Mise en place d’une plateforme de vidéos pédagogiques

Après avoir étudié les différentes offres en matière de diffusion de vidéos pédagogiques, nous allons donner la stratégie de mise en ligne qui, selon nous, serait la plus efficace.

La diffusion des vidéos de cours via iTunes parait être une bonne idée en ce qui concerne la visibilité de l’école. Toutefois, certains contenus ne pourraient être privés comme le souhaiteraient des professeurs. Ce frein à la création de support multimédia serait dommageable pour l’évolution du projet.

D’où la nécessité de créer une plateforme web où les élèves pourraient consulter l’intégralité des vidéos, publiques comme privées.

Le serveur pédagogique serait une plateforme possible mais peu conviviale. Toutefois cela serait un bon point de départ qui ne nécessiterait que peu d’investissement.

La plateforme développée par l’Université de Strasbourg étant sous licence libre, il serait intéressant de la déployer à l’Ecole Centrale de Nantes. Permettant de gérer la visibilité des vidéos, elle pallierait les faiblesses d’iTunes. Mais ce dernier moyen de diffusion n’est pas pour autant à abandonner : il constitue une véritable vitrine de l’établissement dans le monde entier.

Nous allons articuler notre rapport final de cette façon :

I – Présentation du sujet
a) énoncé
b) contexte
c) personnes impliquées et contacts
d) objectifs et rendus

II – Progression
a) démarche générale
b) recherches
c) personnes rencontrées

III -  Détail des solutions et de leur faisabilité

Merci d’avoir suivi notre veille technologique. Nous tenons à remercier une fois de plus M. Schnell de l’Université de Strasbourg et M. Colin des Mines de Nantes pour avoir répondu à nos questions et pour nous avoir consacré autant de temps.

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La vidéo au service de l’enseignement et de la recherche by Marie Mainguy – Camille Guerin (étudiantes Ecole Centrale Nantes – option Informatique) is licensed under a Creative Commons Attribution 3.0 Unported License.

La diffusion des vidéos produites à l’École des Mines de Nantes

Afin de mieux connaître les solutions choisies aux Mines de Nantes (1) quant à la diffusion des vidéos pédagogiques, nous avons interviewé M.Colin (2) qui dirige le CAPE (3) (Centre d’Appui aux Pratiques d’Enseignement ) et responsable des TICE aux Mines de Nantes. Il a répondu avec plaisir à nos questions et nous l’en remercions chaleureusement.

Les vidéos produites dans cette école nantaise sont principalement des conférences et non des cours. Les enseignants sont peu enclins à filmer leurs cours.  Ce refus est assez général en France, alors que dans l’enseignement anglo-saxon, beaucoup de vidéos de cours sont mises en ligne (4).

La méthode de production de vidéos est la même qu’à l’Ecole Centrale de Nantes. Les services comme le serveur de podcast sont situés aux Mines de Nantes mais mis en commun avec notre école et l’Université nantaise. Le cours affiché sur l’écran de la salle est donc filmé, et la voix enregistrée à part, puis le tout est mis en commun par le serveur.

L’Ecole des Mines de Nantes propose d’autres possibilités de production de vidéos. Ainsi, trois tablettes iPad sont à disposition des élèves afin de filmer et monter les vidéos sur un même appareil. Mobile et facile d’utilisation, cet outil répond au besoin de produire rapidement des vidéos de relativement bonne qualité. Une autre façon de produire des vidéos consiste à employer la méthode de production évoquée précédemment (enregistrement de l’écran et de la voix séparément) et d’ajouter une vidéo du conférencier. Un cameraman et un monteur filment et montent en temps réel la vidéo, permettant ainsi d’alterner les images de l’écran et celle de l’intervenant. Cette méthode, nécessitant la présence de deux personnes supplémentaires, n’est donc pas la plus répandue mais elle est la plus appréciée, pour le rendu final de la vidéo.

Les vidéos produites à l’Ecole des Mines de Nantes ont donc deux visages : soit juste un écran et la voix, soit un écran et un intervenant ainsi que la voix.
Dans le premier cas, cela donne :
Dans le deuxième cas, différents plans se succèdent :
Vous trouverez un exemple ici :

http://imedia.emn.fr/podcast/ChimieNucleaire/abdesselamabdelouas-bync.m4v
Si vous souhaitez en voir plus, le flux RSS contenant leurs vidéos est ici :

http://www.mines-nantes.fr/fr/Formations/Pedagogie-innovante/Podcasts

Les avantages de la première formule sont la facilité de production (pas de postproduction) et l’absence de besoin de personnes supplémentaires (l’enseignant peut s’enregistrer tout seul). De plus, contrairement à la méthode utilisée à Strasbourg (à lire dans notre article précédent), les vidéos et animations seront bien enregistrées.

Dans la deuxième formule, l’accent est mis sur la qualité visuelle : ainsi la bonne information est donnée au bon moment; c’est-à-dire, si l’intervenant montre quelque chose en particulier sur l’écran, alors cela sera visible dans la vidéo. Cela rend la vidéo encore plus vivante, plus dynamique et facile à suivre.

Bien sûr les vidéos sont plus lourdes qu’à Strasbourg. Mais tout est question de compromis…

Le serveur de podcast a sa propre organisation. Il est ainsi possible de rechercher des vidéos par mots-clef ou par personne. Le serveur “construit” à partir du film d’un écran et du fichier contenant le son. Les podcast sont ensuite disponible via un flux RSS. Ce dernier est envoyé directement par mail à celui qui crée le podcast avec un lien direct flash et le code html d’insertion dans une page.

Une fois créées, reste à diffuser ces vidéos. La plateforme retenue par les Mines de Nantes est iTunes U, l’espace Université de l’iTunes (5). Cette vitrine de l’école sur le monde entier a en effet de quoi séduire. Les cours de l’EMN ont été visionnés sur cette plateforme plus de 60 000 fois en un an.

Disponible via une application dédiée sur les smartphones et tablettes Apple, on retrouve iTunes U dans l’iStore sur nos ordinateurs (Mac et Windows).

On y retrouve tous les contenus partagés par les universités du monde entier. Un cours selon iTunes U contient des vidéos, des documents écrits, des livres, des application et des liens web. Il est même possible d’ajouter des notes personnelles et des devoirs depuis environ un mois. En effet iTunes U a fait peau neuve le 19 janvier 2012. C’est donc un éventail de possibilités qui s’offre aux universités et aux écoles, pas seulement en matière de vidéos, mais plus largement pour la diffusion de cours.

L’école des Mines de Nantes à donc créé un espace public sur l’iTunes U et envoie régulièrement les flux RSS de ses podcasts. En effet pour publier sur cette plateforme un simple flux suffit : les vidéos restent stockées sur les serveurs de l’école. Ceci rend l’utilisation du serveur de podcast très intéressante.

Paramétrable à souhait, il est possible de choisir des thèmes pour les pages dédiées à l’école et d’en diffuser les couleurs dans le monde entier. Cela rend cette plateforme conviviale.

De plus la recherche par thème est très utile pour les étudiants : à chaque vidéo postée il faut donc rajouter mots clefs et description de la vidéo. Il n’est malheureusement pas possible de remplir cela à plusieurs mains (et ainsi permettre au conférencier de résumer sa présentation, à la communication de l’école de mettre un mot sur l’établissement …).

Pour vous convaincre de l’efficacité de la plateforme, vous pouvez rechercher “chimie nucléaire” dans iTunes U et vous rendre compte de la visibilité qu’apporte cet outil aux Mines de Nantes! Cette visibilité n’est pas possible avec une plateforme interne telle que celle de l’université de Strasbourg.

Les comptes iTtunes peuvent être privés, permettant aux professeurs de diffuser leur vidéo seulement à leurs étudiants, ou publics, ouvrant alors le contenu au monde entier. Malheureusement il n’est pas possible de combiner les deux. Et c’est donc la un gros point faible de cette plateforme. Il est compréhensible que certains enseignants souhaitent permettre l’accès aux cours vidéos à leurs étudiants mais pas aux autres alors que certaines conférences, elles, auraient tout intérêt à être publiques. La solution actuelle serait d’ouvrir deux comptes, l’un privé et l’autre public… Soit les élèves devront chercher dans deux endroits selon la vidéo qu’ils cherchent et selon sa visibilité. Soit les vidéos publiques seront à poster en double… Bref sur ce point iTunes pêche, alors que la plateforme de Strasbourg, non.

Et si ses deux plateformes, interne et externe (iTunes U , YouTube edu…), étaient complémentaires?

Jusque là peu accessible sur le site web des Mines de Nantes, il faut bien fouiller pour réussir à tomber sur le flux RSS des vidéos proposées. Et la encore il s’agit d’un flux RSS avec donc un visuel peu attrayant. La mise en place d’un espace consacré aux cours en ligne semble donc une évolution nécessaire. La plateforme de l’université de Strasbourg permettant de déposer des vidéos serait peut-être un bon point de départ.

Une présence étendue sur le web passera sûrement par la création d’une chaîne YouTube pour les cours des Mines de Nantes. Toutefois, il faudra trouver un moyen efficace de les uploader automatiquement, comme c’est le cas avec ITunes U. De plus, les vidéos seront alors hors des serveurs de l’école. Les formulaires de droit d’image seront peut-être à revoir. Mais le jeu en vaut la chandelle : la présence de l’école sur YouTube accroîtrait sa visibilité sur le web à l’international.

(1) http://www.mines-nantes.fr/

(2) http://web.me.com/christian.colin/Portfolio/Accueil.html

(3) http://imedia.emn.fr/wp/

(4) http://www.hitphone.fr/itunes-u-art-3222-1.html paragraphe Quid des grandes écoles françaises ?

(5) http://www.apple.com/fr/education/itunes-u/

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La solution mise en place à l’université de Strasbourg

Suite à un entretien avec M. Schnell de l’Université de Strasbourg, nous en savons un peu plus sur ce projet, qui avait retenu notre attention.
M. Schnell, développeur du logiciel de capture et responsable recherche & développement, a bien voulu répondre à nos questions.
La plateforme de l’Université de Strasbourg a remporté un franc succès auprès des élèves de première année de médecine, souvent plus nombreux que les places disponibles dans l’amphi. Des solutions, telles que la diffusion en simultané dans plusieurs salles, ont donc été mises en place. « Des étudiants prenaient souvent des photos des illustrations PowerPoint ainsi que des tableaux de près lors de la pause », nous raconte M. Schnell.
L’Université de Nantes suit d’ailleurs la même logique : la majorité des cours sont enregistrés puis diffusés en interne.

Chez leurs confrères strasbourgeois, la visibilité est à l’appréciation du professeur qui publie sa vidéo. Les cours accessibles en ligne (à cette adresse : http://audiovideocours.u-strasbg.fr/avc/home ) sont très souvent consultés par les étudiants. En effet, chaque vidéo de première année de médecine est consultée en moyenne 7 000 fois !
Les utilisateurs à Strasbourg sont toutefois bien plus nombreux que les étudiants de Centrale Nantes. En effet, environ  42 500 (1) élèves sont inscrits dans l’Université, contre 1 500 (2) dans notre école. La plateforme sera donc moins sollicitée et le nombre de vidéos plus faible chez nous. Toutefois, le projet de l’Université de Strasbourg nous a impressionnées. Il ne semble avoir aucun point faible !

Par exemple, le site n’est jamais inaccessible, même lorsque 1 000 étudiants en première année de médecine s’y connectent simultanément après un cours ! Cela est dû au poids des médias synchronisés, et non à une bande passante exceptionnelle.

Petite digression concernant la capture de vidéo, car même si cela est hors sujet de veille technologique, la captation à Strasbourg permet de justifier le choix des serveurs. En effet, un cours d’une heure pèse en moyenne 50 Mo, alors qu’à Centrale Nantes une soutenance de 20 minutes en fait 200 ! Mais comment font-ils ?

M. Schnell a développé un logiciel qui enregistre la voix et qui prend une capture d’écran lorsque l’intervenant clique ou fait défiler ses diapositives. Un fichier texte enregistre le moment du changement.

Fichiers obtenus après captation d'un cours

Fichiers obtenus après captation d'un cours

Lors de la lecture sur le site web, c’est la bande son qui est jouée par défaut, et les captures d’écran sont affichées sur la page de façon synchronisée. Ce n’est donc pas, à proprement parler, une vidéo, même si une vidéo au format mp4 est générée par le serveur et disponible en téléchargement, pour la mobilité notamment. Le logiciel de capture est donc léger (développé en Python) et la “vidéo” finale 12 fois moins lourde qu’avec Podcast Producer (utilisé à Centrale Nantes). Évidemment, les animations sur les présentations sont à bannir, ou alors il faudra ajouter des captures manuellement lors de l’enregistrement (touche impression écran du clavier), ou ajouter des animations ou vidéos illustratives en pièce jointe à l’enregistrement sur le serveur. La post-production n’est pas aisée pour l’instant, car il faut à la fois modifier le “timelaps” (voir illustration ci dessus) et les captures. La dernière version du logiciel de captation permet cependant de couper aisément un enregistrement existant.

Un seul serveur suffit donc ! C’est un investissement moindre. Nous imaginions des serveurs multiples, au vu du poids d’une vidéo classique, et du nombre de vidéos hébergées si tous les cours étaient enregistrés. Ce serveur utilise Tomcat, Flash et du Python : stable et résistant à la charge, il ne nécessite que peu de maintenance.

A propos de maintenance, une seule personne est chargée à temps partiel de résoudre les bugs. C’est un avantage non négligeable : il est peu probable que quelqu’un soit engagé à Centrale Nantes pour la seule maintenance de la plateforme.

La gestion des vidéos se fait par les enseignants eux-mêmes. La partie administrateur de la plateforme est extrêmement simple d’utilisation, comme l’a souligné M. Schnell. Les enseignants peuvent choisir le niveau de visibilité, les tags, rajouter des diapositives, supprimer et ajouter des vidéos en un clic.
Ce genre de projet posant parfois problème au sein du corps enseignant, il est important que l’utilisation du produit ne nécessite pas de formation supplémentaire.
A l’Université de Strasbourg, le projet a été grandement porté par les étudiants, très envieux de revoir leurs cours sur Internet. Avant de développer une telle plateforme à Centrale Nantes, il sera nécessaire d’impliquer les élèves, tout comme ça été le cas pour le serveur pédagogique contenant les supports de cours.

La plateforme de l’Université de Strasbourg continue toujours d’évoluer et de nombreux projets sont en cours.
On peut citer notamment l’ajout d’une fonctionnalité permettant de retranscrire la voix du professeur en texte, qui serait un plus pour l’intégration d’élèves mal entendant et qui permettrait la recherche de mot-clé parmi la partie orale de la présentation.

Nous tenons à remercier chaleureusement M. Schnell pour toutes ces informations. Nous souhaiterions à l’avenir rencontrer quelqu’un du projet des Mines de Nantes, ou de l’Université de Nantes, afin de comparer les technologies utilisées.
Néanmoins, la plateforme mise en place par l’Université de Strasbourg répond bien aux critères de l’école de Centrale Nantes, et il est possible de publier des contenus existants vidéo ou audio comme sur une plateforme de partage vidéos classique. Il faudrait peut-être envisager de changer de système de capture afin de bénéficier des avantages décrits précédement. Celui de M.Schnell ne nécessite pas d’investissement matériel et il est compatible avec les différents OS.

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Les problèmes technologiques soulevés par la mise en place d’une plateforme de vidéo

Une plateforme de vidéo pédagogique en ligne est avant tout un défi technologique. Nous allons dans cet article soulever ces questions, auxquelles nous apporterons d’ici peu des éléments de réponse, grâce aux écoles ayant déjà une plateforme.

Qu’est-ce qu’une plateforme de vidéo? C’est tout d’abord un espace de stockage : les vidéos sont des objets lourds en matière d’hébergement. Il faut donc commencer par estimer le nombre de vidéos que l’on va produire, afin de déterminer le nombre de serveurs et leur taille.

Figure 1 – Serveur/client – source : Wikipédia


Il est aussi possible d’opter pour une solution Cloud et de louer des serveurs qui ne seront pas physiquement présents au sein de l’Ecole Centrale de Nantes. Dans ce cas, le prix est moins impactant au lancement du projet, mais la location sur la durée mérite une étude approfondie. En effet, l’achat d’un serveur dédié est un lourd investissement.

Survient ensuite le problème de la bande passante :
En informatique on désigne par bande passante un débit d’information. C’est donc un abus de langage qui fait l’analogie entre un nombre de réponses par unité de temps (bits/seconde) et des hertz.
Il y a donc deux « bandes passantes » qui méritent notre attention : celle du serveur et celle du réseau. Bien souvent, la première est limitée par la seconde.
En effet, on peut s’attendre à ce que plusieurs personnes se connectent en même temps à la plateforme, et qu’elles ne souhaitent pas attendre leur tour de visionnage. Il faut donc commencer par estimer le nombre d’utilisateurs potentiels et le nombre de vidéos vues par unité de temps. A titre d’exemple, Youtube a dépassé les 2 milliards de vidéos vues par jour en 2010. Il consommait, en 2009, 10% de la bande passante des Etats-Unis.

Une fois toutes nos vidéos stockées, il va falloir les indexer : c’est-à-dire les classer et leur attribuer des méta-données. Il faut prévoir un moyen d’ajouter ces données aux fichiers uploadés sur la plateforme. Il est déconseillé de réunir des vidéos qui concernent des thèmes complètement divergents dans une seule et même catégorie, afin d’éviter que cette dernière ne devienne complètement chaotique.

Une fois mis en ligne, il faut maintenir le système. Combien de temps cela prend-il ? Faut-il une personne à plein temps sur cette mission ? Les mêmes problèmes se posent quant aux évolutions futures. Il est nécessaire d’améliorer continuellement ce genre de plateforme, afin d’optimiser le rendu, grâce aux différents retours d’utilisateurs, et de s’adapter aux nouvelles technologies. Toutefois, dans une école formant de futurs ingénieurs en informatique, on imagine très bien de futurs projets liés à l’évolution de l’outil.

Toutes ces questions, nous les poserons aux responsables des plateformes des Mines de Nantes et de l’Université de Strasbourg. Le prochain article apportera des réponses quant à leurs choix.

Sources:

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Plateformes de vidéos pédagogiques: quelles solutions mises en places par les établissements d’enseignement supérieur?

Nous allons étudier dans cet article la structure de quelques plateformes proposées par des institutions en France, et éventuellement les retours correspondants sur leur mise en place, leur utilisation au quotidien côté administrateur et gérance, leur maintenance, les possibilités d’amélioration qu’elles offrent…
Cette analyse sera structurée en trois parties traitant chacune d’une institution et de la solution qu’elle a choisie pour sa plateforme: dans l’ordre, les Mines de Nantes, HEC et l’université de Strasbourg.
La plateforme pédagogique des Mines de Nantes, accessible ici, est en fait commune à toutes les écoles des mines françaises. Elle propose une interface disponible en plusieurs langues et un accès anonyme ou en s’identifiant.
Malheureusement, les tests sur les ressources externes s’avèrent peu concluants, même si le contenu a l’air assez étoffé à première vue:

Test d’accès à une ressource externe sur le site des Mines.

Après avoir réussi à enfin lancer une vidéo, la qualité est décevante:

Capture d’écran d’une vidéo diffusée sur le site des Mines.

L’ensemble de cette plateforme est supporté par l’environnement d’apprentissage libre Moodle. Cette option pourra être explorée plus avant dans un prochain article.

Par ailleurs, on note la présence très positive d’un site rassemblant les explications et expliquant la démarche suivie par l’ensemble du corps enseignant: le CAPE, Centre d’Appui aux Pratiques d’Enseignement. La note sur les droits d’auteur est particulièrement intéressante pour notre étude.

Il est enfin important de souligner que l’EMN a choisi de diffuser une partie de ses vidéos via iTunes U (dont nous avons parlé dans notre article précédent).

Chez HEC, la section vidéos est carrément vide. L’absence de liens vers une plateforme externe est préjudiciable et étonnante de la part d’un établissement qui investit autant dans son image… D’autant plus, après l’annonce en grande pompe de l’arrivée d’HEC sur Youtube Edu à la rentrée 2009, présentée comme le futur fer de lance des plateformes pédagogiques françaises:

“Nous considérons que l’avenir de l’internet c’est la vidéo, par conséquent nous avons créé une chaîne HEC Paris sur YouTube, leader mondial, pour donner accès à tous et à tout moment aux conférences et événements organisés par notre école. Nous sommes honorés de figurer parmi les premium partners du projet en Europe.”

La grande école ne se cache pas d’avoir monnayé cette première place, et pourtant: une des seules (si ce n’est la seule) liste de lecture du compte HECParis qui propose vraiment un contenu pédagogique, ‘Faculty & Research’, ne contient que onze vidéos depuis octobre 2009. Elles ont été vues à peine quelques centaines de fois (voire 25 seulement) mais proposent cependant un contenu bien monté: musique d’introduction, homogénéité du début des vidéos (quelques diapositives présentant le sujet) et qualité du propos sont au rendez-vous.

Quant à cette vidéo, nous sommes toujours perplexes:

Renvoi (?) d’HEC de Youtube Edu vers iTunes U.

Enfin, on peut remarquer que le catalogue de 8 000 vidéos dont se targue la première grande école de commerce française se résume actuellement à 252 liens.

La meilleure surprise dénichée lors de nos recherches est la plateforme de l’Université de Strasbourg: bien référencée sous Google, proposant une interface publique et une interface interne, dans plusieurs langues et plusieurs thèmes, elle a tout pour plaire. Elle établit même un standard de qualité: on peut y trouver du contenu audio et vidéo, enregistré ou en direct, et on peut s’abonner ou télécharger les fichiers. La page d’accueil est conviviale et propose un moteur de recherche efficace, et une sélection de contenus publics, populaires, ou par thème. Chaque vidéo est disponible en plusieurs qualités.

Nous comblant de joie, voici ce que l’on découvre en ouvrant les informations légales:

Informations légales de la plateforme de l’université de Strasbourg.

Le site a en effet été realisé par l’Université elle-même. Toute l’aide et les tutoriels sont facilement accessibles et simples à comprendre. Le site du projet est l’étape ultime pour ceux qui, comme nous, sont intéressés par la mise en place d’une plateforme similaire. Leur solution nous parait suffisamment intéressante et aboutie pour envisager d’entrer en contact avec les responsables de son implémentation (plus de nouvelles au prochain article !).

Nous avons donc vu, à travers l’étude de ces trois plateformes, que ces solutions ont chacune des avantages et des inconvénients, notamment quand on les met en perspective avec les attentes des utilisateurs vues dans l’article précédent. Il nous faut désormais nous attacher aux contraintes techniques d’une telle plateforme dans la pratique et adapter ces critères de qualité aux besoins de l’Ecole Centrale de Nantes.

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Plateforme de vidéos pédagogiques: quelles sont les attentes des utilisateurs?

Nous allons étudier dans cet article les différents retours d’utilisateurs de plateformes de vidéos pédagogiques, observés sur Internet.

Dans le cadre de l’enseignement supérieur et de la recherche, la première crainte des usagers est l’accès aux vidéos pédagogiques: ils veulent pouvoir accéder à tout et à tout moment. Se pose ainsi la question de la licence des vidéos (qui sera abordée dans un prochain article), de la suppression ou de la mise en ligne non permanente du contenu, et de ses restrictions d’accès.

D’autre part, la deuxième préoccupation des utilisateurs concerne la facilitation de l’accès au contenu: la recherche de vidéos doit être suffisamment simple et le classement suffisamment bien pensé pour que le résultat soit pertinent.
D’où l’intérêt d’utiliser des tags appropriés, formant une combinaison à la fois large et précise.
Les utilisateurs sont également particulièrement critiques sur les titres trompeurs et cherchent l’efficacité avant tout. Ils veulent que les contenus les plus intéressants “remontent” bien.
La sélection de la langue de la vidéo, le classement par catégories et en sous-rubriques, la possibilité de recherche par intervenant sont grandement appréciées par les utilisateurs.
Partout dans le monde, les usagers sont demandeurs du choix et de la diversité des vidéos mises en lignes par les universités américaines… mais dans leur langue.

La troisième préoccupation des utilisateurs concerne la valeur du contenu. Ils veulent un catalogue étoffé de vidéos, mis à jour régulièrement. L’intérêt éducatif et la qualité de la vidéo doivent être manifestes. Dans cette optique, les institutions qui utilisent ces plateformes pour promouvoir leur image et leurs programmes font face à de nombreuses critiques sur le contenu de type publicitaire mis en ligne.

Etudions désormais les retours d’utilisateurs par plateforme à la lumière de ces trois axes de comparaison.
Dailymotion, avec sa chaîne “Campus”, fait bien pâle figure: le classement y est primaire et le contenu pauvre, en particulier en quantité.
Youtube Edu, qui ambitionne de devenir LA salle de classe internationale, diffuse cependant un contenu hétérogène. Son analyse révèle que les vidéos les plus vues sont des publicités, ou alors sont de mauvaise qualité technique, ou bien insignifiantes, non pertinentes par rapport à la recherche d’un enseignement de qualité… Le nombre de vues n’est évidemment pas un bon filtre, les sujets populaires (en lien avec l’actualité principalement) et les partenaires commerciaux de Youtube (mis en avant) sont plus diffusés, et arrivent probablement à donner une certaine image, mais les commentaires des utilisateurs et les vidéos associées sont le plus souvent des bons révélateurs.

Commentaires sur une vidéo du MIT vue environ 866 000 fois.

Academic Earth, de son côté, propose un véritable système de notation des cours par les utilisateurs, qui permet de faire remonter les vidéos de grande qualité dans les résultats de recherche et en page d’accueil. Malheureusement, cela reste une organisation à but lucratif.
Finalement, les utilisateurs préfèrent en général iTunes U pour ses possibilités d’abonnement (réception automatique des documents d’un cours dès leur mise en ligne) et d’utilisation sur des supports privilégiés par les étudiants: smartphones, tablettes…

En conclusion, si on ne présente que le meilleur de ces plateformes, tel que la possibilité de suivre un cours pointu et formidablement intéressant de Harvard, la pratique peut décevoir. Les étudiants ont de grandes attentes vis-à-vis de leur école, comme on a pu l’observer lors de la dernière table ronde du 8 novembre à l’Ecole Centrale de Nantes.
Les élèves veulent à la fois avoir accès à un enseignement de qualité et en rapport avec la réalité professionnelle, et que cette formation soit reconnue à l’extérieur de leur institution. Les technologies de l’information et de la communication ont un rôle fondamental à jouer pour répondre à cette problématique. Leur utilisation par l’école encourage les élèves à s’appuyer sur les vidéos pédagogiques et augmente par là-même leur référencement.
Nous pensons qu’il est important pour une institution de diffuser ses propres vidéos et de construire son portail pédagogique.
Cependant, la participation au flux n’est pas systématiquement synonyme de garantie d’un contenu éducatif. Les institutions se doivent de prendre le virage d’une vidéo d’apprentissage, car si la popularité détermine la vitesse de diffusion, la pérennité montre la valeur efficace.

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Comment mettre en place une plateforme de vidéos pédagogiques?

La demande de supports vidéos pédagogiques est croissante, que ce soit de la part des élèves qui souhaitent réviser ou approfondir certains sujets, ou de la part des professeurs qui utilisent de plus en plus ce média interactif. En effet une vidéo lors d’un cours présente de nombreux intérêts : on peut la pauser, débattre, et l’attention des élèves est souvent plus grande. Les élèves quant à eux y voient un moyen de réviser plus convivial et plus efficace (on suscite à la fois la mémoire visuelle et auditive) d’apprendre.

Malgré la peur récurrente des enseignants de voir leur salle de classe désertée si leurs cours sont disponibles en ligne, certains y trouvent un grand intérêt et notamment les professeurs de langues. Les établissements y voient eux aussi du positif : c’est un moyen de communication et d’amélioration de leur image. Proposer une banque de vidéos pédagogiques est souvent synonyme d’avant-gardisme, de dynamisme, d’intérêt pour les nouvelles technologies.

 

Cet engouement pour les vidéos de cours en ligne n’est pas nouveau. On a en effet pu constater la présence sur Youtube d’une catégorie éducative tout en bas de la page d’accueil :

Certaines facultés comme celle de Strasbourg ont déjà mis en place un portail de vidéos éducatives en ligne. Sur ce site il est même possible de suivre les cours en direct!

L’Ecole Centrale Nantes s’interroge aujourd’hui sur la faisabilité d’un tel projet pour les cours qui y sont dispensés. Certains professeurs de l’école ont en effet commencé à utiliser la vidéo dans leurs cours et à en diffuser sur Internet. Le but serait donc de rassembler toutes les vidéos sur un même portail. Des tests de production de vidéo ont été mis en place dans une salle de cours de l’école. Ce processus de production est maintenant considéré comme maîtrisé.

Les questions que se pose maintenant l’Ecole Centrale de Nantes  est la suivante :  Comment produire de telles vidéos en grande quantité? Comment les stocker? Comment les diffuser? C’est dans ce cadre que s’intègre notre projet de veille technologique.

 

Les premiers problèmes soulevés relèvent du stockage des vidéos.

    • En commençant par le classement des vidéos :  Produites en grandes quantités, il faut trouver un moyen approprié et automatisé pour les nommer, les caractériser à l’aide de méta-données.
    • Puis vient le souci de la taille du serveur. Les vidéos sont des données qui prennent beaucoup de place. Il conviendrait donc d’estimer la taille du serveur nécessaire à la mise en place du projet.

Dans un second temps, il faudra trouver une solution quant au processus de diffusion.

    • Quel format choisir pour les vidéos?
    • A quelle fréquence faut-il les mettre en ligne?
    • Quelle bande passante est nécessaire pour que l’on puisse charger rapidement les vidéos compte tenu du nombre d’utilisateurs potentiels et simultanés?

Pour répondre à ces nombreuses interrogations nous essayerons de proposer nos estimations, ainsi que des informations disséminées sur la toile. Mais nous nous efforcerons aussi d’obtenir des retours quant à des expériences similaires comme aux Mines de Nantes, à la faculté de Strasbourg ou encore à HEC.

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