les livres électroniques se vendent en France 25 à 30 % moins cher que les versions papier. Un prix inférieur à la version physique semble logique, les livres électroniques ne subissant pas les coûts d’impression. En revanche les coûts de numérisation des œuvres ne sont pas négligeables, et il existe un grand nombre de coûts fixes tels que la rémunération de l’auteur, de l’éditeur, du distributeur ainsi que les actions promotionnelles, qui se répercutent de la même manière sur le coût final du livre électronique et du livre imprimé. Cela peut expliquer que la différence de prix ne soit pas aussi importante que les acheteurs puissent l’espérer.

3 – Usages du livre numérique

Le prix des livres numériques est un des principaux freins à l’achat pour les Français. Même si une personne sur cinq affirme avoir déjà lu un livre électronique, les revenus engendrés par le numérique restent très faibles en comparaison des autres pays européens ou des États-Unis. En effet, ces revenus ne représentent que 2,1% du total générés par les éditeurs en France, contre 3% en Espagne où le marché est en forte hausse en raison de la crise qui pousse les lecteurs à se tourner vers les versions numériques – moins chères – de leurs ouvrages, 5% en Allemagne et 15 % au Royaume-Uni. Quant aux États-Unis, ceux que l’on appelle là-bas les ebooks représentent 20% du marché du livre. On pourra cependant remarquer que le marché n’est pas le même : le réseau de librairies étant bien moins dense aux États-Unis, les lecteurs trouvent plus facilement ce qu’ils cherchent en téléchargeant une œuvre numérique sur le site d’un éditeur que dans une librairie.

Cependant, si les Français restent attachés au support papier pour leurs lectures, le numérique se développe également pour d’autres utilisations que la simple lecture d’un roman. Il y a bien sûr les bibliothèques, qui par la numérisation prolongent la vie de leurs ouvrages (l’acidité du papier le dégrade inévitablement au cours du temps) et les rendent plus facilement accessibles. Ainsi la Bibliothèque Nationale de France numérise ses collections, parmi lesquelles des œuvre vieilles de plusieurs siècles, depuis 1990 et les met à disposition sur le site Gallica. Les livres numériques sont également utilisés dans les écoles. Si les manuels scolaires sont encore très majoritairement vendus sous forme papier, la démocratisation des tablettes et la volonté de former tous les élèves à l’outil numérique conduit les établissements à se tourner vers ces nouveaux supports. Les élèves semblent d’ailleurs plus motivés pour lire sur les écrans, que ce soit à l’école ou chez eux, selon une étude menée auprès de 35 000 jeunes en Grande-Bretagne. Enfin, la multiplication des supports numériques conduit aussi au développement des versions informatiques d’autres écrits, tels que les journaux ou les magazines, qui sont de moins en moins lus sous leur forme papier.

Ainsi, même si le roman ou la nouvelle ont encore du mal à se diffuser sous forme numérique en France, le livre numérique est déjà utilisé dans de nombreux domaines et sur de nombreux supports, et sa popularité va certainement aller en grandissant.

 

Sources

http://www.sne.fr/dossiers-et-enjeux/prix-unique-du-livre.html : prix unique du livre

http://www.01net.com/editorial/564130/comment-apple-et-les-editeurs-ont-fait-grimper-le-prix-des-e-books/ : entente Apple – éditeurs

http://www.lemonde.fr/economie/article/2013/10/09/livre-numerique-la-fracture-europeenne_3492453_3234.html : Livre numérique : la fracture européenne par Alain Beuve-Méry

http://www.bbc.co.uk/news/education-22540408 : Young people ‘prefer to read on screen’ (Les jeunes préfèrent lire sur un écran) par Sean Coughlan, analyse d’une étude sur les habitudes de lectures des jeunes Britanniques (en anglais)

http://www.latribune.fr/technos-medias/electronique/20130325trib000755876/les-editeurs-de-livres-scolaires-bonnets-d-ane-du-numerique.html : Les éditeurs de livres scolaires, “bonnets d’âne” du numérique par Isabelle Boucq

http://www.educnet.education.fr/numerique/dossier/lectures/livrelec/aspects-socio-culturels : dossier du portail national éduscol sur le livre numérique

http://www.bnf.fr/fr/professionnels/innov_num_numerisation.html : page du site de la Bibliothèque Nationale de France consacrée à la numérisation

 

Auteurs : Claire Lefeuvre & Félix Lecuyer

 

Encadrant : Didier Lime

 

Licence : Creative Commons - Attribution, Pas d'utilisation commerciale, Partage dans les mêmes conditions

L’économie du livre numérique

Suite à nos précédents articles traitant de l’historique, puis du matériel et des technologies existantes pour la lecture de livres numériques, nous allons nous focaliser dans cet article sur les aspects économiques des ebooks. Nous allons ainsi dans un premier temps présenter les principaux modèles de distribution des livres numériques, ainsi que  les acteurs choisissant ces modèles. Dans un second temps nous analyserons la dynamique des ventes du livre numérique en France puis nous la comparerons aux autres pays européens et nord-américains. Nous comparerons enfin le poids des différents acteurs sur ce marché.

1-    Les modes de distribution

Les modes de distribution des livres numériques se regroupent en plusieurs modèles :

Le premier est celui d’une chaîne de distribution entièrement fermée, à l’image d’Amazon et de sa liseuse Kindle : le distributeur de contenu est aussi le vendeur du terminal et les deux sont totalement couplés : il est impossible d’utiliser la liseuse pour lire des fichiers provenant d’un autre distributeur, et les fichiers achetés sur la plateforme ne sont pas lisibles sur les autres types de liseuses. Ce mode de fonctionnement, bien que restrictif pour l’utilisateur, s’avère fonctionner correctement, en raison d’une grande offre de livres numériques qui empêche l’acheteur de se sentir limité dans ses choix par la marque.

Le second modèle consiste pour les éditeurs à recourir à une plateforme externe pour stocker et distribuer leurs ouvrages numériques. Les revendeurs (comme le site internet de la Fnac par exemple) viennent ensuite brancher leur site sur le catalogue du distributeur. Ces prestataires regroupent de nombreuses maisons d’éditions, offrant ainsi un catalogue important et une meilleure visibilité. C’est le modèle privilégié actuellement par les éditeurs, et les principales plateformes françaises sont Eden Livre, Numilog, Immatériel et Editis.

Certains éditeurs moins nombreux choisissent de monter seul leur propre plateforme de distribution. C’est le cas de la maison d’édition Eyrolles, pionnière en la matière, qui a su se placer très tôt sur le marché du livre numérique et dispose aujourd’hui d’une plateforme très bien référencée. Même si elle travaille aujourd’hui avec le distributeur Immatériel, 80% de ses ventes de titres numériques se font sur son propre site. Cette méthode, si elle a l’avantage de laisser à l’éditeur la propriété totale de ses fichiers, reste toutefois plus difficile à mettre en place en raison de la logistique nécessaire et de la concurrence des géants de la vente en ligne. Les maisons d’éditions à se lancer dans cette aventure sont donc peu nombreuses.

Un autre mode de distribution est celui du bouquet d’abonnement. C’est le modèle des revues scientifiques, mais aussi c’est celui que choisissent certains éditeurs, de livres scientifiques, techniques ou de niches, ou encore le modèle utilisé par certains journaux. Il s’agit de plateformes de distribution où l’on accède à un ensemble de contenus pendant la durée d’un abonnement – cela correspond en fait à une vente de licence. Le principal utilisateur de ce modèle dans le domaine scientifique est Elsevier, qui a par ailleurs créé une polémique sur le coût de la connaissance en raison de tarifs d’abonnements jugés trop élevés par les membres de la communauté scientifique.

Enfin le dernier modèle de distribution est celui du monde libre. Il s’agit principalement d’une distribution non marchande (comme pour Wikipedia, le projet Gutenberg…) dont la seule caractéristique commune est de ne se satisfaire d’aucun autre modèle. Il n’y a pas une plateforme dédiée mais de nombreux moyens de récupérer, transférer et partager les documents : contenus disponibles en téléchargement gratuit, peer-to-peer… De même, les formats sont très variés (du fichier texte au pdf, en passant par des documents Word). Même s’il est très difficile d’évaluer son importance, c’est un modèle très présent dont on peut supposer qu’il continuera à concurrencer les modes de diffusions « officiels » pendant encore longtemps.

2 – L’économie du livre numérique

Malgré un marché du livre globalement en recul, les ventes de livres numériques en France sont en très forte croissance. Il y a eu effectivement une augmentation du volume de vente de 80% en 2012. La croissance est donc très forte, mais au final le marché du livre numérique ne représente que 0,6% du marché du livre global.

Pourtant comme le montre la figure 1 – Equipement des français en matériel permettant la lecture numérique, avec 500 000 liseuses et plus de 5 millions de tablettes les français sont plutôt bien équipés en appareils électroniques permettant la lecture de ces livres numériques. Les réticences des lecteurs français proviennent plutôt d’une offre non suffisante ainsi que d’un prix trop élevé par rapport aux versions papiers. En effet les nouveautés ebooks ont un prix inférieur de seulement 30% par rapport à la version papier, un prix qui n’est pas suffisamment attractif pour séduire les lecteurs hésitant à passer à la lecture numérique. Cependant la baisse de TVA sur le livre numérique, qui rejoint le niveau du livre imprimé en passant à 5% en 2014 va rendre les ebooks plus compétitifs.

Graphique présentant l'évolution du matériel disponible en France pour la lecture de livres numériques

Figure 1 : Equipement des français en matériel permettant la lecture numérique

 

En Europe, le livre numérique a plus de succès qu’en France : au Royaume-Uni les ebooks représentent en 2012 8% du marché du livre, en Allemagne déjà 5% et en Espagne 3%. Mais ce sont les Etats-Unis qui sont les plus dynamiques : les ventes sont en forte croissance et le marché du livre numérique représente en 2012 15% du marché total du livre. L’attrait des américains pour les ebooks peut s’expliquer par un réseau de libraire beaucoup moins dense qu’en France : les lecteurs américains ont plus de difficultés à trouver un exemplaire imprimé de l’ouvrage qu’ils cherchent, et sont ainsi amenés à acheter une version numérique plus facile d’accès.

3 – Les acteurs du marché numérique

Nous allons nous focaliser sur deux types d’acteurs économiques du marché du livre numérique : les vendeurs de livre numériques à proprement parler et les vendeurs de liseuses.

La figure 2 présente les parts de marché des principaux vendeurs de liseuses et de livres numériques au niveau mondial. On remarque la forte  présence d’Apple dans la vente d’ebooks : cela vient du fait qu’un grand nombre de personnes utilisent des iPad pour lire les livres numériques, et passent leurs commandes sur le magasin en ligne d’Apple : iBooks.

Globalement on peut remarquer que les principaux vendeurs d’ebooks sont ceux qui ont choisis comme modèle une chaîne de distribution totalement fermée, tels qu’Amazon et Apple. En effet ces marques sont en position de force sur les marchés respectivement des liseuses et des tablettes, et une fois que les utilisateurs possèdent un de leurs appareils ceux-ci se retrouvent obligés d’acheter sur les magasins en ligne proposés par ces marques.

Graphique présentant les parts de marché des différents acteurs

Figure 2 - Parts de marché des vendeurs de liseuses et d'ebooks

 

Finalement, les modes de distribution sont liés et les parts de marché sont liés. Proposer un modèle de distribution totalement fermé se révèle le plus rentable pour l’entreprise car elle gagne de l’argent au moment de vendre l’appareil électronique mais elle touche également une commission importante (généralement 30%) sur toutes les transactions ultérieures. Cependant pour que le client soit prêt à accepter ce modèle il faut proposer une expérience utilisateur très intuitive et des produits attractifs.

 

Sources

http://lafeuille.blog.lemonde.fr/2010/03/29/les-modeles-de-plateformes-du-livre-numerique/ : Les modèles de plateforme du livre numérique, par Hubert Guillaud

http://www.crossmedias.fr/fr/2013/02/les-problemes-que-soulevent-ledition-numerique-comment-evoluer-innover-et-penser-une-nouvelle-edition/ : Les problèmes que soulèvent l’édition numérique : comment évoluer, innover et penser une nouvelle édition ?  par les étudiants du Master Création et Edition Numériques de l’Université Paris 8

http://fr.wikipedia.org/wiki/Elsevier_%28%C3%A9diteur%29 : présentation de la maison d’édition Elsevier

http://www.xerfi.com/XerfiResearch-Distribution_du_livre_face_au_num%C3%A9rique_2DIS46.awp#.UuE2_7RKHIU : une analyse de la distribution du livre numérique

http://lafeuille.blog.lemonde.fr/2010/09/26/bookcamp3-comprendre-le-role-des-plateformes/ : une article expliquant le rôles des plateformes dans la distribution des livres numériques

http://www.lemonde.fr/economie/article/2013/10/09/livre-numerique-la-fracture-europeenne_3492453_3234.html : article présentant les parts de marché du livre numérique

http://www.actualitte.com/legislation/ebook-croissance-de-100-pour-ibooks-avec-20-du-marche-43069.htm :  article présentant les parts de marché des distributeurs de livres numériques

http://www.gfkrt.com/imperia/md/content/rt-france/cp_gfk_cc_bilan_du_march___du_livre_en_2012.pdf : étude GFK – bilan du marché du livre en 2012

 

Auteurs : Claire Lefeuvre & Félix Lecuyer

 

Encadrant : Didier Lime

 

Licence : Creative Commons - Attribution, Pas d'utilisation commerciale, Partage dans les mêmes conditions

Les technologies des liseuses

 Suite à une étude des formats dans lesquels on pouvait trouver les livres numériques, nous allons nous intéresser dans cet article aux différents appareils existants permettant la lecture de ces livres. Les principaux supports utilisés pour la lecture des livres numériques sont les tablettes, appareils multifonctions, et les liseuses, objets dédiés à la lecture d’ouvrages numérisés.

Comme on peut le lire sur le graphe de la figure 1, la croissance des ventes de tablettes est très forte, beaucoup plus que la croissance des ventes de liseuse. Les tablettes offrent pour un prix de moins en moins élevé toujours plus de fonctionnalités et d’usages, et l’apparition de tablettes au format 7 pouces vient concurrencer les liseuses sur la mobilité de l’appareil.

Graphe des ventes de tablettes et liseuses en france

Figure 1- Ventes de tablettes et de liseuses en France - Source : GfK

Malgré le développement des tablettes, les liseuses ne sont pas à mettre au placard. La lecture fréquente de livres sur les écrans LCD des tablettes peut se révéler fatigant pour le lecteur. Les liseuses proposent elles une technologie d’écran permettant un confort de lecture qui se rapproche de celui de la lecture sur papier et permettant ainsi la lecture de documents avec moins d’efforts : il s’agit de technologie d’encre électronique.

1. La technologie du papier électronique

Contrairement aux tablettes et smartphones, les liseuses n’utilisent pas d’écran LCD, mais une technologie appelée papier électronique. Ces écrans ne sont pas rétro-éclairés : ils offrent donc un plus grand confort de lecture, se comportant comme une vraie feuille de papier, et ne nécessitent aucune énergie pour maintenir le texte ou l’image sur l’écran (seule la mise à jour consomme de l’électricité).

Ce papier est constitué de microcapsules contenant des particules blanches chargées positivement et des particules noires chargées négativement, entourées par deux membranes transparentes contenant des circuits semi conducteurs capables de créer un champ magnétique. Lorsqu’un champ magnétique est appliqué par ces circuits, les particules du signe opposé se déplacent à la surface de la microcapsule et la colorent ainsi en noir ou blanc. Ce procédé, répété sur toute la surface de la page permet de générer une image en noir et blanc, comme montré sur le schéma ci-dessous :

schéma papier électronique

Source : Tosaka, Wikimedia Commons

D’ailleurs en observant de près l’écran d’une liseuse (ici une Kindle 3), on distingue les capsules :

Ecran d'une liseuse

Source : Gijs.noorlander, Wikimedia Commons

Il est possible de définir plusieurs champs électriques pour avoir des niveaux de gris intermédiaires, et en ajoutant des filtres rouges verts et bleus on peut obtenir un affichage en couleur.

2. L’avenir des liseuses

La majorité des liseuses actuellement commercialisées utilisent un écran e-ink noir et blanc. Cependant de nouvelles générations d’écrans ayant les mêmes avantages que l’encre électronique mais associant en plus la couleur sont en cours de développement et commencent même à être commercialisés. Ces nouveaux écrans, grâce à la couleur, permettent d’élargir le champ d’applications des liseuses : il devient plus agréable de lire des bandes dessinées, des magazines ou de surfer sur internet. Tout cela en gardant une autonomie record et un encombrement totalement maitrisé.

Néanmoins cette technologie d’écran couleur ne fait pas encore de l’ombre aux tablettes. La latence de rafraichissement est trop importante pour proposer de lire du contenu vidéo par exemple, et surtout les couleurs sont fades et la palette de couleurs disponibles reste limitée pour le moment. On peut par contre espérer que les évolutions futures amélioreront les performances de ce type d’écrans, et qu’ils deviendront la norme sur les liseuses du futur. Les fabricants ont déjà réussi à améliorer substantiellement le rendu en incluant un éclairage frontal qui permet en plus de de pouvoir utiliser sa liseuse en condition d’éclairage faible.

Le marché des liseuses commençant à être mature et les évolutions technologiques majeures se font rares. Pour se différencier, les constructeurs ajoutent progressivement des fonctionnalités supplémentaires à leurs appareils. Alors que les premiers modèles ne permettaient que de lire les livres sans aucune interaction, les derniers modèles possèdent des écrans tactiles multi-touch, proposent de prendre des annotations, permettent la navigation sur internet ou la lecture de musique.

Conclusion

Actuellement les liseuses, appareils dédiés à une activité bien précise avec une technologie adaptée, cohabitent avec les tablettes qui se veulent beaucoup plus multitâches et destinées au grand public. Cette situation pourra-t-elle survivre à  la démocratisation des tablettes ?

On peut imaginer à l’avenir un rapprochement des deux appareils, grâce au développement de la technique du papier numérique qui permettrait une lecture agréable et économe en énergie tout en autorisant l’utilisation d’un même écran pour différentes applications : lecture, vidéos, jeux…

Pour en savoir plus :

http://www.scaraba.net/creanum3/index.php/revue-des-medias/societe/37-quel-avenir-pour-les-liseuses

Différentes technologies d’écrans sans rétro-éclairage :

http://www.cnetfrance.fr/news/ecrans-sans-retro-eclairage-l-avenir-pour-la-lecture-numerique-39760664.htm

La technologie e-ink :

http://www.eink.com/technology.html

http://le-livre-numerique.fr/comment-ca-marche/lencre-electronique/

http://en.wikipedia.org/wiki/E-ink

http://fr.wikipedia.org/wiki/E-ink

 

http://www.ecranflexible.com/encre-electronique-e-paper

 

 

Auteurs : Claire Lefeuvre & Félix Lecuyer

 

Encadrant : Didier Lime

 

Licence : Creative Commons - Attribution, Pas d'utilisation commerciale, Partage dans les mêmes conditions

 

 

 

 

 

 

 

 

Les formats de livres numériques

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Les livres électroniques sont actuellement lus sur des appareils présentant des caractéristiques de plus en plus diverses. Des liseuses dédiées aux tablettes en passant par les smartphones, tous ces appareils de lecture possèdent leur propre architecture, type et surtout taille d’écran. Il est donc nécessaire d’avoir un format de fichier permettant d’offrir un confort de lecture optimal sur des appareils présentant des caractéristiques très différentes.

Nous nous intéresserons d’abord aux caractéristiques des principaux formats existants pour les livres électroniques. Nous verrons ensuite certains logiciels permettant la lecture ou la manipulation de ces différents formats. Nous reviendrons finalement sur les outils de protections des droits d’auteurs pouvant être utilisés avec les différents formats.

1. Principaux formats de livres électroniques

Les principaux formats de livres électroniques utilisés à l’heure actuelle sont les formats ePub, Kindle, PDF et Mobi. Ce sont les vendeurs de matériel électronique qui choisissent quels formats de livre électronique pourront être utilisés sur leurs appareils.

Un format de livre électronique doit offrir un confort de lecture optimal, avoir le support des éditeurs  pour permettre une diffusion large et enfin pouvoir être utilisé dans le temps. Les critères permettant d’évaluer un format de livre électronique sont donc : pérennité, portabilité, ergonomie de lecture, simplicité d’utilisation. Nous allons comparer sur ces critères les principaux formats utilisés.

  • Pérennité

Lorsque l’on achète un livre papier, il est en général intégré à sa bibliothèque et souvent conservé un grand nombre d’années. L’informatique étant un domaine en perpétuelle évolution, les formats deviennent rapidement obsolètes lorsque de nouvelles technologies sont développées. Pour garantir une pérennité maximale il faudrait utiliser des livres au format ASCII ou RTF (Rich Text Format). Ces formats proposent néanmoins par définition une mise en page faible et n’incluent pas d’images : ils ne peuvent proposer un bon confort de lecture. Ces formats ne sont donc pas envisageables pour la plupart des ouvrages.

  • Portabilité

Un livre électronique ne devrait pas être lié à un appareil donné et devrait dans l’idéal pouvoir s’échanger aussi facilement qu’un livre papier. Le format PDF (Portable Document Format), très utilisé dans l’échange de documents informatiques semble parfaitement répondre ces critères. Ce format était d’ailleurs très utilisé au début des livres électroniques, lorsque ceux-ci étaient principalement lus sur ordinateur. L’avantage est que le formatage est strictement préservé, quel que soit l’appareil utilisé.

Ce format a cependant trouvé ses limites avec le développement de la lecture sur appareils de petite taille : la mise en page ne s’adapte pas à la taille de l’écran. Ceci oblige le lecteur à zoomer et naviguer dans la page, ce qui réduit considérablement le confort de lecture.

  • Confort de lecture

En 2007 le format ePub a été développé pour dépasser les limitations des formats existants. Issu du web (basé sur les technologies XHTML et CSS) c’est un format ouvert qui permet d’ajuster la mise en page du contenu en fonction de l’appareil. Un livre électronique au format ePub propose donc un confort de lecture optimal, quel que soit l’appareil utilisé.

Un grand nombre de constructeurs d’appareils électroniques ont décidé de prendre en charge ce format, ce qui a permis sa large adoption. Il est notamment supporté par les tablettes Apple, Sony, Barnes & Noble, Nook. Cependant la génération d’un fichier au format ePub peut s’avérer complexe.

  • Simplicité d’utilisation

Amazon, acteur incontournable du livre électronique notamment grâce à sa très répandue liseuse Kindle, ne permet pas de lire les livres au format ePub. L’entreprise a en effet développé son propre format de livre électronique : le format Kindle (.azw). Il s’agit d’un format propriétaire, qui permet notamment à Amazon de faciliter sa gestion des DRM et de maintenir captif ses clients dans son écosystème applicatif et matériel.

Le modèle d’Amazon est en effet un modèle à intégration vertical : l’entreprise propose tous les services à l’intérieur de son écosystème : un magasin de contenu, d’applications et différentes tablettes pour utiliser ces services. Cette intégration facilite la vie de l’utilisateur, mais il va être obligé d’utiliser ces services et ne pourra récupérer ses livres achetés s’il change de matériel de lecture.

Finalement il n’existe pas de format parfait, satisfaisant toutes les attentes de l’ensemble des acteurs. C’est pourquoi il existe une diversité de formats. Cependant l’initiative ePub, en tant que format libre est louable, et l’on peut espérer que ce format va être de plus en plus utilisé.

2. Conversion et manipulation des livres électroniques

Pour contrer le cloisonnement imposé par certains formats et permettre l’interopérabilité des ebooks, il existe des logiciels permettant de convertir les fichiers d’un format à un autre. Notamment Calibre qui est gratuit et multi-plateformeCalibre, ou Sigil. Ces outils permettent notamment de transformer un ePub en AZW, ou de transformer un PDF en ePub. Néanmoins certains outils de gestion de droits d’auteurs empêchent la conversion de format.

Il existe également un grand nombre de moyens de lire les différents formats sur un grand nombre de supports. Pour lire des livres dans son navigateur il existe notamment ePub Reader pour Firefox ou Readium pour Chrome. Sur Android et iOS il existe également un grand nombre d’application permettant de lire l’ensemble des formats.

3. La gestion des droits d’auteur

Les DRM (Digital Rights Management, en Français Gestion des Droit Numériques) sont des mesures appliquées aux documents électroniques pour protéger les droits commerciaux et intellectuels des ayants-droits de l’œuvre en restreignant certaines possibilités pour le possesseur du fichier. Ils peuvent limiter le nombre de copies, limiter la lecture à certains appareils ou à une zone géographique… Techniquement, il s’agit de données ou de petits programmes ajoutés au fichier acheté par l’utilisateur.

Il existe 3 principaux types de DRM utilisés pour les livres numériques :

  • Amazon verrouille les livres numériques qu’il vend en les transformant en fichiers au format .azw, les rendant ainsi illisibles sur toutes les liseuses autre que les Kindle (sa propre marque de liseuses)
  • Les fichiers verrouillés avec le système Adobe (ePub et PDF), utilisé également par d’autres éditeurs et distributeurs comme la Fnac, ne sont lisibles que sur les tablettes dont compatibles (c’est-à-dire dont les constructeurs ont payé une licence à Adobe)
  • Le DRM d’Apple, appelé Fairplay, s’applique aux livres au format ePub et limite leur lecture aux plateformes d’Apple (iPad, iPhone).

Au départ conçu comme un lien juridique entre le propriétaire de l’œuvre, l’objet numérique, et l’utilisateur visant à protéger le droit d’auteur, les DRM ont évolué en une technique commerciale incontournable. En effet, ils limitent souvent la lecture aux plateformes d’un constructeur, et son incompatibles entre eux. L’utilisateur qui veut se construire une bibliothèque numérique doit donc jongler entre différentes limitations, ou se limiter à un seul éditeur et un seul type de liseuse, ce qui est bien évidemment le but recherché par les propriétaires des DRM en question.

De plus, le pouvoir du propriétaire sur les fichiers soumis à ses DRM peut soulever certaines questions quant à la pérennité des fichiers. En effet, rien ne garantit que la technologie permettant de lire ces livres sera toujours présentes dans quelques décennies, et pendant ce temps ils sont à la merci de l’éditeur. Cela a pu se vérifier en 2009, lorsqu’Amazon a supprimé par erreur tous les exemplaires de 1984 présents sur les tablettes Kindle. L’entreprise s’est ensuite excusée et a remboursé les utilisateurs ayant acheté le livre, mais cela prouve la vulnérabilité des fichiers, même achetés et utilisés légalement.

C’est pourquoi les livres électroniques vendus sans DRM sont de plus en plus populaires. Des techniques alternatives telles que le tatouage numérique (des informations sur l’acheteur du fichier sont stockées de manière invisible) sont développées pour améliorer la traçabilité sans enfermer l’utilisateur dans un format ou une plateforme. Une avancée pour ces formats libres aurait pu être effectuée lors du vote d’un amendement au Projet de Loi Finance 2014, qui appliquait une TVA plus élevée sur les livres numériques pourvus de DRM car ils ne sont pas des livres, mais de simples licences d’utilisation, l’utilisateur n’étant pas propriétaire du contenu. Cet amendement, bien que voté, a cependant été supprimé lors d’un deuxième vote à l’initiative du gouvernement.

Pour en savoir plus :

- Les formats des livres numériques :

http://lesoufflenumerique.com/2013/06/06/les-formats-du-livre-numerique/

http://www.edudemic.com/most-popular-ebook-formats/

http://socialcompare.com/fr/comparison/comparison-of-e-book-formats-for-ereaders

 

- Les DRM :

http://www.quechoisir.org/telecom-multimedia/informatique/decryptage-livres-electroniques-decryptage : description des différents types de formats et des DRM

https://n.survol.fr/n/formats-de-livres-numeriques-avec-drm : tableau décrivant de nombreux types de DRM, leurs éditeurs et les formats associés

http://bbf.enssib.fr/consulter/bbf-2011-03-0036-007 : historique du livre électronique, des formats et DRM utilisés, par Alain Jacquesson

http://en.wikipedia.org/wiki/Digital_rights_management#DRM_and_e-books : DRM pour les livres numériques

https://www.april.org/livre-numerique-pas-de-tva-differente-selon-la-presence-ou-non-de-drm : annulation de l’amendement sur les livres numériques protégés par DRM

 

Auteurs : Claire Lefeuvre & Félix Lecuyer

Encadrant : Didier Lime

Licence : Creative Commons - Attribution, Pas d'utilisation commerciale, Partage dans les mêmes conditions

 

Histoire du livre numérique

Comme promis dans notre introduction, nous allons commencer par un historique du livre numérique, de ses débuts à aujourd’hui.

I Les débuts

Bien que les livres électroniques ne se soient vraiment répandus que ces dernières années, les premiers projets de numérisation d’œuvres littéraires remontent à il y a un peu plus de 40 ans, avec notamment le projet Gutenberg.  Depuis 1971, ce projet créé par l’américain Michael Hart se donne pour but de mettre à disposition de tous le plus grand nombre d’œuvres possibles. D’abord limité aux œuvres libres de droits anglophones, il propose aujourd’hui plus de 40 000 livres téléchargeables gratuitement, dans plusieurs langues et en divers formats compatibles avec les différentes liseuses du marché.

Cependant, les livres numérisés ne sont à l’époque lisibles que sur ordinateur, les toutes premières liseuses n’apparaissant qu’en 1992, avec le Bookman de Sony. Cette machine de 18cm sur 15, pour 5cm d’épaisseur, permettait de lire sur un écran de 4,5’’ des documents stockés sur des disquettes spéciales. La faible résolution de l’écran, l’autonomie insuffisante et son prix élevé (900$) ont fait qu’elle n’a pas vraiment rencontré de succès. Vous pouvez tout de même voir une démonstration de son fonctionnement ici : http://www.youtube.com/watch?v=opDD0rS5ats .

En parallèle, dans les années 1990 se développent divers services liés aux livres numériques : les éditeurs commencent à proposer quelques un de leurs produits en version numériques, pendant que des maisons d’édition entièrement dédiées aux livres numériques commencent à apparaître. Pour la littérature francophone, Editel en 1995, et Cylibris en 1996 sont les premiers à se lancer sur le marché.

En plus des éditeurs, les bibliothèques commencent également à prendre conscience de l’importance de l’arrivée du numériques dans le domaine du livre et de la littérature. Elles développent des pages web permettant d’accéder à leur catalogue, et certaines vont plus loin en numérisant une partie de leur documents afin de faciliter l’accès à des œuvres qui peuvent être trop rares ou trop fragiles pour être facilement consultées par le public. Ainsi le projet Gallica lancé en 1997 par la Bibliothèque nationale de France, vise à « constituer une bibliothèque encyclopédique et raisonnée, représentative des grands auteurs français et des courants de recherche et de réflexion par delà les siècles »[1]. Il contient aujourd’hui plus d’un million de documents sous formes d’images et de textes, dont un grand nombre de pièces historiques.

II L’ouverture progressive au grand public

Si la première liseuse de Sony n’a pas eu de succès fulgurant, vers les années 2000 de nouveaux appareils dédiés à la lecture des livres électroniques commencent à apparaître. Grâce aux progrès technologiques, ces appareils et donc le livre électronique vont gagner en mobilité, et obtenir ainsi un des atouts majeurs du livre classique : pouvoir l’emmener partout avec nous. Par exemple, le Rocket eBook, créé en partenariat avec la chaine de librairie Barnes & Nobles. Ces premières tablettes sont de la taille d’un gros livre : elles pèsent entre 700 grammes et 2 kilos. Du fait de leur capacité de stockage limitée à une dizaine de livres seulement, et de leur écran LCD peu adapté à la lecture, ces tablettes n’auront pas de succès important.

source : http://wiki.mobileread.com

Rocket ebook (source : http://wiki.mobileread.com)

Avec le développement du livre électronique et l’augmentation du nombre d’auteurs diffusés de cette manière se pose la question du droit d’auteur sur internet. En effet les licences de droits d’auteurs existantes sont très restrictives et peu adaptées à un usage internet, notamment dans les pays anglo-saxons. C’est pourquoi en 2001 sont créées les licences Creative Commons qui permettent la diffusion des œuvres et la réutilisation par le public tout en encadrant l’exploitation commerciale et en protégeant les auteurs. Ces licences posent les bases d’une diffusion plus adaptée aux capacités de partage de l’information et des œuvres qu’offrent internet et le web.

logo creative commons

III La démocratisation

A partir de 2003 le livre électronique se démocratise : un nombre significatif de versions numériques de livres sont vendus sur plusieurs plateformes, telles que Amazon.com, Yahoo! eBook store, Barnes & Nobles. Les acteurs proposant des solutions pour lire ces livres se multiplient, et avec eux le nombre de formats de fichier différents adaptés au livre électronique voient le jour : notamment le format PDF d’Adobe Reader, le format LIT pour le logiciel Microsoft Reader ou le format Mobipocket Reader pour les premiers appareils mobiles. Pour éviter que le consommateur final ne se perde face à la prolifération du nombre de formats et pour faciliter l’interopérabilité, un format standard est créé : l’open ebook, qui deviendra ensuite le format epub, qui est maintenant un des formats les plus répandus. Ce format est prévu pour gérer les DRM (Digital Rights Management) afin d’assurer aux distributeurs le respect des droits d’auteur de la part du consommateur.

Depuis 2004, en parallèle de projets tels que Gallica, les géants de l’internet s’intéressent progressivement au potentiel présenté par la numérisation des livres présents dans les bibliothèques. Google  crée le programme Google Print, qui consiste d’abord à proposer des extraits de livres à la lecture puis l’achat de ces livres auprès d’une librairie en ligne. Rapidement Google Print se transforme en Google Books, avec un nouvel objectif : la numérisation des livres libres de droits présents dans les fonds des grandes bibliothèques. Ces livres sont ensuite consultables et téléchargeables.

A partir de 2006, de nombreux appareils viennent enrichir le marché des liseuses. On peut citer le Kindle d’Amazon, le PocketBook de l’entreprise du même nom, le Sony Reader, ou encore la Kobo de la Fnac. Toutes ces liseuses connaissent de nombreuses versions successives qui ajoutent à chaque fois de nouvelles fonctionnalités afin de convaincre un consommateur encore réticent à investir dans cette technologie. On assiste ainsi à l’apparition de l’encre électronique, qui fatigue moins les yeux qu’un écran rétro-éclairé, de claviers pour effectuer facilement des recherches, de connexions wifi ou 3G, de l’affichage en couleurs…

Depuis 2011 les ventes augmentent plus nettement, mais les liseuses sont maintenant en concurrence avec tous les autres appareils mobiles permettant de télécharger des fichiers et de les lire n’importe où : smartphones, tablettes, etc. Il faudra donc attendre encore quelques temps pour voir si la spécificité des liseuses résiste à l’omnipotence des derniers nés de la technologie mobile.

 

Pour en savoir plus :

Une histoire détaillée du livre numérique, par Marie Lebert : http://www.etudes-francaises.net/dossiers/ebookFR.pdf

Lien vers le Rapport 2013 sur le livre numérique dans le monde, établi par Rüdiger Wischenbart Content and Consulting (attention le téléchargement n’est gratuit que jusqu’à la fin du mois d’octobre ! ) : http://numericabooks.com/2013/10/02/global-ebook-le-rapport-2013-sur-le-livre-numerique-dans-le-monde/

 

Auteurs : Claire Lefeuvre & Félix Lecuyer

Encadrant : Didier Lime

Licence : Creative Commons - Attribution, Pas d'utilisation commerciale, Partage dans les mêmes conditions

 

Le livre numérique : présentation

Depuis 2008, le livre numérique fait de plus en plus parler de lui. Confidentiel à ses débuts, il est aujourd’hui adopté par de nombreux lecteurs qui disposent d’une offre très variée, tant pour les contenus que pour les supports. Cette évolution, en phase avec la numérisation de l’ensemble des informations, risque de bouleverser les mœurs.

Rappelons d’abord la définition du livre électronique selon le journal officiel

“Ouvrage édité et diffusé sous forme numérique, destiné à être lu sur un écran”.

Notre problématique pour ce sujet très vaste consistera à couvrir les principaux aspects de cette technologie afin de l’appréhender dans sa globalité : en partant d’un historique, nous étudierons d’un point de vue technique les différentes solutions existantes pour la lecture de livres électroniques, mais aussi le marché du livre électronique par ses acteurs ainsi que les différents modes de distribution.

Le plan que nous envisageons est le suivant :

-   Historique et évolutions
-   Matériel et technologies utilisées
-   Économie du livre numérique

Avec bien sûr des modifications possibles selon nos découvertes et les éventuelles évolutions du secteur. Nous vous donnons rendez-vous le 25 Octobre pour notre premier article, et nous vous souhaitons une bonne lecture!

Ce projet est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution-NonCommercial-ShareAlike 3.0 Unported License, par Claire Lefeuvre et Félix Lecuyer