Article 5 – L’industrie des technologies médicales

 

Maintenant que nous avons parlé dans les articles précédents des technologies médicales et des formations qui y sont reliées, nous avons eu un aperçu de la filière dans son ensemble et nous passons dans ce qui suit à la description du marché des dispositifs médicaux.

Ainsi, nous réalisons en première partie une étude du marché afin d’éclairer le rôle acteurs actuels et nous aborderons en deuxième partie les enjeux concernant l’avenir sur secteur de l’informatique médicale.

Le marché des dispositifs médicaux

L’industrie des dispositifs médicaux bénéficie en France d’un potentiel collaboratif de R&D important constitué de laboratoires au sein des universités, de CHU, et de grands organismes de recherche (CEA, CNRS, INRIA, INSERM, etc…). D’après des données du Conseil national de l’industrie, la filière ”industries et technologies de la santé”  “représente près de 200 000 emplois, soit 4,6% des effectifs de l’industrie en France, auxquels s’ajoutent plus de 100 000 emplois indirects. Elle réalise un chiffre d’affaires d’environ 75 MD€ en France.  En matière de R&D, elle constitue la deuxième filière industrielle en France.” [1]

Outre cette dynamique d’innovation, les équipes de recherche de qualité et le tissus industriel dense, la France dispose d’un certain nombre d’atouts lui favorisant de jouer un rôle important dans le secteur des technologies médicales. Cependant, dans ce secteur, le tissu industriel français est caractérisé par une majorité d’ entreprises souvent de petite taille, ou sont absorbées par les multinationales d’origine étrangère.

Actuellement, le marché de l’e-santé se compose de près de 300 opérateurs privés et d’une dizaine d’acteurs publics. Des experts de Xerfi-Percepta[2] ont distingué cinq catégories d’acteurs dans le marché de l’ e-santé :

  • Les éditeurs de logiciels ou opérateurs de services ;
  • Les prestataires de services informatiques ;
  • Les fabricants de dispositifs médicaux ;
  • Les hébergeurs de données de santé à caractère personnel ;
  • Les autres intervenants  comme les opérateurs télécom, les spécialistes de télésanté/ télémédecine, les fournisseurs de services etc…

Parmi ces cinq catégories, les éditeurs de logiciel disposent du poids de marché le plus important. Pour répondre à la demande de plus en plus croissante, de nombreuses sociétés et opérateurs publics se sont développés. Certains groupes français comme Medasys ou IMS Health ont su s’imposer mais la plupart des éditeurs disposent d’une taille modeste et reste les principaux acteurs sont des groupes étrangers comme McKesson , InterSystem, Simens  etc…

Selon les estimations, le segment de la télé-médecine enregistrera la plus forte croissance. On distingue les grands groupes industriels  qui ont  des activités liées à l’imagerie médicale mais ceci ne représente que une part mineure de leurs chiffres d’affaires, néanmoins il existe des PME  spécialisées comme Olea Medical, considérée comme la 63ème entreprise la plus prometteuse de France[4] .

Une nouvelle tendance accompagne l’émergence du numérique, il s’agit du conseil des acteurs pharmaceutiques et hospitaliers. IMS Health a développé une nouvelle branche d’activités de consulting en innovation pour ses clients. Il s’agit d’auditer leur structure et de les orienter en fonction de leurs acquis vers l’innovation médicale. Jama, une PME française, a fait le choix de constituer des équipes de consultants aux parcours complémentaires (ingénieurs, médecins, pharmaciens, commerciaux), elle intervient entre autre dans l’accompagnement de la mise en place de nouvelles technologies de la santé ou dans des projets de transformation de Système d’Information dans ce secteur.

Enfin, sur le plan mondial, l’Allemagne constitue le plus grand marché de technologies médicales, il est deux fois plus développé qu’en France avec 22 milliards de chiffre généré en Allemagne contre 11 milliards en France. L’Allemagne est par ailleurs le plus grand producteur  de dispositifs médicaux high-tech dans le monde après les États-Unis et plus de  30% de sa production de produits,  techniques et appareils de pointe est localisé dans la région bavaroise. En effet, cette région concentre un grand nombre de compétences entrepreneuriales; aussi bien des PME que des groupes leader comme Siemens Medical Technology (leader dans l’imagerie médicale par exemple).

 

Avenir du secteur de la santé et du numérique en France

Le développement de la filière des technologies  médicales est conditionné  par l’existence d’une offre de formation adaptée aux besoins des différents acteurs. Il est important de favoriser les contacts entre médecins et ingénieurs dès la formation initiale et tout au long de leur parcours professionnel.

Les pouvoirs publics peuvent aussi avoir un rôle déterminant dans la croissance du secteur. En effet, outre l’aspect législatif, la promotion des projets,la création de start-up et même l’implication des usagers permettent  le renforcement de  la compétitivité entre les  entreprises du domaine et promouvoir l’excellence des laboratoires de recherche

Du fait que la concurrence des pays asiatiques, un appui politique et diplomatique à l’export afin de conquérir de nouveaux marchés et un positionnement à l’international  se fait de plus en plus rude, y compris par rapport aux pays traditionnellement forts (l’Allemagne et USA ).

Pour conclure, nous avons rendu compte des différents métiers existants dans le domaine de la technologie médicale. Nous avons souligné l’émergence de certaines activités qui y sont liées et avons finalement rappelé les enjeux d’un point de vue économique et politique dans le développement de ce marché innovant en France.

 

Sources

[1]http://www.redressement-productif.gouv.fr/cni/filiere-industries-et-technologies-sante

[2]http://www.xerfiprecepta.com/

[3]http://www.infodsi.com/articles/138737/sante-marche-porte-bien.html

[4]http://lentreprise.lexpress.fr/gestion-entreprise/palmares-les-72-entreprises-les-plus-prometteuses-en-france_31145.html?xtor=EPR11[ENT_Zapping]20111115%E2%80%93338772@18194365920111115063842

[5]http://www.olea-medical.com/files/files_presse_com/Olea%20Medical%20and%20SOFIRED.pdf?PHPSESSID=1ec3c9a40e72ba83b5a565e78b40fe18

 

Auteurs : Olfa Koubaa & Flore Massoullié

Encadrant : Morgan Magnin

 

 

 

 

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Article 4 – L’informatique médicale et ses formations

Suite à une présentation générale des trois thématiques en lien avec l’informatique et la santé, nous décrivons ici les formations qui y sont reliées et plus particulièrement pour un ingénieur généraliste ou en informatique.

Formations : pour qui et pour quoi ?

Il existait jusqu’à présent des formations ouvertes à une seule filière ; dés lors la mixité du recrutement est accepté voire recherché.

Les formations fortement représentées mêlant santé et informatique sont les masters de bioinformatique et d’analyse de données, ouverts seulement aux biologistes. Les compétences acquises sont :

  • Utiliser les bases de données et les logiciels de bioinformatique ;
  • Analyser les données post‐génomiques : traitements statistiques, analyse de l’expression des gènes, fouille de données, analyse de réseaux de gènes;
  • Modéliser et traiter le signal biologique ;
  • Concevoir des applications bioinformatique, des web‐services.

Il existe aussi des masters spécialisés à destination des praticiens en médecine et des acteurs environnants tels que les statisticiens ou ingénieurs en informatique. L’objectif est de les former à la pointe de la technologie logicielle dans leur domaine d’activité et de les amener à dialoguer facilement du fait d’une base commune. Les compétences acquises sont à l’interface de l’informatique, des mathématiques et de la physique :

  • comprendre et mettre en œuvre des méthodes de traitement statistique des données biomédicales ;
  • comprendre et modéliser les différentes modalités d’imagerie médicale du point de vue de la formation physique du signal ;
  • mettre en œuvre des méthodes d’extraction interactive ou automatique d’informations à partir de l’image  pour aider au diagnostic ;
  • représenter l’information médicale multimodale sous forme synthétique et intuitive et de proposer des périphériques de visualisation et d’interaction adaptés ;
  • maîtriser les systèmes d’instrumentation dédiés à l’assistance (robotisée ou non) et être capable de proposer des adaptations ou améliorations ;
  • concevoir des systèmes de perception et/ou de localisation et être en mesure de les interfacer pour recaler et augmenter les images médicales natives ;
  • connaître les normes des systèmes d’information hospitaliers, être capable de les analyser et de les faire évoluer en résolvant les problèmes d’interopérabilité.

Ses masters sont généralement rattachés à la faculté de médecine et ses unités de recherches.

En école d’ingénieur ou en IUT, des cursus Technologie de la Santé ou en Biotechnologie sont proposés en collaboration avec le pôle Santé du campus considéré :

L’Ecole Centrale Paris a lancé un pôle Biotech et Santé, il y a quinze ans. On y étudie l’imagerie médicale, la robotique, prothèses intelligentes et la logistique médicale. Les disciplines enseignées sont

  • Ingénierie des connaissances (gestion, indexation de données, systèmes à base de connaissances médicales) ;
  • Technologies de l’information et de la communication en santé (Modélisation, base de données, réseaux, sureté) ;
  • Organisation en santé et management opérationnel ;
  • Dossier de santé, coordination des soins et gestion organisationnelle ;
  • Exploitation, analyse statistique des données, pilotage opérationnel et décisionnel, info centre et entrepôt ;
  • Les interactions stratégiques avec la gestion des risques, le management des technologies de santé et la bio-ingénierie ;

Ce master est ouvert à tout professionnel ou chercheur dans une discipline en lien avec le monde médical : professionnel de la santé, ingénieurs, responsables d’établissements..

L’Ecole des Mines de St-Etienne ouvre un cursus ingénieur à ses étudiants. Les thématiques abordées sont :

  • Biomécanique ;
  • Imagerie ;
  • Biomatériaux ;
  • Nanoparticules ;
  • Ingénierie du soin ;
  • Bio­électronique ;

Les étudiants y sont formés pour développer les technologies de demain en recherche clinique, sciences biomédicales et technologies de la santé comme la télémédecine et l’usage des tablettes tactiles.

Métiers : quel débouché ? En bref.

La question des débouchés se pose. Les ingénieurs en informatique capables de dialoguer et travailler en équipe avec des médecins ou chercheurs en biologie et vice-versa deviennent des cliniciens qui exercent en hôpitaux.

Il est alors possible de continuer en laboratoire sur les thématiques de recherche en bioinformatique et informatique médicale. Par exemple, les projets réalisés actuellement à l’Université de Lille 2 concernent:

  • Les systèmes d’information : étude et développement de la modélisation, l’optimisation et la mise en œuvre d’un Système d’Aide à la Décision pour anticiper la tension de l’hôpital et d’établir des propositions d’évitement de ces tensions;

  • Interface graphique ergonomique : Conception et évaluation de méthodes et d’outils ergonomiques pour faciliter la saisie et le codage de données textuelles et graphiques dans les dossiers médicaux électroniques;

  • Développement d’outils statistiques : l’évaluation de l’impact de l’outil Scorecards (outil développé dans le cadre du projet européen PSIP qui fournit des informations statistiques d’un ou plusieurs service(s) hospitalier(s) donné(s)  sur les Effets Indésirables liés aux médicaments.

On trouvera dans d’autres laboratoires de recherche l’études de la mise en place d’implants,

D’un point de vue hospitalier, les masters décrient précédemment conduisent aux réseaux,  à la direction des systèmes d’information des établissements de santé (hôpitaux, cliniques…) ou au management de ces établissements.

D’un point de vue plus industriel, ces masters conduisent aussi chez les partenaires industriels qui fournissent les technologies, leur expertise ou un service.

 

http://www.dlsante.fr Laboratoire de biologie médicale

http://simonletellier.adiph.fr blog sur les questions informatiques en hôpitaux

http://etudiant.aujourdhui.fr/etudiant/info/sante-les-etudiants-ingenieurs-au-coeur-de-la-recherche.html Les Ecole d’ingénieurs et la santé

http://medecine.u-clermont1.fr/sof/formation/idFormation/17666 Université de Clermont-Ferrand

http://www.centraleparis-sante.com/site/ingenierie_sante/admission_ics/.html Master de l’Ecole Centrale Paris

http://cerim.univ-lille2.fr Université de Lille

Auteurs : Olfa Koubaa & Flore Massoullié
Encadrant : Morgan Magnin

 

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