CAD Mobile – Episode 4 : Les différents types d’usage

Vous ne savez pas si vous avez lu tous les épisodes précédents ? Assurons-en nous : Back to the tardis !

Episode pilote : Introduction

Episode 1 : Histoire et cadre d’étude

Episode 2 : Les technologies de CAD

Episode 3 : Avantages et inconvénients

Vous avez rattrapé votre retard ? Dans l’épisode qui va suivre, nous allons parler des différents usages que l’on peut faire de la CAD sur plateformes mobiles.

La CAD, ça a été d’abord un type d’application développé pour des ordinateurs fixes dont les caractéristiques techniques n’ont cessé de s’améliorer. Pourquoi alors s’évertuer à développer des applications pour plateformes mobiles ? Ce n’est pas pour le défi de trouver une manière de faire tourner des applications gourmandes en ressources physiques : il y a des réels besoins. Ces besoins, tous relatifs à la conception, ne sont pas tous identiques. C’est d’ailleurs pour cette raison que vous avez pu constater qu’il existe un nombre de plus en plus important d’applications mobiles étiquetées CAD. Elles sont généralement dédiées à un besoin spécifique.

Si nous vous en avons déjà rapidement parlé lors du précédent article pour insister sur les atouts de la plateforme mobile en matière de conception, attardons-nous aujourd’hui un peu plus en détail et de façon un peu plus exhaustive sur ces différents usages, qu’ils soient actuels ou prospectifs.

Dessiner à main levée avec les avantages et sans les inconvénients

Comme nous l’avons déjà signalé, le niveau zéro de la conception, c’est le dessin. Grâce à l’introduction des plateformes mobiles, les concepteurs gagnent du temps sur les allers-retours entre le bureau d’études et le terrain, la forêt amazonienne souffre moins du nombre de papiers entreposés et le dessinateur n’a plus besoin de se promener avec une table pour pouvoir annoter ou croquer certains éléments.

On gagne du temps, on améliore le suivi du projet, on est “écolo” : pas mal, non ?

Mesures et relevés

Le besoin principal satisfait par les plateformes mobiles sur le terrain, c’est évidemment la confrontation entre la théorie et la pratique, c’est-à-dire entre la conception et la réalisation. Outre le stade assez basique de la correction des plans directement sur tablette à partir des relevés sur place, une fonctionnalité intéressante commence à voir le jour… Il s’agit de la reconstruction 3D ! La première application mobile de reconstruction 3D a été mise au point par l’Ecole Polytechnique de Zurich, avec un principe assez simple : combinant la vidéo et les différents capteurs inertiels d’une tablette ou d’un téléphone (gyroscopes et accéléromètres), on peut désormais “scanner” en 3D les objets qui nous tombent sous la main ! Pratique pour consulter a posteriori une pièce-clef d’un objet en production ou un bâtiment en construction. Seul bémol : avant d’être, on peut l’imaginer, couplée avec une reconnaissance de forme, cette application ne permet d’appréhender que la partie externe de l’iceberg !

Mises à part les mesures de dimensions (Télémètre permet par exemple de mesurer des distances à partir d’un smartphone), les relevés de données sur site peuvent prendre d’autres formes, telles que la luminosité, les sons etc.

Visualisation sur sites

A contrario de la mesure et des relevés qui s’intéressent à un objet existant, la visualisation sur sites a pour objectif affiché de donner au concepteur l’image de sa réalisation virtuelle dans un paysage réel. Cette fonctionnalité-là reste encore sujette à caution dans le cadre du développement de la réalité virtuelle, le seul développeur en faisant la publicité étant 3DOn Architecture dont même la vidéo promotionnelle nous laisse perplexes quant à l’utilité folle d’un tel outil…

Vidéo 3DOn Architecture

Vidéo promotionnelle de 3DOn Architecture – Source : YouTube

Travail en équipe

Permettre à un concepteur d’utiliser un smartphone ou une tablette tactile (d’autant plus si c’est son outil personnel, ce qu’on appelle le BYOD : Bring Your Own Device) pour annoter, consulter, partager, créer les modèles et les enrichir améliore grandement le fonctionnement en équipe. En effet, la mise en place d’un parc de plateformes mobiles impose souvent un système de synchronisation entre poste fixe et mobile, allant de pair avec un système de partage plus rapide et sophistiqué. Les questions sur les plans peuvent être envoyées directement depuis le terrain vers le bureau d’étude, documents à l’appui.

Le Cloud Computing pour la collaboration… – Source : Flickr

Simulation

Un peu en marge des fonctionnalités majoritaires pour la conception sur plateforme mobile figure la simulation qui, pour des questions de capacités de calcul, se limite à des éléments assez simples.

On peut citer d’abord un premier usage de la simulation : celle de lumière sur un modèle qui peut être extrêmement utile sur le terrain pour obtenir une vision instantanée des ombres sans attendre la fin d’une construction ou l’heure adéquate de la journée…

Ensuite les calculs d’ingénieur mécanique ne sont pas oubliés, même si les applications proposant ce genre de possibilités restent assez discrètes, outre AutoDesk Force Effect permettant des calculs simples de structures telles qu’un pont, une poutre etc…

Dans l’industrie…

Si un certain nombre des usages ici peuvent être appliqués à la fois dans le milieu de la construction et dans le milieu de l’industrie, il est vrai que la conception de produits en usine crée des besoins moindres en termes de portabilité et la sédentarité de la chaîne de production confine les plateformes mobiles à des outils de suivi de la qualité ou à des télécommandes améliorées des différentes fonctionnalités des machines plutôt que de s’apparenter à de véritables outils d’aide à la conception… Peut-être que les évolution à venir conduiront à un changement des habitudes jusque dans l’industrie ?

Sources

 

Auteurs : Thomas CREVOISIER et Aurélien HAMARD–PADIS

Encadrante : Myriam SERVIERES

Licence Creative Commons
Ce(tte) œuvre est mise à disposition selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution – Partage dans les Mêmes Conditions 3.0 France.

Article 5 – L’industrie des technologies médicales

 

Maintenant que nous avons parlé dans les articles précédents des technologies médicales et des formations qui y sont reliées, nous avons eu un aperçu de la filière dans son ensemble et nous passons dans ce qui suit à la description du marché des dispositifs médicaux.

Ainsi, nous réalisons en première partie une étude du marché afin d’éclairer le rôle acteurs actuels et nous aborderons en deuxième partie les enjeux concernant l’avenir sur secteur de l’informatique médicale.

Le marché des dispositifs médicaux

L’industrie des dispositifs médicaux bénéficie en France d’un potentiel collaboratif de R&D important constitué de laboratoires au sein des universités, de CHU, et de grands organismes de recherche (CEA, CNRS, INRIA, INSERM, etc…). D’après des données du Conseil national de l’industrie, la filière ”industries et technologies de la santé”  “représente près de 200 000 emplois, soit 4,6% des effectifs de l’industrie en France, auxquels s’ajoutent plus de 100 000 emplois indirects. Elle réalise un chiffre d’affaires d’environ 75 MD€ en France.  En matière de R&D, elle constitue la deuxième filière industrielle en France.” [1]

Outre cette dynamique d’innovation, les équipes de recherche de qualité et le tissus industriel dense, la France dispose d’un certain nombre d’atouts lui favorisant de jouer un rôle important dans le secteur des technologies médicales. Cependant, dans ce secteur, le tissu industriel français est caractérisé par une majorité d’ entreprises souvent de petite taille, ou sont absorbées par les multinationales d’origine étrangère.

Actuellement, le marché de l’e-santé se compose de près de 300 opérateurs privés et d’une dizaine d’acteurs publics. Des experts de Xerfi-Percepta[2] ont distingué cinq catégories d’acteurs dans le marché de l’ e-santé :

  • Les éditeurs de logiciels ou opérateurs de services ;
  • Les prestataires de services informatiques ;
  • Les fabricants de dispositifs médicaux ;
  • Les hébergeurs de données de santé à caractère personnel ;
  • Les autres intervenants  comme les opérateurs télécom, les spécialistes de télésanté/ télémédecine, les fournisseurs de services etc…

Parmi ces cinq catégories, les éditeurs de logiciel disposent du poids de marché le plus important. Pour répondre à la demande de plus en plus croissante, de nombreuses sociétés et opérateurs publics se sont développés. Certains groupes français comme Medasys ou IMS Health ont su s’imposer mais la plupart des éditeurs disposent d’une taille modeste et reste les principaux acteurs sont des groupes étrangers comme McKesson , InterSystem, Simens  etc…

Selon les estimations, le segment de la télé-médecine enregistrera la plus forte croissance. On distingue les grands groupes industriels  qui ont  des activités liées à l’imagerie médicale mais ceci ne représente que une part mineure de leurs chiffres d’affaires, néanmoins il existe des PME  spécialisées comme Olea Medical, considérée comme la 63ème entreprise la plus prometteuse de France[4] .

Une nouvelle tendance accompagne l’émergence du numérique, il s’agit du conseil des acteurs pharmaceutiques et hospitaliers. IMS Health a développé une nouvelle branche d’activités de consulting en innovation pour ses clients. Il s’agit d’auditer leur structure et de les orienter en fonction de leurs acquis vers l’innovation médicale. Jama, une PME française, a fait le choix de constituer des équipes de consultants aux parcours complémentaires (ingénieurs, médecins, pharmaciens, commerciaux), elle intervient entre autre dans l’accompagnement de la mise en place de nouvelles technologies de la santé ou dans des projets de transformation de Système d’Information dans ce secteur.

Enfin, sur le plan mondial, l’Allemagne constitue le plus grand marché de technologies médicales, il est deux fois plus développé qu’en France avec 22 milliards de chiffre généré en Allemagne contre 11 milliards en France. L’Allemagne est par ailleurs le plus grand producteur  de dispositifs médicaux high-tech dans le monde après les États-Unis et plus de  30% de sa production de produits,  techniques et appareils de pointe est localisé dans la région bavaroise. En effet, cette région concentre un grand nombre de compétences entrepreneuriales; aussi bien des PME que des groupes leader comme Siemens Medical Technology (leader dans l’imagerie médicale par exemple).

 

Avenir du secteur de la santé et du numérique en France

Le développement de la filière des technologies  médicales est conditionné  par l’existence d’une offre de formation adaptée aux besoins des différents acteurs. Il est important de favoriser les contacts entre médecins et ingénieurs dès la formation initiale et tout au long de leur parcours professionnel.

Les pouvoirs publics peuvent aussi avoir un rôle déterminant dans la croissance du secteur. En effet, outre l’aspect législatif, la promotion des projets,la création de start-up et même l’implication des usagers permettent  le renforcement de  la compétitivité entre les  entreprises du domaine et promouvoir l’excellence des laboratoires de recherche

Du fait que la concurrence des pays asiatiques, un appui politique et diplomatique à l’export afin de conquérir de nouveaux marchés et un positionnement à l’international  se fait de plus en plus rude, y compris par rapport aux pays traditionnellement forts (l’Allemagne et USA ).

Pour conclure, nous avons rendu compte des différents métiers existants dans le domaine de la technologie médicale. Nous avons souligné l’émergence de certaines activités qui y sont liées et avons finalement rappelé les enjeux d’un point de vue économique et politique dans le développement de ce marché innovant en France.

 

Sources

[1]http://www.redressement-productif.gouv.fr/cni/filiere-industries-et-technologies-sante

[2]http://www.xerfiprecepta.com/

[3]http://www.infodsi.com/articles/138737/sante-marche-porte-bien.html

[4]http://lentreprise.lexpress.fr/gestion-entreprise/palmares-les-72-entreprises-les-plus-prometteuses-en-france_31145.html?xtor=EPR11[ENT_Zapping]20111115%E2%80%93338772@18194365920111115063842

[5]http://www.olea-medical.com/files/files_presse_com/Olea%20Medical%20and%20SOFIRED.pdf?PHPSESSID=1ec3c9a40e72ba83b5a565e78b40fe18

 

Auteurs : Olfa Koubaa & Flore Massoullié

Encadrant : Morgan Magnin

 

 

 

 

Licence Creative Commons
Article 5 – L’industrie des technologies médicales de Olfa Koubaa et Flore Massoullié est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution – Pas d’Utilisation Commerciale – Partage dans les Mêmes Conditions 3.0 non transposé.