edX

Dans le billet précédent, nous avions abordé l’utilisation de diverses plateformes d’apprentissage en ligne du point de vue des apprenants.

Dans un premier temps nous voulions installer la plateforme edX sur nos ordinateurs car son code est disponible en OpenSource. Cependant, les nombreuses complications auxquelles nous avons été confrontées à l’installation nous ont conduit à abandonner cette idée. Nous nous sommes donc réorientés vers les deux outils hébergés sur edX.org : Studio et Edge. Précisons que ce sont des outils entièrement en anglais à l’heure actuelle.

Studio est la plateforme de création du cours alors que Edge permet de gérer les différents cours (pour l’enseignant) et c’est également la partie du site où les étudiants s’inscrivent aux cours. La plateforme étant en constante évolution, les éléments que nous présentons ici sont sujets à modification.

Inscription

Il faut d’abord créer son compte sur Edge puis sur Studio. Il faut également soit demander à edX une autorisation de créer un cours depuis la page d’accueil des cours soit être ajouté en tant que collaborateur sur un cours existant. En effet, la plateforme permet de travailler à plusieurs sur la conception d’un cours.

Créer un cours

Il est ensuite très facile de créer un cours, il suffit de renseigner le nom du cours et le nom de l’organisation à laquelle vous appartenez. Cela ajoute le cours sur Edge qui est alors disponible pour les étudiants mais il reste à le remplir !

edX vous propose ensuite de suivre une “checklist” qui rappelle les étapes principales pour bien démarrer telles que :

  • Ajouter des collaborateurs à votre cours
  • Définir la période pendant laquelle le cours sera ouvert
  • Choisir le mode d’inscription et d’évaluation du cours
  • Rédiger une description accrocheuse pour attirer les étudiants (texte, image, vidéo)
  • Indiquer la difficulté du cours et les éventuels prérequis pour suivre correctement

Vous allez ainsi, à la manière de WordPress, concevoir votre cours et vous pouvez le prévisualiser à tout moment sous Edge.

Structurer le cours

Un cours est décomposé en sections, sous-sections (subsections), unités (units) et composants (components). En cours de création, vous pouvez restreindre l’accès au cours en définissant la visibilité de chaque unité (privée ou publique).

Le composant est la brique de base d’un cours, il en existe 4 types

La page HTML

C’est l’élément le plus utilisé car il permet d’introduire du texte, des images ou des liens. Cela ouvre un éditeur HTML classique avec des outils d’édition de base.

La discussion entre élèves

Toutes les discussions créées sont rassemblées dont l’onglet des discussions. Pour créer ce composant, c’est très simple, il suffit de rattacher la discussion à une catégorie et à une sous-catégorie puis de donner l’intitulé de la question.

L’outil de gestion des discussions permet ensuite de suivre certaines discussions, d’identifier les contenus qui ont été signalés par la communauté d’étudiants et de faire des recherches par mot-clé.

Un problème à résoudre

Le choix entre les différents types de problèmes est plutôt bien diversifié : Questions à choix multiples, Cases à cocher, Formulaire numérique ou littéral, etc.

Pour chaque problème, il est possible de définir le nombre de tentatives et le nombre de points à attribuer pour la question. On peut également saisir une explication de la réponse.

Et si cela ne vous suffit pas, il existe également des outils de création de problèmes plus complexes pour gérer des images, des réponses longues, des expressions mathématiques… tout est possible !

Une vidéo

Le lecteur de vidéo edX supporte les formats MP4, Ogg et MPEG. Ces vidéos doivent préalablement être mises en ligne sur YouTube et il est recommandé de fournir également un lien de secours si YouTube n’est pas accessible. Il ne reste alors plus qu’à fournir l’identifiant YouTube de la vidéo.

Lorsque vous avez terminé, il ne vous reste plus qu’à faire la promotion de votre cours et ajouter un message de bienvenue !

Pendant le cours

Pour interagir avec les étudiants, 4 outils de communication peuvent être utilisés :

  • Le mail
  • Les annonces sur la page d’accueil
  • Le forum de discussion
  • Le wiki

Et après ?

Lorsque un étudiant a terminé un cours, il reçoit un certificat permettant de prouver qu’il a effectivement suivi le cours dans son intégralité.

Aller plus loin

edX fournit un support assez complet pour la création des cours. Le cours que nous avons suivi (edX 101 – How to create an edX Course) propose également tout un tas de conseils notamment pour la rédaction d’exercices ou pour la réalisation de vidéos.

Sources (consultées entre le 16 et le 22 novembre 2013)

1. https://edge.edx.org/courses/edX/edX101/How_to_Create_an_edX_Course/

2. https://studio.edge.edx.org

3. http://code.edx.org/

4. http://edx.readthedocs.org/projects/ca/en/latest/

 Licence Creative Commons

Projet de veille technologique 2013 – Les outils de création d’un cours en ligne de http://veille-techno.blogs.ec-nantes.fr/ est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution – Pas d’Utilisation Commerciale – Pas de Modification 3.0 non transposé par Florent Godard et François Neber.

Présentation des cours en ligne “MIT OpenCourseWare” et “edx”

Suite à l’historique sur les cours en ligne, nous allons par la suite vous présenter en détails les principaux acteurs, leur fonctionnement et leur contenu en ligne, dans le domaine de l’informatique.

MIT OpenCourseWare

Présentation générale

Site web

Pour le dire simplement, MIT OpenCourseWare (OCW) correspond au Serveur Pédagogique ++ avec libre accès (aucune identification n’est requise).

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Page d’accueil du site web de MIT OpenCourseWare

Il donne accès à l’ensemble des cours dispensés au MIT, soit par les vidéos des cours magistraux filmés, soit par les supports de présentation (en pdf).

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Liste des cours disponibles en informatique

A cela, s’ajoutent les exercices donnés par l’enseignant (avec correction ou non) et même les sujets et corrections des partiels des années précédentes.

La liste des cours disponibles est extrêmement développée et plusieurs niveaux de difficulté existent (“Introduction” et “Advanced”): Algorithmique et Programmation (Java, C, C++, Python), Architecture Système, Intelligence Artificielle, Bio-informatique, Systèmes de Bases de Données, Réseaux, Parallélisme, Cryptographie, SIG…

Un exemple : le cours sur les systèmes d’exploitation

Nous allons maintenant présenter un cas concret : le cours sur les systèmes d’exploitation, de niveau “Graduate“.

Chaque enseignement fait l’objet d’une page d’introduction, présentant les documents disponibles (supports écrits et/ou vidéo, exercices, partiels), les versions en langue(s) autre(s) que l’anglais, le descriptif de l’enseignement, etc.

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Introduction au cours sur les systèmes d’exploitation

Dans l’onglet “Lectures Notes”, l’onglet principal, on retrouve le support écrit pour chaque séance de cours magistral, en PDF.

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Support écrit pour chaque cours

D’un enseignement à l’autre, le format des supports écrits varient. Dans le cas du cours sur les systèmes d’exploitation, nous avons accès aux notes de l’enseignant.

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Une page des notes sur le cours des systèmes d’exploitation

D’un cours à l’autre le format des notes varient : parfois, elles sont l’équivalent d’un chapitre d’un polycopié typique du cursus ingénieur à l’ECN ; mais d’autres fois, comme pour le cours sur “UNIX”, elles sont très arides et donc peu, voire pas, utilisables pour des personnes n’ayant pas assistées physiquement au cours magistral.

Pour vous rassurer, d’autres enseignement proposent des supports bien plus lisibles, par exemple pour le cours sur le langage SQL.

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Les notes du cours sur le langage SQL

Bilan

MIT OpenCourseWare est un site internet d’une richesse exceptionnelle, proposant un contenu de grande qualité en grande quantité, le tout au travers d’un site internet très bien pensé et simple de navigation.

Le véritable point noir réside dans la variabilité de la qualité des supports disponibles.

Enfin, ce service n’est pas à proprement parlé un MOOC (cours en ligne massivement multi-apprenant) puisqu’il se “limite” (notez les guillemets) à rapporter les documents issus des cours “classiques” (en chair et en os) dispensés sur le campus du MIT. Il n’y a donc pas de véritable interaction entre les créateurs de contenus (enseignants) et les internautes. Les documents, exercices, examens et corrigés sont disponibles en ligne ; c’est à l’utilisateur de s’imposer sa propre rigueur pour poursuivre un cours.

Dans le même ordre d’idée, il n’y a pas de certificat ou de diplôme attribué aux personnes ayant suivi et fini un cours disponible en ligne..

edX

Site web

Présentation générale

Devant la demande croissante de cours en ligne, le MIT a étendu son offre OpenCourseWare par la mise en place d’un véritable MOOC, MITx. Très vite, Harvard a rejoint le MIT et les deux ont formé le service edX.

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Page d’accueil du site edX

Ce site propose de suivre de véritables cours en ligne massivement multi-apprenant gratuitement (inscription néanmoins nécessaire) au contenu adapté à la forme numérique des enseignement.

Chaque enseignement proposé a une date de début et date de fin, un nombre d’heures de travail hebdomadaire estimées et éventuellement des pré-requis nécessaires.

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Informations disponibles sur un cours

La liste des cours disponibles est relativement limitée à l’heure actuelle (9) dont deux sur “L’informatique et la programmation” et deux autres sur les “Softwares as a Service (SaaS)”.

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L’ensemble des cours disponibles sur edX

Un exemple : le cours d’informatique et programmation

Regardons à quoi ressemble le cours d’introduction à l’informatique et à la programmation en Python proposé par le MIT.

Une fois inscrit au cours, nous avons accès au contenu intéressant. Celui-ci se compose en sessions de cours magistraux sous forme de vidéos d’une dizaine de minutes chacune.

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Page principale du cours d’introduction à l’informatique

Chaque vidéo est accompagnée de QCM ou exercices contribuant (faiblement) à la note finale.

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Exemple de QCM

Trois partiels sont également prévus à des dates fixées, d’une durée de 3 heures. Entre la mise en ligne du sujet et la fermeture de l’envoi des travaux, s’écoulent 4 jours afin de laisser à tous la possibilité de trouver une plage horaire de 3 heures pour réaliser leur examen. Tout se fait en ligne, sur le site de edX.

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Exemple de partiel

La correction des partiels ainsi que des différents exercices est mise en ligne régulièrement (une fois les dates de fin de remises des travaux passées, évidemment). Il est donc possible, et même conseillé, de prendre connaissance de ses résultats et de ses erreurs éventuelles.

Chaque cours dispose d’un wiki sur lequel son renseignés les questions les plus récurrentes ainsi que les points essentiels. Le polycopié du cours est également disponible en ligne.

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Sommaire du polycopié du cours

Il existe également un forum sur lequel les personnes suivant leur cours peuvent poster afin de se poser des questions.

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Forum lié au cours

Enfin, il est également possible de suivre sa progression semaine par semaine, tout au long du cours, afin de voir ses résultats, les exercices disponibles que nous n’aurions pas encore faits, etc.

A la fin du cours, un certificat de réussite au cours sera remis (tant est si bien que l’on obtienne une moyenne de notes supérieures à un seuil précisé à l’inscription, ici “C”).

Bilan

Contrairement à MIT OCW, edX est un véritable MOOC offrant des cours en ligne dans une forme adaptée au format numérique et offrant un réel échange, ou aller-retour, entre l’enseignant et les internautes étudiants.

Certains cours, comme celui d’introduction à la programmation en Python du MIT, sont exclusivement disponibles en ligne. Mais d’autres, comme celui d’Harvard sur l’informatique, sont également suivis physiquement par des étudiants : les vidéos des cours sont donc filmées lors de ces amphis.

De plus, la validation d’un cours suivi sur le service edX permet l’obtention d’un certificat officiel et donc d’une reconnaissance académique du travail fourni.

C’est donc là que réside tout l’intérêt de suivre de tels cours : en plus d’imposer des dates limites de rendus des exercices et partiels, l’obtention d’un certificat reconnu pousse au sérieux et au travail régulier.

Conclusion

Nous venons donc de présenter deux des principaux services de cours en ligne, tous deux initialement lancés par le MIT, mais dont le fonctionnement et l’état d’esprit sont singulièrement différents :

  • OpenCourseWare semble plus enclin à attirer des personnes curieuses et souhaitant à titre purement personnel se renseigner sur un sujet particulier, sans aucune contrainte (date de rendu de travaux, etc) ;
  • A l’opposé, edX, dont le contenu est bien plus limité, ravira vraisemblablement les personnes plus pragmatiques puisqu’il permet l’obtention d’un certificat une fois l’enseignement validé.

La prochaine fois, nous poursuivrons notre travail par la présentation d’autres MOOC !

Licence Creative Commons

Licence Creative Commons
Cette œuvre est mise à disposition selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution – Partage dans les Mêmes Conditions 3.0 non transposé.

Auteurs : Jonathan Cozzo et Patrick Rannou

Quelles sont les différents types de plates-formes de MOOC et comment choisir celle qui nous convient ?

Le développement des MOOC, initié par les différents facteurs évoqués lors de notre précédent article, est à la fois soutenu et alimenté par les nombreuses possibilités techniques offertes à tous ceux qui souhaitent diffuser leur cours en ligne. Effectivement, l’aspect communautaire lié au MOOC a poussé au lancement de nombreux outils de création, de mise en ligne et de gestion des MOOC, tous plus ou moins destinés à faciliter le partage des cours. Des outils simples et performants étant ce qu’il y a de plus efficace pour aider un enseignant à se lancer. Il existe donc non seulement des plates-formes lancées développées par de grandes universités qui se chargent de les maintenir et de fournir le contenu, mais on peut également trouver des outils open source que l’on peut employer uniquement pour la publication sans forcément avoir l’âme d’un développeur. Aussi, le choix d’un utilisateur pour tel ou tel outil se fera non seulement en fonction de ses connaissances, mais aussi de ses objectifs car selon le type de contenu, un outil sera plus ou moins adapté. Nous allons tenter dans cet article de saisir les différences entre ces outils et de dresser des critères permettent d’évaluer les performances des plates-formes en fonction de leur orientation.

Si nous voulons définir les différentes technologies utilisées pour mettre en place les MOOC, il faut commencer par redéfinir la différence entre xMOOC et cMOOC. Cette différence est assez simple le cMOOC est un MOOC collaboratif dans le sens selon lequel le contenu lui même est généré par les utilisateurs. Dans le cas d’un xMOOC le contenu est principalement mis en ligne par les professeurs. Évidement dans le cas d’un cMOOC la plate-forme se doit bien plus user-friendly pour permettre l’édition par des utilisateurs qui ne sont pas forcement familiers avec la programmation. IL ne faut surtout pas dans ce cas que l’informatique soit un obstacle à la mise en place de contenu sur le MOOC.

Il est impossible de réaliser une étude des MOOC sans aborder le point des plates-formes MOOC. Dans cette partie nous réaliserons un comparatif des différentes plates-formes et des technologies utilisées dans le cadre de la mise en place d’un MOOC.

EDX est une plate-forme de MOOC incontournable. C’est également l’une des première plate-forme de MOOC créée, lancée en mai 2012 par université américaine de Harvard et le Massachusetts Institute of Technology. EDX résulte de l’expérience de ces deux établissements qui offraient déjà du contenu pédagogique en ligne. Le but d’EDX est évidement d’aller plus loin que le simple cours en ligne et de proposer également des présentations vidéos, des quiz, des labos en ligne, et bien sûr des échanges étudiants-étudiant et étudiant-équipe pédagogique. EDX a une véritable fonction de centralisation des connaissances car le but d’Harvard et du MIT est également que d’autres universités se joignent à eux pour faire vivre cette plate-forme. Pour favoriser l’accessibilité et permettre l’amélioration continue de la plate-forme, EDX est publiée en tant que logiciel open-source. Cette technologie a un double but, premièrement naturellement la diffusion de façon multi-aprenante de connaissances sur le web mais également d’observer la façon dont les élèves apprennent et comment les technologies peuvent constituer un outil d’enseignement efficace.
EDX

Google course builder est un incontournable du MOOC. Google, le géant du web, a décidé en juillet dernier de se lancer dans la création d’une plate-forme MOOC. Google course builder est donc un projet open-source de Google, il se gère donc dans l’environnement de développement d’application Google App. Il s’agit d’un projet qui se veut en amélioration constante par les utilisateurs eux même avec le code géré sur Google Code même. Cette plate-forme demande donc plus de connaissances que EDX. Google préconise des connaissance en HTML et en CSS ainsi qu’en Python. Cependant cette solution est bien documenté et permet à un utilisateur d’utiliser ce système sans pour autant être un expert en programmation, à condition de ne pas être effrayé par utilisation de la ligne de commande. Course builder demande également un minimum de connaissance en fonctionnement d’un serveur. La grande différence entre EDX et Google course builder est finalement le contenu puisque que la plate-forme de google est là pour la mise en place d’un MOOC mais ne regroupe pas le contenu de ces différents MOOC au même endroit.
Google course builder

Class2go est la plate-forme de MOOC créée par l’université de Stanford elle correspond à un système de gestion de contenu, sa spécificité est de proposer une gestion des projets de groupes.
Class 2 Go

Cousera correspond à une base de données de cours en ligne gratuits, sur inscription avec un contenu extrêmement riche. Créée en avril 2012, Cousera compte aujourd’hui une quinzaine d’universités partenaires et propose plus de 200 cours. Coursera propose même un système de tutorat avec des professeurs qui peuvent même délivrer des attestations de réussite aux étudiants du MOOC.
Coursera

Udacity est une plate-forme de MOOC créée par Sebastian Thrun, professeur à Stanford, en avril 2012. Udacity n’en n’est qu’à ses début et propose un contenu assez limité. La particularité de cette plate-forme est de ne pas être liée à une université.
Udacity

La fondation wikipedia a également lancé sa propre plate-forme qui fonctionne selon le même principe que la fameuse encyclopédie collaborative. Sur ce site, tous les utilisateurs sont libres de publier des cours dans différents domaines, classés par “Universités” (selon le domaine d’étude). Comme pour wikipedia, le contenu se diversifie, s’enrichit et s’affine à mesure que les utilisateurs le consultent et le corrigent, un système de classement permet de définir si un cours et prêt à être suivi par un néophyte ou s’il nécessite soit des connaissances de base, soit une relecture et un enrichissement préalable (on parle alors d’ébauche). Ce système fait de la wikiversité une plate-forme d’apprentissage entièrement gérée par les utilisateurs pour les utilisateurs qu’il s’agisse de professeurs ou étudiants, la disctinction n’étant pas nécessaire.
Wikiversité

On constate donc un florissement des outils de création et gestion de MOOC sur internet, tous plus ou moins adaptés à tel ou tel type de cours. Avant de faire son choix pour telle ou telle plate-forme, il est donc nécessaire de se questionner sur ses objectifs et capacités lors du lancement d’un MOOC. On pourra soit profiter la plate-forme de son université si l’on est étudiant ou professeur ; dans ce cas on trouvera sans doute un outil plus adapté au partage auprès de ses étudiants/camarades. En revanche, si l’on souhaite partager un cours en “free-lance” on s’orientera vers des outils plutôt libres et ouverts au sein desquels on trouvera une communauté pour nous appuyer soit dans le développement de l’outil en lui même, soit sur le contenu. La wikiversité sera adapté si l’on souhaite travailler uniquement sur le contenu tandis que Google course builder sera plus orienté pour les utilisateurs intéressés par la personnalisation de sa plate-forme au prix d’un peu de travail de développement. Bien sûr le choix peut également être orienté par d’autres paramètres ou tout simplement s’appuyer sur une appréciation plus abstraite d’une plate-forme, l’important étant d’être suffisamment à l’aise pour ne pas perdre en contenu ce que l’on dépense en création.

Dans un prochain article, nous nous concentrerons sur une autre plate-forme spécifique : ITYPA, première plate-forme francophone de MOOC qui se développe rapidement sur internet

Historique des cours massivement multi-apprenants

Pourquoi des cours en ligne dans le domaine de l’informatique ?

L’informatique est un outil utilisé quotidiennement par chacun, à des niveaux différents. L’émergence des ordinateurs est relativement récente et, de fait, aucun véritable cursus scolaire intégrant l’enseignement de ces machines et de leur fonctionnement n’existe dans l’enseignement primaire. L’apprentissage se fait donc majoritairement suivant l’intérêt personnel de chacun : un parent, des livres, ou plus souvent des sites internet.

On constate donc une hétérogénéité grandissante parmi les étudiants concernant leurs connaissances en informatique, et notamment en langage de programmation. Il devient donc peu à peu nécessaire d’offrir aux étudiants dans le secondaire la possibilité de renforcer (ou simplement prolonger) leurs connaissances, voire de combler des lacunes par rapport à d’autres étudiants qui auraient investi un temps personnel non négligeable de formation dans ce domaine. Pour se faire, il semble intéressant de leur proposer une série de cours en ligne, présentant une structure et une évolution claires et progressives, plutôt que de les laisser seuls dans la nature et se débrouiller par eux-mêmes !

C’est à long terme, la volonté de l’École Centrale de Nantes qui souhaiterait proposer des cours en ligne de remise à niveau en informatique, disponibles lors du premier semestre d’étude, avant le début des cours d’algorithmique et programmation du second semestre.

Afin de mettre en place ces cours en ligne, il est nécessaire de bien définir les besoins afin de cibler au mieux le contenu, d’étudier les services en ligne déjà existant afin d’en étudier leurs fonctionnements et déduire ceux qui obtiennent de bons résultats auprès des étudiants et, à l’opposer, les choses à éviter.

Vidéo : What is a MOOC?

Historique des cours en ligne

La genèse

Bien que le concept de cours massivement multi-apprenant ait été émis dès les années 60, il fallut attendre 2007 pour que le premier cours en ligne de ce genre ait lieu ; c’était à « Utah State University », sur « l’enseignement par la connectivité ». Le cours fut suivi par 50 personnes dans 8 pays.

L’idée même d’un besoin de connexion entre personnes pour amener à la découverte et à l’apprentissage est au cœur du principe des cours en ligne massivement multi-apprenant.

L’expression “Court en Ligne Massivement Multi-Apprenant

C’est en 2008 que le terme « MOOC » (Massive Open Online Course), ou Cours en ligne Massivement Multi-Apprenant, fut introduit lors d’un cours sur le « Connectivisme », par George Siemens (enseignant-chercheur à l’université d’Athabasca, au Canada) et Stephen Downes (chercheur au Conseil National de Recherches, au Canada également).

La théorie du connectivisme a pour bases les apports des nouvelles technologies et étudie les conséquences de la technologie sur les comportements humains ainsi que sur les méthodes d’apprentissage. Selon cette théorie, « l’apprentissage et la connaissance résident dans la diversité des opinions [et sont des] processus reliant des nœuds de spécialisés ou des sources d’information ».

L’émergence des MOOC

C’est en février 2011 qu’une avancée majeure dans le domaine des cours en ligne massivement multi-apprenant a pris place : plus de 160 000 personnes du monde entier se sont inscrites à un cours en ligne gratuit sur le domaine de l’intelligence artificielle, proposé par Sebastian Thrun, enseignant-chercheur à l’université de Stanford, et Peter Norvig.

La démocratisation et la multiplication des MOOC

Face au succès de ce cours, le MIT (Massachusetts Institute of Technology) lança en décembre 2011, le projet MITx, à but non lucratif, afin d’offrir gratuitement les cours du niveau universitaire à tous. Ce projet s’inscrit dans la lignée de l’initiative du MIT OpenCourseWare, lancé dès 2002, donnant librement l’accès à des cours, exercices, examens, travaux pratiques et même vidéos de cours, sur internet.

Étant donnée la nature des cursus proposés au MIT, majoritairement orientés sur des domaines scientifiques, mais également du fait que la possibilité de donner et de suivre des cours en ligne est permise par l’évolution des nouvelles technologies, les contenus des premiers cours relevaient exclusivement du domaine de l’informatique.

Le concept de cours en ligne massivement multi-apprenant fut poursuivi par Sebastian Thrun qui créa, en avril 2012, l’organisation Udacity, dont l’objectif est la démocratisation de l’éducation en proposant des cours en ligne payants. Depuis juin 2012, 4 cours ne traitant pas de l’informatique sont disponibles : un cours de mathématiques, un de statistiques, un de physique et le dernier concernant l’entreprenariat.

Très peu de temps après le lancement d’Udacity, deux autres enseignants-chercheurs de l’université de Stanford lancèrent Coursera, proposant gratuitement des cours de plusieurs universités partenaires. A son lancement, Coursera proposait entre autres, des cours de sociologie et de finance. Aujourd’hui, c’est plus d’un million et demi d’étudiants dans près de 200 pays qui sont inscrits sur le site de Coursera et suivent au moins un cours. Au cours de l’été 2012, l’École Polytechnique Fédérale de Lausanne (Suisse) a rejoint Coursera et a proposé le premier cours en français sur cette plateforme : « Introduction à la Programmation Objet », dont la date de début n’a pas encore été annoncée.

Devant la demande croissante de cours en ligne, Harvard rejoignit le MIT et proposèrent conjointement le service edX, proposant les cours de ces deux universités gratuitement sur internet. Depuis, deux autres universités les ont rejoint : Berkeley et l’Université du Texas. Outre un cours de chimie proposé par le MIT et un second sur les méthodes quantitatives dans la recherche pour la santé publique proposé par Harvard, tous les autres cours concernent les sciences informatiques : programmation, intelligence artificielle, SaaS, circuits et électronique…

Etude du contenu des principaux cours en ligne

On le voit donc, il existe un grand nombre de services de cours en ligne massivement multi-apprenant disponibles sur internet. Dans la suite de notre étude, nous vous présenterons plus en détails les principaux acteurs, leurs fonctionnements ainsi que le contenu des cours en ligne dans le domaine de l’informatique qu’ils proposent.

Sources

Licence Creative Commons

Licence Creative Commons
Cette œuvre est mise à disposition selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution – Partage dans les Mêmes Conditions 3.0 non transposé.

Auteurs : Jonathan Cozzo et Patrick Rannou