“Google m’a tuer” : synthèse et plan du rapport final

Synthèse

Tout au long du projet, nous nous sommes efforcés de mettre en évidence comment les services gratuits ont modifié la relation entre les éditeurs d’applications et leurs utilisateurs. En effet, dans le modèle payant, un client devait payer pour obtenir un accès à un logiciel, les droits des deux parties étaient alors définies clairement et engageaient les sociétés commercialisant les applications à respecter un certains cahier des charges. Dans le modèle gratuit, la relation est différente. Si la gratuité est souvent la principal raison qui pousse les internautes à utiliser un service web, ils oublient en général que l’éditeur n’est plus responsable face à l’utilisateur. Les conditions générales d’utilisation, bien souvent oubliés, sont rarement contraignantes pour les sociétés du web.

L’utilisateur devient parfois dépendant de l’application, et le choc peut être terrible lorsque celle-ci vient à être modifiée, ou que le gestionnaire de cette dernière décide de fermer le compte de l’internaute concerné. C’est ce qui est arrivé à Thomas Monopoly : après avoir migré tous les services dont il pouvait avoir besoin (boîtes mails, agenda, album photo,…), Google a décidé de fermer son compte sans raison apparente.

Le combat de Thomas Monopoly pour récupérer son compte illustre la relation asymétrique apparaissant avec le gratuit. Ce cas, appuyé par une étude sur les différents modèles économiques des sociétés délivrant des services gratuit, nous a permis de mieux comprendre comment l’utilisateur peut reprendre le pouvoir.

Rapport final

Après avoir rédigé, non sans plaisir, ces billets réguliers pour le blog de veille technologique, nous allons maintenant nous atteler à l’écriture de notre rapport final visant à synthétiser et mettre en forme la matière accumulée au cours du projet. Celui-ci aura le déroulement suivant :

  1. Thomas Monopoly : une introduction frontale au problème.
  2. Internaute et services gratuits : une relation complexe et asymétrique.
  3. Services gratuits et entreprise : un cas d’utilisation particulier et à déconseiller.
  4. Le gratuit : un modèle économique viable ?

Attention Google vous observe : de la personnalisation au totalitarisme, il n’y a qu’un pas

Une histoire d’anticipation par perso2011…

Ces derniers temps, il y a du changement chez Google. Comme vous avez pu le lire sur l’article “Google m’a tuer” : Du changement chez Google, Google a revu en profondeur sa charte de confidentialité : désormais, en la signant, vous acceptez que Google recoupe toutes vos données d’utilisation, de tous ses services.

A la même période, peut-être avez-vous entendu parler de ce nouvel outil de personnalisation Google + que Google se propose d’intégrer à votre moteur de recherche. Baptisé Search plus your world, ce nouvel outil se veut « plus vous » mais peut (pour l’instant) être désactivé si vous le souhaitez. Ce système intègre des réponses trouvées dans Google Plus et dans le service de partage de photos Picasa pour des réponses plus personnalisées.

Un élément très récent dans l’actualité Google a également particulièrement retenu notre attention. En échange de 25$ en bons d’achat, Google propose depuis peu aux volontaires de scruter leur activité sur le net. Baptisé « Screenwise », un boîtier espion remis à des volontaires collecte des données plus complètes que celles rassemblées via les services de la firme de Mountain View, avec l’objectif “d’améliorer Google” et d’utiliser les comportements de ces internautes pour mieux personnaliser à l’avenir les résultats d’internautes au profil similaire.

Même si aujourd’hui la communauté Internet s’insurge contre le géant Google, qu’en sera-t-il d’ici une vingtaine d’années ? Aujourd’hui déjà, il est déjà très difficile de s’élever contre l’hégémonie Google ou même d’imaginer un internet sans Google. Alors Google aujourd’hui « dictateur bienveillant », sera-t-il le despote totalitaire de demain ?

A ce point de notre article, vous vous demandez certainement ce que cela a réellement à voir avec notre sujet, la personnalisation du web. Aujourd’hui, Google dispose de millions de données sur les utilisateurs de ses services et prétend vouloir nous aider en personnalisant le web à l’aide de ces données. Mais au delà de l’objectif de créer pour chacun un internet unique et personnalisé, Google utilise ses algorithmes pour tous nous garder sur la voie qui entretient les intérêts de la firme.

Nous vous proposons une petite réflexion d’anticipation sur ce que pourrait devenir le monde (ce n’est évidemment là qu’une vision hypothétique et extrême de ce que pourrait devenir notre futur dans un monde où Google contrôlerait tout).

Humanité augmentée ou humanité diminuée ?

« Ce que nous essayons de faire c’est de construire une humanité augmentée, nous construisons des machines pour aider les gens à faire mieux les choses qu’ils n’arrivent pas à faire bien… »

« Nous pouvons vous suggérer quoi faire après, ce qui vous intéresse. Imaginez : nous savons où vous êtes, nous savons ce que vous aimez. »

« Non seulement vous ne serez plus jamais seul, mais en plus vous ne vous ennuierez jamais ! Nous vous suggèrerons ce que vous devriez regarder, parce qu’on sait ce qui vous intéresse. »

« Un futur très proche dans lequel vous n’oublierez rien, parce que les ordinateurs se souviennent. Vous ne serez jamais perdu. »

Ces paroles sont les extraits traduits de discours prononcés en 2010 par Eric Shmidt ancien PDG de Google, aujourd’hui président du conseil d’administration (depuis le 4 avril 2011). Vous pensez peut-être que ces propos ne sont plus d’actualité, alors jetez un coup d’œil à ceux de Serguei Brin, fondateur de Google qui souhaite que sa création devienne le « troisième hémisphère de notre cerveau ». En quoi cela aide-t-il à la personnalisation, sinon au contraire à formater les hommes ? Certes, on vous propose un produit qui vous correspond personnellement, mais s’il ne vous avait pas été proposé, l’auriez-vous néanmoins considéré ? Au final, de tels organismes ont la prétention de savoir mieux que vous ce qu’il vous faut, ce que vous devez acheter, qui vous devez aimer, quels amis vous devez choisir… Google va bien plus loin que la simple personnalisation, on pourrait plutôt parler d’ « inception » considérant cette manière qu’a Google de nous suggérer une idée dans nos petites têtes innocentes avant même que nous y ayons pensé. Certes, la publicité a un peu ce rôle mais Google est bien plus pernicieux car il nous connaît personnellement, remerciez pour cela Gmail, Google plus et autres services si gentiment offerts par Google.

De 1984 à 2034

Qui n’a jamais lu Orwell, souvenez vous de 1984 et de cette phrase célèbre « Big Brother vous regarde »… En acceptant la personnalisation, on ouvre son intimité à Google, Google vous regarde, Google vous scrute, Google vous surveille… mais surtout Google va vous aider à tout décider, vous aider à « augmenter vos capacités ». Rappelez-vous également tous ces films d’anticipation où une grosse entreprise prend le pouvoir sur le monde, où tout est contrôlé, cela ne vous rappelle rien ? Et si un jour, Google dominait le monde et instaurait un régime totalitaire d’ultra consommation ultra contrôlée et transformait le libre-arbitre en un résidu d’humanité anesthésié et amorphe tout en « augmentant nos capacités » ?

Et si une nouvelle race émergeait, non pas une humanité augmentée, mais une humanité transfigurée, une « transhumanité » ? Ce terme revient parfois sur la toile et désigne un mouvement culturel et intellectuel prônant l’usage des sciences et des techniques afin d’améliorer les caractéristiques physiques et mentales des êtres humains. Cela résonne certainement dans vos oreilles comme un bien mauvais film de science-fiction, mais pensez-y. Ne pas réfléchir aux évolutions potentielles du déjà puissant géant Google, c’est aussi lui laisser la part belle pour mettre en marche tous ses plans.

Ce dernier article (avant l’annonce du plan de notre réflexion) vous a sans doute fait sourire. Néanmoins, envisager les pires conséquences à la personnalisation du web par de grosses entreprises telles que Google nous rappelle qu’il faut avoir un regard critique dans l’utilisation que nous faisons d’internet et des services qui nous sont offerts. La technologie et ses avancées ne sont pas là pour remplacer nos capacités d’analyse et de réflexion. Soyons prudents !

Vers un monde gratuit ?

Pour faire suite à notre précédent article, où nous décrivions la modification des conditions d’utilisation des services de Google, nous tenions à vous informer que le Groupe des 29 – groupe composé notamment des 27 CNIL européennes – a demandé à l’entreprise de Mountain View de repousser la date de mise en application de ses nouvelles règles. En effet, celles-ci doivent entrer en application le 1er mars prochain, ce qui n’est pas du goût des CNIL, qui demandent plus de temps pour analyser les impacts de ce changement radical. Malgré ces recommandations, Google a refusé de reporter l’application de ses nouvelles CGU.

Nous allons maintenant nous intéresser aux modèles économiques des différents services gratuits disponibles sur internet. Les éditeurs de ces applications web arrivent en effet à en tirer un bénéfice, qui leur permet de laisser ce service gratuit. Cette gratuité étant à la base de l’addiction dont souffrent certains internautes, littéralement dépendants, par exemple, de leur webmail, de leur agenda ou de leur album photo gratuits, il nous a paru important d’essayer de comprendre comment des sociétés pouvaient tirer profit du gratuit.

Le gratuit comment est ce possible ?

Sur internet la plupart des services que nous utilisons sont gratuits, du moins en apparence, au point que nous ne nous questionnons même plus sur la viabilité de ceux-ci. Pourtant rentabiliser la gratuité n’est pas quelque chose d’évident et le modèle économique mis en place par ces firmes permet de comprendre de manière plus précise le fonctionnement des services gratuits et leurs limites.

Si les modèles économiques basés sur la gratuité ne sont pas exclusifs au web, par exemple les journaux gratuits tels 20 minutes, Metro, etc…, c’est bien sûr ce média que ceux-ci se sont développés le plus. Ainsi quatre principaux modèles économiques permettent de monétiser sur le web des services en apparence gratuits :

Le premier modèle est celui des subventions croisées, qui n’est pas tout  à fait nouveau, c’est par exemple celui utilisé pour la vente des rasoirs et des lames, le rasoir est vendu à un prix inférieur à son prix de revient, et le producteur réalise sa marge sur la vente des lames. Ainsi on a un modèle de “faux gratuit” ou pour pouvoir utiliser un service gratuit on a besoin d’une ressource qui elle est payante.
Le deuxième modèle est quant à lui celui du marché tripartite le service fournit à l’utilisateur est bien gratuit mais ce qui est monétisé c’est la possibilité de fournir un espace publicitaire pour un troisième acteur. C’est par exemple le modèle de la radio qui diffuse gratuitement mais qui est financé par la publicité. Par contre là où les services Web apportent une nouveauté c’est dans la possibilité de pouvoir cibler avec plus d’acuité ces dernières grâce à la récolte et au traitement massif des informations personnelles des utilisateurs. Par exemple l’ensemble des services Google, Facebook,…
Le troisième modèle est celui du “freemium”, dans celui-ci le fournisseur offre un service de base gratuit et permet aux utilisateurs d’accéder à des fonctionnalités supplémentaires en souscrivant à un abonnement payant premium. Ainsi dans ce modèle les revenus du fournisseur du service sont assurés par une minorité des utilisateurs de celui-ci. Par exemple LinkedIn, MegaUpLoad(RIP), Flickr,…
Le quatrième et dernier modèle est celui très classique du don, les revenus sont assurés par les seuls dons. Par exemple Wikipedia,…Pour prendre un exemple concret Google utilise un mix entre le deuxième et le troisième modèle en effet il offre la possibilité de débloquer des fonctionnalités supplémentaires en s’acquittant d’un compte premium et base aussi son modèle économique sur la monétisation des informations personnelles des utilisateurs recueillies grâce aux services web et qui permettent de proposer des publicités ciblées et personnelles, ce qui intéresse grandement les annonceurs.

Ainsi Google récolte des informations tout au long de notre surf grâce à ses nombreux services gratuits qu’ils soient pour les particuliers ou les webmasters. Tout d’abord les informations personnelles de l’internaute sont récoltées en lisant et analysant les différents mails qu’il envoie ou reçoit grâce à sa boite Gmail. Ensuite Google mémorise aussi les différentes requêtes effectuées au travers de son moteur de recherche d’autant plus si l’utilisateur est connecté à son compte Google lorsqu’il les effectue. Mais la traque ne s’arrête pas là, car Google offre aussi des services gratuits pour les webmasters très répandus comme Google Analytics et qui envoient une requête HTTP aux serveurs de la firme à chaque clic sur une page. Google obtient de la sorte une masse impressionnante de données personnelles sur les internautes qu’il peut monétiser grâce à ces services de régie publicitaire que sont Google AdSense et Google AdWords.

Finalement on comprend que par un renversement de paradigme l’utilisateur du service gratuit est devenu le produit d’appel du fournisseur qui vend ses informations à prix d’or aux annonceurs publicitaires. On comprend d’autant mieux la relation asymétrique entre l’utilisateur et le fournisseur car la véritable relation client/fournisseur ne se trouve pas là où on le croit.

Conclusion

La distribution de services gratuits permet aujourd’hui à de nombreuses sociétés de prospérer : Google, Facebook, Twitter, pour ne citer que les sites les plus connus, sont utilisés quotidiennement par des millions d’internautes. Sans que cela ne soit le seul argument qui les ait faits choisir ces applications, tous ont été séduits par la gratuité d’accès. Mais combien d’entre eux se sont interrogés sur la nature réelle de leurs relations avec les éditeurs de ces sites ? L’absence de paiement instaure une relation asymétrique entre l’utilisateur et l’éditeur du service, ce dernier n’estimant pas avoir d’obligation contractuelle définissant clairement ses devoirs vis-à-vis de ses “clients”.
Combien de personnes prennent aussi le temps de lire les conditions générales d’utilisation avant d’adhérer à un service ? Celles-ci, en perpétuellement changement, définissent pourtant les droits dont disposent les éditeurs concernant les informations privées récoltées. Oublier de prendre en compte ses éléments, c’est s’exposer à un risque. Thomas Monopoly en avait fait les frais, et malheureusement il ne put s’appuyer sur la loi pour récupérer les données et les services qu’il avait perdus, et voir le préjudice subi réparé. Dans des cas similaires, seul reste la médiatisation des abus (comme dans le cas Monopoly ou dans l’affaire de la suppression des comptes dont le nom n’était pas correct), cette mauvaise publicité risquant de porter atteinte au modèle économique des éditeurs visés.

Sources :
Concernant l’affrontement entre la CNIL et Google :
http://www.zdnet.fr/actualites/confidentialite-google-a-impose-ses-nouvelles-regles-a-la-cnil-39768309.htm#xtor=123456
http://www.numerama.com/magazine/21514-vie-privee-google-interpelle-par-les-cnil-europeennes.html
http://www.01net.com/editorial/557220/confidentialite-google-reste-ferme-face-a-la-cnil/

Le modèle économique du gratuit :
http://www.cri.ensmp.fr/classement/doc/TH-Alexandre-Hayek.pdf
http://darmano.typepad.com/logic_emotion/2008/10/the-4-kinds-of.html
http://sebsauvage.net/rhaa/index.php?2011/09/28/17/14/02-le-grand-il

“Google m’a tuer” : Du changement chez Google.

Nous avions annoncé la semaine dernière que nous traiterions du modèle économique des sociétés qui propose des services “gratuit”, mais on se trouve sur un blog de veille et les nouvelles nous ont rattrapées : Google a changé sa politique de confidentialité !

Quoi de neuf sous le soleil de Mountain View ? A partir du 1er mars les règles de confidentialitées vont être unifiées pour une soixantaine de services Google dont Gmail, G+,… Ces nouvelles règles visent selon Alma Whitten, responsable des question de confidentialité chez Google, à :

“En bref, nous vous considérerons comme un utilisateur unique au travers de tous nos produits, ce qui signifiera un expérience Google plus simple et intuitive ” – Alma Whitten

Ceci signifie que dorénavant Google aura une vue globale sur vous, utilisateur de services Google, car il ira puiser des informations à partir de tous leurs services que vous utilisez. Ainsi ils pourront croiser celles-ci, qui étaient avant officiellement séparées, et en apprendre plus sur vous, et de cette façon encore plus personnaliser votre surf… enfin les publicités qui vous serons montrées.

Car en effet le but recherché par Google double d’une part simplifier sa politique de confidentialité et d’autre part offrir une plus grande personnalisation à l’utilisateur. Alma Whitten nous éclaire sur cet aspect dans son billet :

“Peut-être pourrons-nous vous dire que vous serez en retard pour un rendez-vous en prenant en compte votre localisation, votre agenda ou encore les conditions de circulation” – Alma Whitten

Cette extrême personnalisation de l’expérience sur les services Google n’est peut être pas encore pour maintenant, mais nous donne une idée du but recherché. Nous ne sommes plus très loin de cette parodie :

The Google Toilet: SuperNews!

Le problème de la légalité de ces nouvelles règles se posent bien évidemment. Google assure par la voix de Peter Fleischer que :

“Nous avons bien sûr consulté les autorités de protection de la vie privée, la FTC comme la CNIL en France” – Peter Fleischer

Et avance même :

“La simplification de nos politiques pour plus de lisibilité nous semble aller dans le sens de ce que préconisent les différentes autorités” - Peter Fleischer

Cependant la Commission Européenne va prochainement réviser la directive sur la vie privée, ce qui pourrait changer les règles du jeu pour Google en Europe et l’obliger à changer à nouveau sa politique de confidentialité.

Si ces nouvelles règles vous révulsent et que vous voulez montrer votre mécontentement, que faire ? La réponse est simple : quitter ces services Google. En effet comme expliqué dans un de nos précédents articles, le fournisseur du service peut unilatéralement changer les CGU et l’utilisateur n’a d’autre choix que de les accepter si il veut continuer à l’utiliser. Malgré tout Google a promis de faciliter la libération des données stockées sur ses services lors du départ de ceux ci.

Pour conclure vous trouverez ci dessous la vidéo de Google annonçant le changement de ses règles de confidentialités :

Google Privacy Policy Update

 

“Google m’a tuer” : Réseaux sociaux et dictature des vrais noms

Il y a de cela six mois Google lançait en grande pompe son nouveau réseau social, Google+, bien décidé à tailler des croupières à Facebook après les échecs de Google Buzz et Google Wave.

Tu utilisera ton vrai nom sinon… suppression

Moins d’un mois après l’ouverture sur invitation dudit réseau au public une vague importante de suppression de comptes se produisit. Ainsi un grand nombre de personnes se retrouvèrent du jours au lendemain privées des cercles qu’elles étaient entrain de former, des articles qu’elles avaient écrits ou de tout autre matériel qu’elles auraient pu publier sur ce réseau naissant.La raison de ces suppressions massives de compte Google + (pour les plus chanceux, car certaines personnes se sont carrément vu désactiver leur compte Google) : la dictature des vrais noms. En effet l’inscription à un réseau social, que ce soit Facebook ou le géant de Mountain View, est conditionné par l’utilisation des son vrai patronyme :

“Les utilisateurs de Facebook donnent leur vrai nom et de vraies informations les concernant, et nous vous demandons de nous aider à ce que cela ne change pas.” -CGU Facebook

“13. User Profile Name
To help fight spam and prevent fake profiles, use the name your friends, family or co-workers usually call you. For example, if your full legal name is Charles Jones Jr. but you normally use Chuck Jones or Junior Jones, either of those would be acceptable.” -CGU Google+

Lors de la suspension de votre compte un message venez vous rappeler votre faute :

“After reviewing your profile, we determined the name you provided violates our Community Standards.”

 

Des enseignements à tirer de cette affaire ?

D’abord nous ne sommes pas tous égaux face à ses suppressions, en effet comme nous l’avions mis en lumière dans nos précédents articles la médiatisation est le principal levier pour contrebalancer le rapport de force avec les firmes mettant à disposition des services gratuit. Ainsi les comptes désactivés de personnes médiatiques se sont vu rapidement remis en ligne sous la pression des internautes par exemple le bloggeur français Korben ou bien la créatrice de Adafruit Industries, Limor Fried, aka ladyada.

Ensuite on peut se demander pourquoi la suppression de comptes Google+ à fait beaucoup plus de bruit que celles de comptes Facebook alors que les deux réseaux sociaux ont d’inscrit dans leurs CGU l’obligation d’utiliser son vrai nom. La différence de retentissement des suppression vient sûrement du caractère massif de celles-ci sur G+. En effet même si Facebook à déjà supprimer des comptes à cause du non respect de l’utilisation des vrais nom, le processus de suppression est resté “artisanal” et un grand nombre de comptes avec pseudonyme reste sur le réseau. Contrairement à Google qui à “industrialisé” le processus avec vraisemblablement l’utilisation de robots et un nombre massif de suppression. Cette industrialisation a de plus entraîné de nombreux effets de bords avec la suppression de comptes de personnes utilisant leur vrai nom.

Enfin on peut se demander si l’utilisation des vrais noms est souhaitable du point de vu de l’utilisateur. En effet Google+ justifie cette obligation par la lutte contre le Spam, donc pour le bien de ce dernier. Cependant lorsque Facebook supprime le compte d’un cyberactiviste chinois,  Jing Zhao a.k.a “Michael Anti” sur la toile, on peut se poser la question du bien fonder ce cette mesure. Dans la même idée un article très intéressant de Danah Boyd, chercheuse dans le domaine des médias sociaux à la Microsoft Research New England, met en lien la dictature des vrais noms avec une posture de classe, celle aisé et blanche, et la nécessité pour les classes marginales d’utiliser des pseudonymes.

Finalement on peut se demander quel est l’intérêt pour Google ou Facebook d’imposer l’utilisation des vrais noms. La réponse est peut être à trouver dans leur modèle économique ce que nous aborderons lors de notre prochain billet.

Le Cloud, déjà à la portée de tous

Le Cloud Computing s’est imposé naturellement auprès du grand public par ses offres simples et innovantes : pouvoir accéder à ses informations où que l’on soit, à condition de disposer d’une connexion internet la plupart du temps sans se soucier du stockage des données. Les offres ainsi proposées sont principalement du type SaaS puisqu’elles ne nécessitent aucunes connaissances particulières à part l’utilisation d’internet.

Le Cloud Computing, tout le monde l’utilise en fait déjà, et depuis plusieurs années, sans le savoir. En effet, si l’on se réfère à la définition simplifiée rappelée précédemment, les webmails sont tout simplement des offres cloud computing pour stocker des mails. Que ceux-ci soient stockés à Paris ou New York, cela n’intéresse pas l’utilisateur, qui veut simplement pouvoir y accéder n’importe où depuis internet.

Au-delà du stockage de mails, d’autres offres sont apparues par la suite. Bien entendu nous ne pouvons pas toutes les étudier, nous ne nous occuperons donc que des services les plus connus et utilisés dans leurs catégories. Nous distinguerons les offres de stockages générales telles que DropBox ou SkyDrive des éditeurs en lignes telles que Google Docs ou Office Online. Nous nous intéresserons aussi à Chrome OS qui pousse encore plus loin le principe de Cloud Computing en offrant une plateforme entièrement dématérialisée passant entièrement par internet.

Stocker ses données en lignes : le succès de DropBox

logo de Dropbox

Logo de Dropbox

Dropbox est un service de stockage et de partage de fichier en ligne, crée en 2007, qui reprend les grands principes du Cloud. Les raisons du succès de ce service sont, entre autres, sa grande facilité d’utilisation (pas de connaissances préalable nécessaires), le fait qu’il propose un client multiplateforme (Mac, Windows, Mobile, Web) et bien-sûr la mise à disposition d’une version gratuite du service (96% des utilisateurs de Dropbbox utilise le service dans sa version gratuite). Au fil de son développement Dropbox a enrichi ses fonctionnalités : historique des versions via l’interface web (30 jours pour la version gratuite), récupération des fichiers supprimés, ainsi que d’autres fonctionnalités réservées à la version payante du service.

Il faut également savoir que pour le stockage des données, Dropbox s’appuie sur  le service Amazon S3. D’autre part, bien que très apprécié de ces utilisateurs, le service mis à disposition par Dropbox a aussi subi un certain nombre de critiques notamment concernant la sécurité et la confidentialité des données stockées ainsi que les termes d’utilisation du service. Le service ne s’est d’ailleurs pas montré infaillible puisqu’en Juin 2011, il a été possible d’accéder à tous les comptes utilisateur Dropbox sans mot de passe pendant une durée de 4 heures avant que le problème soit résolu.  A l’heure actuelle, on estime que Dropbox représente pas moins de 10% des parts de marché des clients de stockage en ligne malgré une concurrence forte et toujours en développement sur ce même créneau (SkyDrive, Ubuntu One, Cloud Me, Box.net, Files AnyWhere…).

Documents collaboratifs

Logo de Google Apps

Logo de Google Apps

Avec l’interconnexion croissante des machines entre elles grâce aux développements des offres d’accès aux réseaux de données s’est développé un nouvel aspect du Cloud qu’est le travail collaboratif en ligne. Ce type de service permet, en plus de stocker une ressource dans le nuage, de l’éditer en ligne et le cas-échéant à plusieurs utlisateurs. Une interface d’édition est donc en général inclus avec ce service Cloud, on peut donc parler de SaaS (Software as a Service) puisqu’on met à disposition de l’utilisateur un ensemble de fonctionnalités finales auquel on rajoute la dimension collaborative.

Google Documents est très certainement l’exemple le plus connu et le plus utilisé en la matière (cet article a été rédigé en utilisant ce service) mais on peut également citer à titre  d’exemple Prezi (logiciel de présentation en ligne), Microsoft Office 365 qui entend concurrencer les Google Apps en proposant l’utilisation online de sa suite logiciel, XWiki (logiciel de collaboration destiné aux entreprises) ou encore OrionHub (Cloud collaboratif pour le développement Web)…

Il y a fort à parier que bon nombre d’acteurs de l’édition logicielle orienteront leur activité vers le SaaS collaboratif dans un futur proche car il s’agit d’un modèle économique qui satisfait bien les besoins des entreprises consommatrices de tels services. Les avantages pour elles sont multiples:

  • Flexibilté

  • Réduction de coûts

  • Gain de temps

Pour les utilisateurs particuliers qui sont amenés à travailler en groupe (étudiants, chercheurs…), il s’agit d’une évolution positive dans la mesure où le Cloud collaboratif permet pour eux aussi d’accélérer drastiquement le partage de contenu sans avoir à se soucier des problématiques quotidienne de l’informatique.

Chrome OS, le futur déjà à portée de main ?

Google nous propose d’aller encore plus loin avec son nouvel OS, Chrome OS. Celui-ci envoie l’utilisateur surfer dans les nuages en proposant comme unique interface un navigateur et tous les avantages du cloud computing : simplicité, rapidité et sécurité.

Pour le premier point, la simplicité, il n’y a plus d’applications à télécharger, plus de maintenance du système à gérer, tout passe par internet. Par exemple, vous téléchargez un document texte, Chrome Os le détecte et ouvre automatiquement l’application web associée, que ce soit Google Docs ou Office Online pour le lire. L’utilisateur n’est limité que par ce qu’offre internet, et donc a accès à des possiblités infinies.

La rapidité est aussi un atout majeur de Chrome OS. En effet, sa simplicité lui permet de ne lancer que l’essentiel, à savoir un navigateur et une connexion internet. Il en résulte qu’en moins de 10 secondes, le ChromeBook est allumé et prêt à être utilisé.

Capture d’écran de Chrome OS, tirée de Wikipedia

Enfin la sécurité est aussi un des points mis en avant par Google. En effet, votre ordinateur n’est plus qu’un terminal. Vos données ne sont plus stockées dessus. Votre ordinateur a cramé ? Il s’est fait volé ? Tout est dans le Cloud, vous n’avez rien perdu et vos données ne peuvent être récupérées par le biais de votre ordinateur. La sécurité intrinsèque au cloud computing sera traitée dans un autre article, mais proposer une offre Cloud Computing suppose que l’entreprise met tout en son poouvoir pour protéger aux mieux les données utilisateur. Un autre point à noter est que chaque onglet est indépendant des autres. Ainsi, le fait qu’un onglet plante ne fait pas planter le navigateur, ce qui équivaudrait à faire planter l’ordinateur.

Chrome OS ne sera par contre disponible que préinstallé sur des notebook (appelés ChromeBooks) dont le hardware aura été validé par Google pour optimiser au mieux l’utilisation. Il est donc regrettable de ne pouvoir installer cet OS sur n’importe quelle machine mais cela apporte une sécurité supplémentaire au niveau de la qualité.

Chrome OS est-il cependant le futur de nos ordinateurs ? Celui des NoteBook certainement, mais des ordinateurs, même portables certainement pas. En effet, le gros inconvénient est la puissance. Il n’est ainsi pas prévu pour jouer au dernier Battlefield ou pour faire du montage vidéo. Au début conçu uniquement pour être utilisé en mode connecté, Chrome OS permettra aussi une utilisation hors-ligne avec un gestionnaire de fichiers. Pour plus d’informations sur Chrome OS, vous pouvez consulter les articles présents dans les sources. Il existe aussi d’autres OS basés sur le Cloud Computing comme Jolicloud qui lui peut s’installer sur n’importe quel oridnateur, mais Chrome OS, soutenu par Google en est évidemment la référence.

En conclusion, on peut dire en tant qu’utilisateur particulier que le cloud computing a révolutionné notre façon de travailler et de partager sur internet. Il n’en est pourtant qu’à ses débuts, comme le montre Chrome OS qui vient à peine de sortir, où le lancement récent de Office Online.

Sources :

Les mécanismes de la personnalisation du web

Notre dernier article vous présentait le protocole de la petite expérience qui se déroule actuellement. Bien évidemment, d’ici quelques articles, vous pourrez découvrir les premiers résultats de cette étude. Afin de mieux appréhender ce qu’est réellement la personnalisation du web et comment elle va intervenir au sein de notre expérience, intéressons nous de plus près aux pratiques de personnalisation de deux géants du genre : Facebook et Google.

Edge Rank : l’algorithme Facebook

EdgeRank est l’algorithme de Facebook qui a pour fonction de déterminer dans quelle mesure les publications (Edges) de vos contacts seront affichées sur votre fil d’actualité (newsfeed).

Cet algorithme prend en compte deux composants principaux : la publication (Edge) par un contact et l’interaction liée à cette publication. Trois facteurs prédominants vont alors déterminer dans quelle mesure vos amis seront tenus au courant de votre activité :

  1. Le score d’affinité correspond à la quantité d’interactions en temps et en durée. Ce score est unidirectionnel, c’est-à-dire qu’on étudie la quantité d’interactions d’une personne par rapport à une autre dans un seul sens.
  2. Le poids des types de publication est une échelle d’évaluation déterminée par Facebook pour attribuer un certain score en fonction du format de publication. Les types de publications peuvent être des statuts texte, des partages de liens, de photos ou de vidéos, les “J’aime” (like). Il n’est pas impossible que l’algorithme Edge Rank prenne aussi en compte le nombre de visites sur la page de profil d’un contact ou même le nombre de messages privés échangés.
  3. Le facteur temps désigne le fait qu’une publication récente a plus de chance d’apparaître sur le fil d’actualité d’une personne qu’une publication plus ancienne.

Ainsi, si vous n’interagissez pas beaucoup avec un « ami » sur Facebook, s’il propose du contenu qui ne vous « engage » pas suffisamment, Facebook le fait disparaître de votre newsfeed. Mar Zuckerberg justifie cet algorithme très ironiquement en déclarant qu’un « écureuil mourant sur le palier de votre maison est sûrement plus susceptible de vous intéresser que les enfants qui meurent en Afrique » (l’anecdote est rapportée par David Kirkpatrick dans son livre The Facebook Effect).

Google : l’algorithme mystère aux multiples critères

Depuis Décembre 2009, il n’existe plus de « Google Standard » : la personnalisation des résultats de recherche n’est pas une option, mais est imposé de la même façon pour tout le monde.

Malheureusement, il n’est pas possible aujourd’hui de dresser une liste complète de tous les critères utilisés par Google pour personnaliser son filtrage de résultats. Eli Pariser (voir notre premier article) dénombre 57 critères potentiels. Parmi ces 57 critères, on trouve par exemple : l’historique de recherche, le navigateur web utilisé, l’ordinateur utilisé, le temps mis pour taper une requête, le temps passé à choisir sur la page de résultats, l’heure à laquelle on effectue la recherche et bien d’autres choses encore…

Mais ces filtres sont-ils si problématiques dans les choix que nous faisons ?

Si certains tirent la sonnette d’alarme quant au rétrécissement de nos perspectives, ces filtres présentent néanmoins dans certains cas un intérêt non négligeable. Certes, Google choisit une liste de pages web sur des critères relatifs à notre historique par exemple mais qu’en serait-il sans ces filtres ? L’absence de filtre, même si elle ouvre sur une toile bien plus grande représente malgré tout une perte de temps pour l’utilisateur et donc de la même manière une perte d’intérêt. Ce constat fait écho à une étude que vous pouvez découvrir au sein du livre The Long Tail. Cette étude montre que face à un plus grand choix de produits, le consommateur a plus de difficultés à choisir et développe moins d’intérêt pour le produit. Elle révèle notamment que le problème ne provient pas de la quantité de choix mais du manque de direction. Ce problème était notamment soulevé lorsque certains produits étaient « recommandés » parmi les autres.

Le problème n’est donc pas la présence de filtre sur les gros sites, mais plutôt le manque transparence. L’internaute a besoin de filtres (une personne pour nous recommander un produit), mais il a également besoin de savoir qu’ils existent (savoir qu’il n’y a pas que les produits recommandés) et surtout, il doit pouvoir changer ces filtres (dire à la personne: “J’aimerais voir autre chose que ce que tu me suggère”).

Ces algorithmes de filtrage restreignent donc l’information disponible pour nous présenter un éventail soi-disant nous correspondant davantage. Néanmoins, l’objectif de base d’Internet est bien de permettre le partage et la diffusion d’une quantité d’informations énorme et d’enlever toutes les barrières possibles au partage de l’information. La personnalisation du web de plus en plus présente aujourd’hui (proposition de produits sur Amazon, proposition d’amis sur Facebook, proposition de pages sur Google) filtre toute cette information à notre insu et fait désormais entrave au principe de libre diffusion de l’information qui faisait toute la force d’Internet à ses débuts.

Renforcement des idéologies et danger de la personnalisation du web

Cette perte de diffusion de l’information est certes dommageable mais cette personnalisation peut s’avérer bien plus problématique et dangereuse que ce que l’on pourrait penser. Pour des personnes dites « saines d’esprit » et dotées d’un esprit critique, ces exemples de personnalisation du web n’auront pas un impact très prononcé, au pire quelques achats engendrés par des publicités ciblées répétées. Néanmoins, lorsqu’on poursuit une idéologie forte, si ce sont nos propres idées qui nous reviennent quand on fait une recherche, on risque de s’endoctriner nous-mêmes davantage.

La démocratie requiert du citoyen qu’il voit le problème du point de vue de l’autre et s’appuye sur des faits partagés tandis qu’en tant qu’internautes, nous sommes de plus en plus enfermés dans notre bulle et qu’on nous offre des univers parallèles, mais séparés sur Internet. Peut-on dès lors aller jusqu’à penser que la personnalisation du web constitue en soi une réelle menace à la démocratie ? Certes, la réalité augmentée générée par le web aboutit à davantage d’extrémisme, met en relation des personnes éloignées géographiquement mais proches idéologiquement. Néanmoins, les partis, les regroupements religieux, l’extrémisme a toujours existé : aujourd’hui sa réalité n’en est qu’augmentée.

Et si le problème venait de la nature même de l’homme et de sa mauvaise foi ? N’avez-vous jamais remarqué la mauvaise foi dont on l’on peut faire preuve pour démontrer que notre position est juste ?

La prochaine fois, nous reviendrons sur le côté plus sociologique du problème et le cœur du problème : le libre arbitre de l’internaute. A l’aide des premiers résultats de notre étude, nous vous présenterons également quelques astuces pour ouvrir votre bulle de personnalisation au monde !

La personnalisation du web en question

Ne vous a-t-on jamais proposé sur Facebook ou Google un produit ou un service qui semblait correspondre parfaitement à vos aspirations du moment ? C’est ce qu’on appelle aujourd’hui la personnalisation du web. Les géants du web tels que Google ou Facebook utilisent des algorithmes de filtrage leur permettant de trier les résultats de vos recherches ou vos contacts selon plusieurs critères se référant à vos habitudes d’utilisation de l’internet (historiques, localisation, matériel utilisé, navigateur utilisé, etc. …). Notre projet sera centré sur cette question : « La personnalisation du web nous enferme-t-elle dans notre bulle ? ».

Cette question fait référence à l’article du même nom de Jacob Weisberg. Celui ci y reprend la théorie d’Eli Pariser, ancien directeur exécutif de l’organisation démocrate MoveOn.Org, selon laquelle la personnalisation du web ne fait que rendre plus étroite notre vision du monde. Paradoxalement, alors que sur l’Internet, les choix sont proches de l’infini, le type de filtres appliqués par Google réduit nos perspectives.

Jacob Weisberg tempère les propos d’Eli Pariser en soulignant que d’une part la sélection de l’information n’est pas un phénomène nouveau, l’internet n’ayant fait qu’accentuer notre propension à nous conforter dans nos idées, et d’autre part que les filtres dénoncés par Eli Pariser ont un effet très limité.

Notre démarche consistera donc à vérifier si la personnalisation du web met réellement en jeu nos choix personnels. Au delà de nos recherches bibliographiques, nous nous proposons de mener deux expériences. La première permettra d’éprouver les filtres de Google tandis que la seconde se portera sur le réseau social Facebook. Mais vous en saurez plus dans notre prochain article !

Pour aller plus loin …